Journées européennes du Patrimoine: les salons de la préfecture ont encore fait le plein
Alors que le budget de la culture subit une cure d’austérité et que le patrimoine souffre d’une dégradation chronique due aux manques de moyens pour le restaurer, la 25e édition des Journées européennes du patrimoine étaient placées cette année sous le signe de la création.
De nombreuses animations dans le département de l’Ariège autour du patrimoine privé ou public, avec encore cette année l’ouverture au public de la préfecture à Foix.
Une Préfecture dont les façades sont actuellement en voie de réfection, mais ces travaux n’ont pourtant pas empêché quelques trois cents visiteurs de franchir les portes de ses salons feutrés sous les explications de Claude Aliquot, conservateur des antiquités et objets d’arts de l’Ariège ou du préfet en personne dont on connaît l’intérêt pour le patrimoine et son histoire.
Lors de la dernière visite, à 18 heures, plus d’une quarantaine de visiteurs se sont pressé salle Pierre Bayle, ancienne salle du Conseil général car comme l’a précisé Jean-François Valette, «nous sommes ici sur l’emplacement de l’abbaye de Saint-Volusien de Foix.
Malgré les remaniements successifs, l’édifice conserve le plan des anciens bâtiments abbatiaux, il s’appuie toujours sur l’église abbatiale, des murs et des voûtes du XVIIe siècle sont toujours visibles dans la partie qui jouxte le sanctuaire»
Rappelant au passage les origines de cette puissante abbaye, bénédictine à l’origine puis soumise en 1104, sous l’impulsion du Comte Roger II, à la règle des chanoines réguliers de Saint-Augustin.
En 1168, un accord de paréage précise le partage de la seigneurie de la ville de Foix entre l’abbé et le comte qui en restent cependant coseigneurs jusqu’à la Révolution française. A ce moment le clergé régulier est supprimé et l’abbaye, devenue bien national, vendue.
Elle est acquise en décembre 1791 par la ville de Foix et par le département de l’Ariège qui en fera le siège de son administration, de son tribunal et de la gendarmerie, puis en 1800, de la Préfecture et du Conseil général.
Lorsque les archives départementales sont créées en l’an V, elles sont installées à la Préfecture.
Dans la nuit du 28 au 29 octobre 1803, un incendie criminel détruit une partie des bâtiments. En effet de jeunes ariégeois soumis à conscription pour les guerres napoléoniennes décident de faire brûler les registres paroissiaux de l’état civil à partir desquels on opérait la conscription.
«Un grand malheur car les autres archives, notamment celles de l’abbaye ont également disparu dans l’incendie», commente Claudine Pailhès, actuelle directrice des Archives départementales, suivant avec grand intérêt cette visite commentée.
Seul un plan de 1840 permet d’avoir une idée des anciens bâtiments: «nous l’avons utilisé pour réaménager le bassin côté nord et engager la campagne de restauration de la façade», ajoute Jean-François Valette qui dirige tour à tour les visiteurs vers la «Cuisine des Moines», les jardins, la salle à manger de style Louis XV, le salon Empire et enfin le salon Napoléon III et son piano Pleyel quart de queue restauré par les soins de Jean Jacques Trinques, facteur de piano à Foix.
Preuve que les ors de la République attirent toujours les visiteurs… pas moins de 20.476 personnes ont foulé les tapis du Palais de l’Elysée à Paris lors de ces 25e Journées du Patrimoine.
 Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |