Journée Portes Ouvertes à la Réserve Nationale d�Orlu
L’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage a organisé la semaine dernière sa traditionnelle journée portes ouvertes visant à faire découvrir au public la réserve nationale de chasse et de faune sauvage d’Orlu sous son meilleur jour.
Cette année, les conditions météorologiques étaient certes moins favorables que pour les précédentes éditions mais les plus courageux, et ils étaient nombreux, ont pu observer isards et marmottes, rencontrer les différents organismes intervenant dans la réserve, profiter des explications des techniciens et des professionnels de la montagne.
Pierre Menaut, directeur de ce vaste territoire d’une superficie de 4250 hectares (entre 930 et 2765m) ne manque pas de rappeler les missions de la réserve nationale de la chasse et de la faune sauvage d’Orlu.
«Protéger la faune et la flore sauvage, c’est travailler en relation avec nos collègues qui surveillent le braconnage, la pollution…
Ce site est pour nous un terrain privilégié d’étude scientifique sur les animaux sauvages, en l’occurrence l’isard. Depuis deux ans les comptages d’isards ont été annulés à cause des mauvaises conditions météo mais en 2005, il y en avait 500.
C’est une population que l’on suit depuis 1984 et qui a beaucoup fluctué dans le temps. En 1984, il y avait 800 isards, en 93, 1400. Ensuite ils ont été sujet à des pathologies, des maladies comme la kérato-conjonctivite qui les rend aveugles.
En ce moment c’est un pesti-virus qui provoque l’augmentation de la mortalité des jeunes individus. La réserve a également une mission de formation et d’information.
On fait partager nos expériences techniques et nos observations au grand public, scolaires, classes spécialisées de l’environnement. De nombreux stagiaires passent dans la réserve et apprennent ainsi les métiers liés à la faune sauvage et nous formons également les chasseurs du département de l’Ariège et de la chaîne Pyrénéenne à la chasse à l’isard.
Enfin la réserve d’Orlu est un formidable réservoir dans lequel on prélève isards et marmottes pour les réintroduire dans des endroits où il n’y en a pas»
Dans cet espace unique de nombreux animaux protégés peuvent être observés, notamment des espèces endémiques telles que le protée, ce petit triton qui a longtemps été la mascotte du laboratoire souterrain de Moulis ou le desman des Pyrénées mais également les grands rapaces tels que le gypaète barbu, dont l’envergure peut atteindre trois mètres, le vautour fauve ou l’aigle.
«La réserve n’est pas figée, poursuit Pierre Menaut, il y a toujours des projets d’étude, on essaie de toujours mieux connaître les espèces, c’est un travail de grande ampleur…/…/…les terrains qui font partie de la réserve sont loués par l’office national de la chasse.
La location dure depuis 1974 et en 2010 nous souhaitons vivement que ce bail soit renouvelé afin de pouvoir continuer à travailler sur ce site privilégié»
Colette Rolet technicienne de la fédération départementale de la chasse, qui tient un stand d’information nous indique un couple d’isards en hauteur, sur une estive et plus bas, près du ruisseau une colonie de marmottes.
«Ici les espèces sont variées, bien entendu il y a une forte population d’isards, de marmottes mais aussi des mouflons qui viennent des Pyrénées Orientales, des cerfs un peu plus bas, grands tétras, lagopèdes alpins, sangliers, chevreuils, gypaète barbu …
On a eu la chance tout à l’heure de voir un spécimen juvénile…aujourd’hui c’est un grand jour de pouvoir les faire découvrir aux visiteurs dans le cadre de cette journée portes ouvertes»
A ses côtés Pierre Delachapelle, technicien à l’office national de la chasse nous explique ses missions: «au niveau départemental nos bureaux sont basés à Foix, il y a une brigade en haute Ariège et une dans le Couserans.
Une de nos principales missions est la police de la chasse, la lutte contre le grand braconnage et d’autres missions techniques en collaboration avec la fédération des chasseurs, les services vétérinaires, l’ONF…
Toutes les espèces protégées sont surveillées, on réalise des comptages, on pose des bagues. Mais les chasseurs sont généralement bien informés. Nous travaillons également au suivi de l’ours, plus exactement nous avons en charge les expertises après prédation…
Cet été, quatre vacataires supplémentaires ont été embauchés pour couvrir l’ensemble du massif Pyrénéen. L’équipe du suivi ours est composée de personnes de l’office national de la chasse, de la DIREN et des fédérations des chasseurs… tout le monde travaille en collaboration à ce niveau.
Concernant un certain nombre d’idées reçues, tous les gardes du service départemental sont aptes à faire des expertises car nous avons suivi des formations spécifiques doublées de stages en Espagne ou en Italie.
Je réalise des expertises depuis dix ans, j’ai connu les premières réintroductions de l’ours, à l’époque on était un ou deux gardes par brigade…»
A quelques pas, deux gendarmes du peloton de Gendarmerie de Haute Montagne de Savignac les Ormeaux ont planté le décor.
«Notre activité principale précise Olivier Gil c’est le secours en montagne, le secours à personnes toute l’année 24h/24… et quand nous ne sommes pas sur le terrain notre seconde mission c’est de sensibiliser des gens aux dangers de la montagne, ce que nous faisons ici aujourd’hui»
Christophe Lhez, animateur à l’observatoire de la montagne est bien placé pour évoquer le travail réalisé par les professionnels de la réserve.
Cette structure créée à l’initiative de la commune d’Orlu combine l’aspect musée et la découverte accompagnée sur site: «notre présence est légitime aujourd’hui, nous proposons aux touts petits des activités sur les traces et silhouettes d’animaux qu’ils vont rencontrer dans leur ascension»
Enfin en bordure du torrent, Frédéric Santoul, enseignant-chercheur à l’université Paul Sabatier à Toulouse, évoque les deux espèces qu’il étudie depuis plusieurs années: la truite commune et le saumon des fontaines, originaire du Canada et réintroduit depuis cinquante ans en Ariège.
«Nous étudions les interactions entre ces deux espèces: il y a chevauchement de leur période de reproduction, si bien que l’on a observé ici une espèce hybride, très rare en Europe Occidentale, la truite tigrée provenant du croisement entre un saumon de fontaine mâle et une truite femelle…»
Une manifestation qui a permis cette année encore de sensibiliser plusieurs centaines de visiteurs au respect de l’environnement ou aux précautions à prendre avant de partir en montagne…
Un galop d’essai pour certains d’entre nous avant le 1er septembre, date de l’inauguration officielle des travaux du refuge d’En Beys et son ascension à 1970m!
Office de Tourisme d’Ax les Thermes Tél: 05 61 64 60 60
Observatoire de la Montagne aux Forges d’Orlu Tél: 05 61 03 06 06 http://www.observatoire-montagne.com
Photos et vidéo: ©AriegeNews 2007
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