Roquefort les Cascades: le presbytère fait peau neuve
 C’est sous la houlette de Bernard Rousseille, formateur à l’AFPA, qu’une quinzaine de jeunes inscrits à l’ANPE travaillent depuis le 17 avril dans la cadre d’un chantier école de formation mené par l’AFPA en relation avec les ASSEDIC, le Conseil Régional, la Communauté de Communes et la mairie, à la restauration du presbytère de Roquefort les Cascades.
«Il s’agit de doter ces jeunes venant d’horizons divers d’un premier niveau d’employabilité, explique M. Rousseille. Il acquièrent ainsi une formation qualifiante car pour partie ce sont de jeunes demandeurs d’emplois sans qualification ou en difficulté d’insertion […]
Certains viennent du textile, on leur donne la possibilité d’apprendre un nouveau métier: tailleur de pierre, réalisation d’enduits à la chaux […] ils obtiennent le titre de «maçon sur bâti ancien» Nous travaillons en partenariat avec la CAPEB, la fédération du bâtiment et la Chambre de Métiers de l’Ariège.
Parmi les 16 élèves, l’un d’eux a déjà trouvé un emploi, trois ont abandonné pour raisons personnelles et il y a de fortes chances que tous retrouvent un emploi à la fin de cette formation»
En effet, les débouchés sont importants. 6 200 entreprises artisanales du gros œuvre sont en recherche d’une main d’œuvre qualifiée, d’après les chiffres, 76% des stagiaires ont trouvé un emploi dans les 6 mois suivants la formation avec une perspective de carrière et un salaire intéressant...
Pour postuler à cette formation nul besoin d’avoir un diplôme, il suffit d’être inscrit à l’ANPE; elle dure 7 mois dont 3 semaines en entreprise. La qualification est reconnue par l’Etat et les entreprises.
Sur ce chantier évoluent également quatre jeunes filles qui, malgré la chaleur et la dureté de la tâche, sont ravies d’apprendre de nouvelles techniques qu’elles mettent immédiatement en application.
«J’étais barman, explique l’une d’entre elles, aujourd’hui je sais monter un mur, c’est un vrai métier»; «Elles sont parfaitement intégrées et travaillent mieux que les garçons» ajoute le formateur.
Il est vrai que pour réaliser 380m² d’enduis à la chaux, piquer les murs, percer des ouvertures, refaire des génoises, il faut un sacré savoir-faire…
Pour la rénovation d’ancien, le cahier des charges est précis, ce sont de enduits à la chaux selon des techniques traditionnelles, les matériaux viennent de la région: pierre provenant du col de Py, tuf de la cascade de Roquefort, dalles de pierre réutilisées...
Pour Dominique Déon, maire de Roquefort, l’expérience est concluante car elle montre que tous les acteurs du monde du travail et des collectivités peuvent s’entendre et faire aboutir un projet; il compte bien réaliser deux gîtes de caractère.
«Cette bâtisse a beaucoup de charme avec ses pierres apparentes, nous l’avons restauré dans les règles de l’art […] il y a également un four à pain en parfait état de fonctionnement» ajoute-t-il enthousiaste!
Avec une vue sur les cascades de Roquefort le panorama est imprenable… une raison supplémentaire de tomber sous le charme de ce village oh combien attachant.
Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |