Ariège: destination Préhistoire
 | Bison marqué d’un signe barbelé. Salon Noir Détail du Panneau 6 - ©Sesta | Jeudi dernier, Augustin Bonrepaux, Président du Conseil Général de l’Ariège a présenté au cours d’une conférence de presse organisée à la Maison des Pyrénées à Toulouse, le programme des manifestations commémorant le centième anniversaire de l’authentification des peintures et des gravures des grottes de Niaux et de Bédeilhac.
A la fin de son discours le président Bonrepaux a rappelé que l’Ariège n’avait rien à envier à la Dordogne car le département compte plus de cinquante grottes dont 17 sont ornées.
De quoi faire des Pyrénées Ariégeoises la destination Préhistoire à part entière et de faire redécouvrir à travers les manifestations du Centenaire, ce patrimoine exceptionnel.
A ses côtés, son ami le préhistorien de renommée internationale Jean Clottes, a apporté son témoignage puisqu’en tant que spécialiste en art pariétal, il a étudié ces grottes de manière précise.
Connues et visitées depuis le XVIIe siècle, c’est en 1906 que les peintures et les sculptures des grottes de Niaux et de Bédeilhac sont authentifiées par les autorités scientifiques: l’abbé Breuil, le plus grand préhistorien du début du siècle et Emile Cartailhac, professeur d’archéologie préhistorique à Toulouse.
Cent ans ont passé depuis l’authentification de ces «géants de la préhistoire» mais l’émotion des visiteurs reste intacte comme au premier jour en découvrant cette centaine de représentations animales d’un grand réalisme.
On sait maintenant que ces chasseurs-collecteurs de l’époque magdalénienne (17 000-11 000 ans avant notre ère), vivaient dans la Grotte de la Vache (en face) et utilisaient la grotte de Niaux comme lieu ce culte et de cérémonie.
En effet des analyses sur les pigments ont permis de faire cette relation mais ces artistes se servaient également des contours naturels des parois pour réaliser leurs dessins destinés essentiellement à favoriser la chasse: hormis la trilogie typique, bison-cheval-bouquetin , trois espèces sont déterminées de manière précise: l’aurochs, le poisson et le cerf, le tout bien entendue associé à des signes géométriques.  | Le Cerf (détail). Salon Noir Panneau 3 - ©Sesta | Mais l’accent a été surtout porté lors de cette conférence de presse sur le «Niaux Interdit» : le réseau Clastres. Distinct de Niaux mais au sein du même système géologique, cette galerie de 1,5km de long a été découverte en 1970 par des spéléologues qui ont franchi plusieurs siphons pour y parvenir.
Restée longtemps inviolée, elle garde un fort pouvoir émotionnel en donnant l’impression que les hommes préhistoriques viennent à peine de la quitter. Quelques représentations animales ont été relevées dans le réseau Clastres: trois bisons, un cheval et une belette dont on peut dire qu’il s’agit de l’unique représentation dans tout l’art paléolithique, des signes dits «claviformes» mais surtout plus de 500 empreintes de pieds humains : au minimum trois enfants et deux adultes.
D’après Jean Clottes, il y a eu deux ou trois incursions humaines dans cette galerie à la suite des Magdaléniens qui en avaient réalisé les dessins sur les parois il y a 12 000 ans: en effet les charbons de bois dispersés sur le sol datent approximativement de 5000 ans.
Ce réseau n’a été ouvert que deux fois aux scientifiques et pour la première fois, à titre exceptionnel, le grand public va pouvoir accéder du 1er juillet au 30 septembre, aux galeries profondes et au réseau Clastres sous certaines conditions.
On peut retrouver au Parc de la Préhistoire le «fac-similé» du Salon Noir et du réseau Clastres de Niaux ainsi que de nombreux ateliers d’animations qui offrent une approche ludique pour la connaissance de la vie et de l’art des hommes au Magdalénien.
Tout au long de l’été se succèderont un certain nombre de manifestations culturelles, scientifiques et artistiques d’envergure destinées à sensibiliser tous les publics à la profonde originalité et à la grande vulnérabilité de cet art, qui appartient désormais au patrimoine mondial de l’humanité.
Renseignements au Public: 05 61 05 10 10 et www.sesta.fr Téléchargez le programme (format PDF, 434Ko)
Crédit photos: ©SESTA Vidéo: ©AriegeNews 2006 |