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29/07/2007 imprimer envoyer � un ami commentaires(0)
La nécropole de Bénazet nous livre les secrets de sa dernière campagne de fouilles

 C’est désormais une habitude, depuis quatre ans, chaque année à la même époque, les archéologues investissent le terrain de M. Tardieu sur le site de Bénazet, non loin de Mazères, à la frontière entre les départements de l’Ariège et de l’Aude.

Jean-Paul Cazes, responsable du chantier nous avoue qu’il s’agit de la dernière campagne de fouilles et à ce jour, cette nécropole en plein champ a livré près de 350 sépultures alignées en rangées régulières sur 2000m2.

«C’est le plus grand site de cette période dans le midi de la France», explique Jean-Paul Cazes.

Il a été découvert par le plus grand des hasards dans les années 70, à l’époque à cet emplacement et comme souvent dans la région, au bord de l’Hers, il y a des sablières et des gravières.

L’ancien propriétaire trouve une boucle de ceinture en bronze… il en parle à deux archéologues du coin, Mrs Surre et Muratet qui fouillent une dizaine de tombes en bordure de la gravière.

A l’époque le site est identifié grâce au matériel qu’il livre, en majorité des plaques-boucles, une production burgonde (francs installés en région lyonnaise).

Pendant quelques années le site est mis en sommeil. Dans les années 2000, la mairie de Mazères décide de reprendre les fouilles, en relation avec la DRAC de Montpellier et le Conseil Général de l’Ariège qui par convention est propriétaire du mobilier mais s’est engagé à l’exposer à l’Hôtel d’Ardouin (musée du Vieux Mazères).

Celui-ci va être aménagé pour recevoir ces collections uniques et devenir ainsi un centre d’interprétation dédié aux  Mérovingiens.
(voir aussi notre article du 15 juin 2006)

Aujourd’hui, l’étude de la nécropole de Bénazet permet de distinguer plusieurs phases d’occupation.

Un premier cimetière wisigothique datant du Ve siècle a permis de mettre au jour une population de germains orientaux inhumés dans des cercueils monoxyles (creusés dans des troncs d’arbre qui d’après la datation au carbonne14, dateraient de 420-430 ap. JC).

Sabrina Charbouillot, anthropologue, étudie en détail la position des os dans les tombes pour restituer précisément le type d’inhumation.

«Nous avons observé des déformations crâniennes chez ces individus: on entourait dès leur plus jeune âge le crâne des enfants avec un linge pour lui donner à l’âge adulte cette forme allongée… il s’agit peut-être d’une mode aristocratique qui vient des peuples d’Asie, on la retrouve chez les Huns, Allains, Wisigoths»

Historiquement, en 412-417, l’empire romain installe (pour mieux les contrôler) les premiers wisigoths en tant que peuples fédérés dans le sud-ouest.

Mais le royaume wisigothique de Toulouse n’a pas accès à la mer puisque la Gaule Narbonnaise est encore romaine et pendant tout le Ve siècle, ils tentent de prendre la Septimanie (Languedoc).

Ils occupent la région de Mazères qui est alors en zone frontalière.
Dans les années 470 le cimetière est abandonné car ils sont parvenus à leurs fins.

Le deuxième cimetière date des années 530-540. En 507 à la bataille de Vouillé, Clovis bat les Wisigoths qui sont obligés de se réfugier en Espagne et en Languedoc.

Les francs  installent leur armée sur la frontière avec la Septimanie et occupent le site de Bénazet de 530-540 jusqu’à 700-720.

«Une des données majeures de cette découverte explique Sabrina Charpouillot, c’est l’identification d’une installation humaine liée à la défense militaire de la frontière, les tombes sont composées de familles complètes: hommes, femmes, enfants.

La nouveauté cette année c’est que nous avons trouvé plusieurs tombes doubles, il s’agit de couples dont certains sont enterrés simultanément… les études biologiques poursuivies en laboratoire nous donneront davantage de précisions
»

Environ trois cents tombes ont été fouillées à ce jour, compte-tenu de la position des os, les corps étaient disposés dans des coffres en bois, calés avec des pierres. 

En se décomposant en espace libre les os bougent dans les fosses, souvent le couvercle s’affaisse sur les crânes qui sont écrasés par le poids de la terre. Dans les dernières tombes les linceuls étaient tenus par des agrafes découvertes par les archéologues.

«La particularité des sépultures mérovingiennes, c’est que les individus sont habillés et enterrés avec des parures, précise Jean-Paul Cazes.

Ainsi on découvre régulièrement des boucles de ceinture en bronze ou fer, des plaques-boucles  damasquinées ou en bronze étamé (datant du VIe et provenant d’ateliers aquitains et burgondes, sachant que les armées franques de cette époque étaient composées de wisigoths et de burgondes, rien d’étonnant), des armes (couteaux, poignards, scramasaxe, ceintures avec attaches, équipements militaire) des parures féminines, boucles de ceinture ou fibules»

Mais le site a également livré des traces d’occupation plus anciennes à en croire le responsable du chantier.

«Une hache en pierre polie (roche provenant des Alpes) datée du Néolithique (4000 av. J-C) a été découverte, ainsi qu’une fosse plus importante que les tombes mérovingiennes dans laquelle nous avons mis au jour un squelette en position foetale datant de la fin de la préhistoire (1800 av JC) mais aussi des traces de cimetière à incinération de la fin de l’âge du bronze (700 av JC)…»

Les champs funéraires sont une tradition datant de la haute préhistoire jusqu’à l’époque de la christianisation et la constitution de paroisses avec une église autour de laquelle les fidèles se font alors enterrer.

Ici pour corroborer cette tradition de nécropole en plein champ, il est indiqué sur un cadastre ancien, le champ de «l’esquelleta» qui prouve bien que depuis les temps les plus reculés, on y trouvait déjà des ossements.

L’équipe de Jean-Paul Cazes achève bientôt cette dernière campagne de fouilles mais l’archéologue travaille d’ores et déjà avec Nicolas Portet au projet scientifique et culturel de l’Hôtel d’Ardouin qui accueillera dans deux ans les collections mérovingiennes découvertes sur le site de Bénazet.

Photos et vidéo: ©AriegeNews 2007

actualites Ariege   auteur: Laurence Cabrol  |  publié le: 29/07/2007
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