Pamiers: balade historique au fil des canaux
Depuis deux ans, Louis Claeys, docteur en histoire, président de la société historique de la ville de Pamiers organise dans le cadre des journées du patrimoine des visites guidées.
Le rendez-vous était donc donné samedi 21 septembre à la fontaine de Ste Nathalène, sur la place Milliane.
Plus d’une vingtaine de personnes, dont la majorité originaires de Pamiers ou des proches alentours, tous âges confondus, ont suivi leur guide sur les hauteurs de Milliane au niveau de la table d’orientation afin de brosser la frise chronologique de la ville, des origines à l’époque moderne…
Des origines également liées aux intérêts stratégiques de ce site, véritable carrefour entre les grands axes de communication.
Et le conférencier de raconter avec la passion qui l’anime les origines de Frédelas («ville du lac froid» à cause de ses marécages) devenu peu à peu Apamia puis Pamiers.
Le premier document écrit faisant état de son existence date de 961, il évoque l’abbaye saint-Antonin de Frédélas, cet édifice aurait été totalement rasé par les troupes Réformées au XVIe siècle.
Quant aux trois clochers symbolisant la cité, ce sont les vestiges des bâtiments religieux utilisés comme tours de guet par les protestants pendant les guerres de religion.
«Il est vrai que Pamiers a longtemps été le siège de l’orthodoxie luttant contre l’hérésie cathare jusqu’au XIVe siècle avec Jacques Fournier, évêque inquisiteur qui devint ensuite pape, plus connu sous le nom de Benoît XII […] En 1295, Pamiers reçoit un évêché et de nombreux ordres religieux s’y fixent: jacobins, dominicains, augustins, carmes puis Jésuites»
Première halte au pieds de la Tour des Cordeliers (XIVe) dans le quartier de Roumengous où, au XIIIe siècle, plusieurs communautés s’établirent sur des espaces peu urbanisés.
L’une d’elle, la communauté franciscaine marqua par l’étendue de ses propriétés la partie septentrionale du quartier: des terres, des bâtiments conventuels repris au début du XIXe par les religieuses de Notre Dame qui y créent un établissement d’enseignement encore existant aujourd’hui.
Deuxième halte devant le portail de Notre Dame du Camp, autrefois «Notre Dame des Champs» car bâtie hors les murs de la cité. Au XIIe siècle, une petite église romane dont il ne reste que le portail largement remanié au XIXe siècle est construite ici. Le clocher mur et l’aspect défensif de l’église datent du XIVe, une période agitée pour Pamiers.
Passage obligé par la rue du marronnier pour y deviner les anciennes fortifications de la ville, puis par le mur du Carmel ancienne porte défensive de la ville avant de prendre le chemin du Crabouti (chemin des chèvres) au flanc du Castella et de déambuler dans l’ancienne ville médiévale aux ruelles étroites.
«Nous arrivons à l’autre point de vue remarquable de la ville, explique Louis Claeys. Au sommet du Castella, il y avait un château jusqu’à l’époque moderne.
De ce promontoire on devine en face le quartier de Loumet enserré dans l’enceinte du XVe siècle avec son couvent des Augustins, l’ancien hôpital de la Garide qui dès le Moyen Age regroupait tous les hôpitaux de la ville, aujourd’hui dédié aux services publics, ou le site de Saint-Raymond»
Après avoir découvert le buste de compositeur appaméen Gabriel Fauré, enchâssé dans la verdure, ultime étape au pieds de la cathédrale sur la place du Castella, un site important de la ville de Pamiers, fondement de ses origines avec le château, l’église du Mercadal datée en partie du XIVe siècle, l’ancien évêché à l’emplacement de l’actuelle Mairie (seconde moitié du XVIIe siècle), l’ancien séminaire à l’emplacement du lycée, le pouvoir judiciaire avec le praesidial, aujourd’hui tribunal d’instance, l’actuel évêché, ancienne demeure de la famille de Sentenac, le carmel…
Seul le bâtiment du «Trintat» maison commune des consuls de la ville a disparu… peu à peu la ville de Pamiers s’est étendue vers la place de la République (ancienne «Villeneuve»), puis vers l’Estang.
Une promenade de plus de deux heures qui aura permis aux nombreux visiteurs de mieux s’approprier un patrimoine à la fois historique et architectural mais toujours de grande qualité qui pourrait dans un avenir proche constituer un véritable produit d’appel pour la cité aux trois clochers.
 Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |