Manifestation unitaire pour le 1er mai en Ariège
Près de cinq cents personnes ont manifesté jeudi matin à Pamiers, dans le traditionnel défilé du 1er mai, fête du Travail, à l'appel de la CGT, l'Unsa, la FSU et Solidaires.
Le cortège s’est formé devant l'usine Aubert-Duval, «symbole des luttes ouvrières» depuis le XIXe siècle, où Christophe Couderc, secrétaire de l’union départementale du syndicat CGT a pris la parole au nom de l’intersyndicale pour évoquer le pouvoir d’achat, les franchises médicales, la suppression de 11.200 postes dans l’Education Nationale, les retraites et toutes les réformes mises en place par Nicolas Sarkozy.
Dès lundi les organisations syndicales se mobilisent à nouveau en organisant une conférence de presse commune à Pamiers en présence de Jean-Louis Butour, membre du collectif national CGT retraite, prologue d’un mois de mai où sont prévus de nombreux mouvements sociaux.
Le 15 mai, une manifestation est prévue pour les services publics, l’emploi et la fonction publique et le 22 mai il sera question de l’avenir des retraites…un joli mois de mai en perspective !
Le 1er mai avait cette année une connotation particulière, quarante ans après les évènements de Mai-68, immortalisés par les affrontements entre étudiants et policiers sur les pavés parisiens et le plus important mouvement social en France depuis la seconde guerre mondiale.
Mai 68 également présent dans les discours et les sondages.
En effet, selon un récent sondage CSA pour le quotidien «Le Parisien», 57% des Français, dont 64% des salariés, font confiance aux syndicats pour défendre les intérêts des travailleurs.
Aujourd’hui à peine 4% des salariés sont syndiqués. |
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Aujourd'hui, ce constat laisse songeur Henri Marsa, secrétaire de la CGT en 68, responsable de la grève de la SMI (Société Metallum Imphy, aujourd’hui Aubert&Duval) à Pamiers.
Il se souvient de la solidarité exceptionnelle de toute une ville autour des grévistes, comme des premières heures du conflit ou au soutien de l’évêché aux métallos de Pamiers.
«Nous étions 700 syndiqués à l’époque à l’usine et il n’y avait qu’un syndicat… nous venions d’horizons divers. Une fois l’occupation votée à l’unanimité, une organisation se met en place pour assurer jour et nuit l’entretien et la surveillance, la solidarité»
Elu par acclamation «animateur du comité de grève», Henri Marsa raconte: « Le 1er mai que nous venions de vivre à Pamiers, ainsi que la forte journée de grève du 13 mai pour dénoncer les brutalités policières à Paris, laissait présager quelque chose de très fort… Le 22 mai, les cadres votent à leur tour et à bulletin secret leur participation à la grève générale.
Du jamais vu dans l’usine. Le travail à la SMI ne reprendra que le lundi 10 juin. Les résultats de Grenelle sont là, plus quelques acquis sociaux comme l’abandon par la direction d’une prime antigrève»
Aujourd’hui bien qu’à la retraite, on lui demande conseil et on n’hésite pas à fait toujours appel à son expertise. «Mai-68 est une date importante dans l’évolution des droits sociaux…c’est encore une référence !»
Les «anciens» de la métallurgie, principaux témoins de ce mouvement dans le département ont symboliquement inauguré «l’Avenue Mai-68» devant l’usine Aubert-Duval… un clin d’œil à l’histoire.
Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |