Fièvre Catarrhale Ovine: le préfet de Région en visite dans les élevages ariégeois
C’est à l’invitation de la Chambre d’Agriculture et des syndicats FRSEA et JA de Midi-Pyrénées que Dominique Bur, préfet de région, s’est déplacé lundi sur deux exploitations ariégeoises touchées par le virus de la fièvre catarrhale ovine.
Etaient présents à ses côtés, Jean-François Valette, préfet de l’Ariège, Robert Pédoussat, maire de Verniolle, les représentants au niveau départemental et régional des élus et de l’Etat, des organisations professionnelles (chambres d’agriculture, syndicats, coopératives, GDS…), MSA, Crédit Agricole.
L’impact de la FCO sur l’élevage ariégeois génère au-delà des conséquences sanitaires et financières pour les élevages directement touchés par la maladie (animaux morts, improductifs, perte de production laitière, infertilité des mâles reproducteurs, avortement des femelles, frais vétérinaires …), une grave crise économique liée à l’interdiction de circulation des animaux (coûts engendrés par l’achat de lait artificiel pour les veaux ou d’aliments pour les broutards, aménagement de bâtiment pour la repousse…).
Sans parler du surcoût de travail pour les éleveurs (surveillance accrue des animaux malades, contention et vaccination, aménagement de bâtiments…)
Première étape, visite chez André Delponte Spinelli à Verniolle, une exploitation de 341ha, un troupeau bovin lait de 191 animaux avec un quota laitier de 330 000 l, un troupeau de bovins viande de 496 animaux dont 168 vaches allaitantes.
«Le total des pertes est d’ores et déjà chiffré à 39 400 euro, estime André Delponte. Sans parler du coût de report des ventes et des pertes financières qu’il va engendrer […] je n’ai pas encore payé la MSA, ni le foncier. Mais le plus terrible pour nous éleveurs c’est de voir partir une bête malade […] j’en ai pleuré»
D’après les estimations des techniciens de la Chambre d’Agriculture, la perte minimale occasionnée par la FCO sur cette exploitation est chiffrée à 60% du revenu disponible moyen des trois dernières années.
Le total des aides attendues à ce jour est de 908€ soit 2% de la perte déjà chiffrable liée à la FCO.
Christian Derramond avait vacciné son troupeau de 1000 brebis tarasconnaises, fin août, dès l’arrivée des vaccins en Ariège (voir notre article du 1er septembre 2008). Pour lui, les pertes économiques directes sont élevées à 53 brebis et 53 agneaux soit en comptant les frais vétérinaires 9 919€.
De plus, l’éleveur estime que 450 brebis ne pourront agneler d’octobre à décembre (38 250€ de perte) et à ce jour, les indemnisations prévues sont bien en deçà de la réalité: 2 385€ d’indemnités mortalité et 397,50€ de remboursement de la caisse de solidarité.
Sachant que par ailleurs les béliers reproducteurs risquent d’être stériles...
«J’ai voulu aller sur le terrain pour voir au plus près ceux qui sont dans la difficulté, a expliqué Dominique Bur, préfet de Région. Tous les efforts sont faits avec les professionnels pour en sortir.
Le problème essentiel, est un problème de trésorerie […] mais les éleveurs de cette région ne doivent pas être moins bien traités qu’ailleurs» a-t-il ajouté, bien décidé à les défendre auprès du ministre de l’agriculture.
François Toulis, président de la chambre d’agriculture de l’Ariège a pour sa part rappelé le soutien logistique mis en place pour les éleveurs ariégeois: formulaires, aide technique au cas par cas, dispositif d’accompagnement…
Pour Michel Teychenné, député européen: «la commission des finances dont je fais partie a proposé un amendement permettant de reprendre les crédits qui ne sont pas utilisés et de les affecter en 2009 à la filière ovine […] 35M€ vont venir abonder cette ligne budgétaire en 2009»
Quant au Conseil Régional, Rolande Sassano et Françoise Tranain, responsable de la direction de l’Agriculture ont rappelé de concert la mobilisation de la commission permanente: 1,5M€ dont les modalités d’application vont être effectives d’ici quelques jours.
«Nous concentrons nos aides sur la préservation de l’outil productif que représente le troupeau de souche (le cheptel de mères en ovins, bovins et caprins) qu’il faut pérenniser»
Enfin les services de l’Etat ont indiqué qu’il s’agissait d’accompagner les effets à long terme: «des mesures de remplacement s’imposent: aides à la mortalité, à la repousse, au renouvellement du troupeau, au maintien des animaux […] tous les services sont mobilisés»
 Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |