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    Agriculture & Environnement    
13/04/2008 imprimer envoyer � un ami commentaires(0)
Un service de remplacement de proximité et de qualité pour les agriculteurs ariégeois


S’il existe depuis plus de trente ans au niveau national et depuis une quinzaine d’années dans le département de l’Ariège, ce service de proximité rapide et précieux permet d’assurer la continuité de l’entreprise agricole en cas de problème de santé de l’exploitant, d’un congé maternité ou paternité, d’une période de formation, d’une prise de responsabilité ou tout simplement pour prendre un week-end ou des vacances.

Retour en arrière: dès les années 66-68, les agriculteurs des régions d’élevage de Bretagne, du Jura et du Pays de Loire commencent à se regrouper et s’organiser pour affronter les accidents de la vie, dans un esprit d’entraide et de solidarité.

Dans les années 73 alors que  Jacques Chirac est ministre de l’agriculture, c’est sous l’impulsion des Jeunes Agriculteurs que cette initiative est reprise avec l’embauche de salariés pour remplacer les agriculteurs malades ou accidentés…

Ainsi est né le service de remplacement. Peu à peu les JA s’organisent, se structurent, dans certains départements ce service de remplacement est porté par une coopérative laitière ou agricole, dans d’autres, comme en Ariège, c’est la chambre d’agriculture qui assure ce service.

Au début, dans les années 80, il s’agit d’une association régie par la loi de 1901.

En 1998, Rémi Toulis, éleveur au Vernet, décide de prendre en main le destin du service et de le faire évoluer.
«Au début, je n’y connaissais pas grand-chose, se souvient-t-il mais j’ai travaillé en relation avec les autres départements de Midi-Pyrénées qui étaient nettement plus dynamiques.

Nous avons embauché une personne pour l’animation et le secrétariat… Puis peu à peu nous nous sommes affranchis de la chambre d’agriculture. Les statuts ont été modifiés en 1997, il s’agit désormais d’un groupement d’employeurs indépendants.

Voyant que le service de remplacement fonctionnait plutôt bien en région, avec une poignée d’éleveurs nous avons décidé de faire avancer les choses au niveau national, avec la création en 1998 de la Fédération Nationale des Services de Remplacement…

A l’époque le service remplacement ne fonctionnait, en cas de maternité que pour 46 jours… et pas dans tous les départements !

Depuis il s’est étendu à 4 mois entièrement pris en charge et depuis l’année dernière, les agriculteurs souhaitant partir quelques jours en congés peuvent se faire remplacer, ils bénéficient d’un crédit d’impôt substantiel
»

Tout en conservant cette mission sociale le service de remplacement évolue en relation avec les besoins des agriculteurs.

On fait appel à lui en cas d’accident, de maladie, congé maternité, vacances… ou pour se faire remplacer quand on a des responsabilités dans des organismes professionnels ou syndicaux.

«Grâce à notre groupement d'employeurs Aria 09, nous intervenons également en complément de main d’œuvre pour des agriculteurs, organismes professionnels ou même des collectivités territoriales qui souhaiteraient réaliser l’entretien d’espaces verts, l’ouverture de chemins, le balisage» ajoute Simon Bellot, responsable du service.

«Mais attention le service remplacement n’est pas une société d’Interim, ce sont les agriculteurs qui mutualisent la main d’œuvre, par exemple un CDI  à temps plein qui tourne dans un groupement d’éleveurs, ce cas de figure existe dans le secteur de Verniolle ou dans le Couserans, cela fonctionne plutôt bien !»

Bien que le service de remplacement gère une centaine de salariés (un équivalent de 30 temps plein), les progrès sont encore timides en Ariège.

Dans la philosophie du service de remplacement toutes les organisations professionnelles agricoles (FNSEA, crédit agricole, Groupama, Jeunes Agriculteurs…) sont membres du Conseil d’administration.

Mais si aujourd’hui tous les départements sont adhérents à la Fédération Nationale des services de remplacements (cela représente 66.000 adhérents), certains sont plus ou moins dynamiques que d’autres.

Ainsi dans le département de l’Ariège, sur un potentiel de 1500 exploitations professionnelles, seulement 300 agriculteurs adhèrent à ce service. 
 
«L’Ariège est un département un peu atypique, explique Rémi Toulis, les gens attendent d’en avoir besoin pour adhérer. La cotisation est de 15€, soit le prix d’un paquet de cigarettes, c’est dérisoire !

Autre particularité de notre département, les parents bien que retraités sont encore présents dans l’exploitation et on préfère faire appel à eux quand on est dans la difficulté que de faire venir un étranger
»

Yvon Delrieu, éleveur de gasconnes dans la Vallée de l’Arize n’était pas adhérent et connaissait à peine ce service. Depuis qu’une de ses vaches lui a brisé le genou, le voilà immobilisé pendant six semaines, seul sur une propriété de 250 hectares avec près de 450 bêtes en stabulation.

L’accident a eu lieu un lundi, dès le mardi matin grâce à l’entremise du service de remplacement il a trouvé un salarié compétent qui lui a permis de poursuivre son activité.

Freddy Marchand, originaire de Saint-Martin d’Oydes a pris le relais. «J’effectue des remplacements depuis plusieurs années, j’aime ce métier et un jour je m’installerais certainement mais actuellement c’est un compromis qui me convient.

Je travaille six mois en entreprise (battage, ensilage, pressage de paille) à Castéras et six mois en tant qu’agent de remplacement. Dans ce job, il faut être opérationnel rapidement !
»

«C’est un service organisé par les agriculteurs pour les agriculteurs, ajoute Simon Bellon, nous plaçons des salariés compétents et formés chez les exploitants qui comme M. Delrieu en ont besoin…

Nous proposons aussi une assurance car jusqu’à présent, les frais de remplacement étaient à la charge des agriculteurs. Après la signature d’un accord cadre avec Groupama, une assurance prend en charge les remplacements des agriculteurs en cas de maladie, d’accident et de décès.

Ce n’est pas un chèque que reçoit l’agriculteur, c’est un salarié qui pourra le remplacer pour un accident de la vie privé ou professionnelle… y compris s’il se casse une clavicule sur un terrain de rugby
»

Aujourd’hui Rémi Toulis, après vingt ans de bons et loyaux services en tant que président du SRA, veut passer la main… mais jusqu’à présent personne ne s’est déclaré pour la succession.

«C’est dommage d’avoir créé un tel outil et de voir qu’il n’y a personne pour le faire fonctionner… il faudrait un jeune professionnel ou une femme d’exploitant qui lui donnerait une autre dimension…»

Avec l’évolution de l’agriculture dans le département de l’Ariège, la diminution du nombre des installations, l’aspiration à vivre une vie plus «normale» pour les jeunes, ce service prend toute sa place.

Service Remplacement des Agriculteurs de l’Ariège
05 61 02 14 38

Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008
actualites Ariege   auteur: Laurence Cabrol  |  publié le: 13/04/2008
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