Laroque d�Olmes: le patrimoine à l�honneur
L’église du Saint Sacrement, plus connue sous le nom d’église du Castella, du nom du plateau qui domine la ville, occupe l’emplacement d’un sanctuaire primitif dédié à Saint Martin.
Construite au XIVe siècle, c’est une des rares églises gothiques de la région à comporter une seule nef avec des chapelles latérales peu profondes et un chœur étroit éclairé par sept fenêtres à meneaux.
Cette architecture particulière lui donne un caractère défensif qui se précise quand on sait que l’abside à sept pans était autrefois surmontée d’un chemin de ronde, probablement ajouté pendant les guerres de religion.
Un plan cadastral du XVe siècle atteste également la présence d’un château fort dans le prolongement de l’église, confirmant le caractère défensif du site.
Bien que le bâtiment ait subi des transformations au milieu du XIXe siècle, il demeure cependant un des chefs d’œuvres du gothique méridional, réputé aujourd’hui pour ses grandes orgues Gonzalez provenant de la chapelle royale de Versailles, l’église subit depuis 2001, grâce au soutient de la municipalité, de l’Etat, de la Région, du Département et de l’association Arelo (association pour la rénovation de l’église de Laroque d’Olmes), d’importants travaux de restauration.
Aujourd’hui nous avons assisté au retour, après restauration, de deux toiles des chapelles latérales et rencontrer les spécialistes de la conservation du patrimoine: Claude Aliquot, conservateur départemental des Antiquités et Objets d’Art ainsi que les restaurateurs de l’entreprise Malbrel de Figeac.
Les deux toiles restaurées datent vraisemblablement du XVIIIe siècle, elles ont été placées dans l’église en 1752 et font partie d’un ensemble dont il ne reste plus désormais que cinq éléments. Sur le premier tableau deux personnages au premier plan: celui de gauche est Saint Martin, représenté en prélat avec mitre et crosse, celui de droite Saint Laurent avec la dalmatique du diacre et la palme du martyre.
A l’arrière plan, il s’agit d’une allégorie de la bataille de Lépante avec au centre la conversion de Saint Paul. La toile a été nettoyée ainsi que le cadre, les restaurateurs ont procédé à un re-fixage général à la résine acrylique, le châssis a été également changé et traité contre les insectes.
Le second tableau représente un Saint Jean Baptiste, la toile avait été repliée pour les besoins de son accrochage dans la chapelle ouest, faisant disparaître les médaillons représentant le symbole des quatre Evangélistes.
Les restaurateurs se sont essentiellement employés à lui redonner ses dimensions initiales, la retendre, refaire un châssis et un encadrement aux nouvelles dimensions. Pour l’anecdote, les dimensions du tableau étant au retour plus importantes qu’à l’aller, l’équipe des restaurateurs a dû démonter la toile du châssis pour la passer par-dessus la grille en fer forgé de la chapelle! Enfin M. Marinesco de l’entreprise Malbrel, spécialiste en peintures murales, nous a expliqué son intervention sur la peinture murale à la chaux datée du XVIe siècle située dans la chapelle des fonts baptismaux.
Cette peinture très linéaire est très proche du dessin, les couleurs utilisées sont principalement des ocres et du noir. La scène représente le baptême du Christ par St Jean Baptiste accompagné d’un ange qui apporte des vêtements pour couvrir sa nudité. Les visages sont traités avec soin mais la peinture est empoussiérée et l’enduit soulevé…un bon lifting est donc nécessaire.
Vidéo: ©AriegeNews 2006 |