Manses: le trésor caché de l�église Saint-Jean-Baptiste
Davantage connue pour les nuisances occasionnées par le centre d’enfouissement des déchets sur le site de Berbiac, l’histoire de cette petite commune sur la rive droite de l’Hers est intimement liée à l’histoire des seigneurs locaux.
C’est la famille de Portes de Pradailhan qui a vécu dans le château de Portes à Manses de 1747 à la fin du XIXe, date à laquelle le château a été démoli et reconstruit à Teilhet.
Parmi les monuments emblématiques du village, l’église Saint-Jean-Baptiste, datée du début du XIIe siècle, surélevée à deux reprises, elle communiquait au château des comtes de Portes par un accès direct récemment mis au jour sur le mur nord.
Les chapelles latérales sont dotées de vitraux réalisés par l’atelier toulousain du maître verrier Gesta mais c’est aux deux derniers héritiers du marquis de Portes que l’on doit une verrière exceptionnelle, tant par sa superficie: 32m² (7 m de diamètre) que la qualité de ses couleurs et la finesse de ses motifs et personnages.
Ce vitrail monumental unique en son genre a été commandé à Ferdinand Hucher, fils du maître verrier Eugène Hucher, et réalisé à la fabrique du Carmel du Mans.
Sa position à la croisée du transept conditionne sa forme octogonale, certains pensent qu’il fut monté à l’emplacement de l’ancien clocher. Il est daté de 1894 et représente les épisodes de la vie de Saint-Jean Baptiste (un médaillon représente les armoiries et la dédicace de la famille de Portes).
Depuis plusieurs années, pour soutenir la Mairie dans ses efforts d’entretien de l’édifice, une association loi 1901 a été créée dont le but est de recueillir des financements privés pour le financement de ce bâtiment.
Elle a obtenu le label de la Fondation du Patrimoine. Arema, tel est son nom, organise de manière régulière concerts et expositions dont les recettes alimentent le budget des travaux sous maîtrise d’œuvre communale et avec le contrôle de l’architecte des bâtiments de France.
La grêle du printemps 2007 a occasionné d’importants dégâts qui ont permis par le biais des assurances de restaurer cette verrière exceptionnelle.
C’est Pierre Rivière, maître verrier ariégeois connu dans tout le grand Sud-Ouest pour ses réalisations (voir nos précédents articles), qui déposa les 140 panneaux de ce vitrail monumental, aussi vaste que la rosace de la cathédrale de Toulouse et dont les couleurs, après nettoyage, ont retrouvé leur fraîcheur virginale.
«L’atelier du Mans était très réputé, explique l’artisan d’art, l’ensemble était resté dans son jus, il représente la vie de Saint-Jean Baptiste, de sa naissance à sa décapitation.
Au centre le baptême du Christ et dans un médaillon les armoiries de la famille de Portes, commanditaire de cette œuvre […]
La restauration a consisté a réparer la verrière qui éclaire et protège le vitrail, puis à démonter tous les panneaux que nous avons nettoyé en atelier, nous avons remplacé les pièces cassées, toute la structure a fait l’objet d’une réfection: rénovation du châssis métallique qui sert de support […]
Aujourd’hui, nous procédons à la remonte de la verrière, à plus de 11 mètres du sol, la tête dans les étoiles»
 Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |