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03/07/2006 imprimer envoyer � un ami commentaires(0)
Le «Niaux interdit» enfin révélé

 On en avait beaucoup parlé sans jamais pouvoir y accéder … c’est enfin chose faite, quelques visiteurs triés sur le volet pourront, à titre exceptionnel, le temps d’un été, accéder aux galeries profondes et au Réseau Clastres de la grotte de Niaux.

Distinct de Niaux mais au sein du même système géologique, le Réseau  René Clastres (en hommage à l’ancien conservateur de la grotte) est particulièrement bien défendu par la nature  car il est séparé des galeries connues par plusieurs lacs pérennes.

Les magdaléniens et leurs successeurs y accédaient par une autre entrée, probablement la caverne appelée «Petite Caougno», dont les galeries sont désormais bouchées par des éboulements.
Pour nous aujourd’hui il n’y a donc qu’un accès possible, par les lacs, déjà connus des magdaléniens puisqu’ils ont empêchés leur progression dans l’autre sens.

Le réseau Clastres a été découvert  le 6 décembre 1970 par les membres du spéléo-club du Haut-Sabarthès mais avant cela, en 1925, Joseph Mandement, conservateur de la Grotte du Mas-d’Azil, avait profité d’un été particulièrement  aride pour franchir sur une radeau de fortune le premier siphon («Lac Vert ») et découvrir la Galerie Cartailhac et ses peintures.

 Arrêté dans sa progression par le lac 2 et la remontée naturelle des eaux du premier siphon, il ne put aller plus loin.
Après le passage des spéléologues en scaphandres autonomes, les autorités effectuent  une opération longue et pénible permettant le pompage des lacs 1,2 et 3, situés à 1200 mètres de l’entrée.

Les archéologues et les spécialistes ont alors étudié cette galerie: balisage des empreintes, relevé et couverture photo des salles, et à partir de ce moment l’accès en sera strictement limité aux scientifiques.

Cette année, dans le cadre du centenaire de l’identification des peintures de la Grotte de Niaux et de Bédeilhac, le Réseau Clastres est ouvert au public.
Notre équipe a eu le privilège de découvrir ce «Niaux Interdit» en compagnie de Pascal Alard, scientifique et directeur d’exploitation des sites touristiques de l’Ariège.

 D’abord beaucoup d’émotion de découvrir des lieux vierges de toute trace anthropique, un émerveillement face à ces splendeurs géologiques conservées jusqu’à présent dans l’eau:
concrétions calcaires tombant des voûtes telles des coulées de caramel, «choux-fleurs» de calcite scintillants dont les couleurs varient du blanc albâtre aux bruns, draperies à effets théâtraux qui suivent les parois, stalactites et stalagmites qui se rejoignent,  héléctites minces et translucide qu’un simple éclat de voix pourrait briser… au sol les gours, remparts de calcite retenant l’eau accentuent la beauté de ce paysage souterrain.

Par endroits, on aperçoit des galets de tailles variables en suspension au-dessus de nos têtes, enchâssés dans la parois et qui rappellent qu’avec la fonte des neiges, des torrents ont creusé leur lit, il y a des milliers d’années.

Après avoir franchi une galerie profonde sans signe ni peinture, un premier siphon préalablement vidé, on accède à la galerie Cartailhac où l’on découvre notamment un bouquetin en perspective fuyante (impressionnant témoignage de savoir-faire de ces artistes de la préhistoire), puis un autre passage asséché et une seconde galerie.

Enfin, le réseau Clastres proprement dit, long d’environ 1km, comprenant signes géométriques et représentations animales (ces figures animales ont été placées dans la salle la plus vaste). Parmi ces signes 4 bâtonnets noirs dessinés au charbon de bois:

 le premier est juste en aval du quatrième lac, les deux suivants se font face de part et d’autre d’un passage étroit qui domine la salle de peinture et le dernier se trouve non loin de la fin du réseau dans une diaclase verticale. On peut penser qu’il s’agit de repères permettant la progression des magdaléniens lors de leur exploration, preuve supplémentaire de la structuration de leur esprit.

Un petit trait vertical rouge, seule peinture de cette couleur dans cette partie de la grotte, a été découvert juste avant la salle des peintures.

Mais ils ont également laissé de nombreuses traces de leur passage:
amas de charbons, traces charbonneuses à la sortie des passages bas (les torches ont frotté à ces endroits).

Les datations de charbons de bois, généralement en pin sylvestre, dispersés au sol ont montré que 3 ou 4 passages avaient eu lieu: il y a 12 ou 13 000 ans par les auteurs des peintures, les suivants il y a environ 10 000 ans puis 7 500 ans et enfin le dernier, il y a approximativement 5000 ans.

Mais parmi les traces les plus émouvantes laissées par les préhistoriques, il s’agit bien de leurs empreintes de pas (près de 500 ont été découvertes sur le sol du réseau Clastes), surtout celles des trois enfants et deux adultes qui ont parcouru dans le sens de la largeur la salle des peintures.

 On peut imaginer la course des enfants qui ont foulés le sable de la grotte il y a 13 000 ans, un grand moment d’émotion qui nous rapproche de nos lointains ancêtres.

Les peintures sont très près les unes des autres, réalisées au trait noir, représentant trois bisons (paroi droite), un cheval et un mustélidé (paroi gauche).
La représentation de cette belette, fait unique dans l’art pariétal, est remarquable: neuf coups de crayons ont été suffisants pour dessiner cet animal de 46cm d’un stupéfiant réalisme.

La configuration de la salle à cet endroit explique que les peintures aient été réalisées relativement près du sol: une banquette de calcite à 90cm de la paroi permettait de s’asseoir pour les réaliser.

Mais la représentation de ce mustélidé n’est pas en mettre en relation avec le squelette d’une fouine rencontré entre les lacs 2 et 3: cet animal serait tombé bien après la période magdalénienne dans une fissure et cherchant la sortie, on peut distinguer ses traces sur le sable glacière, avant de mourir de faim et d’épuisement.

Autres témoignages rares figurant immédiatement après la salle de peinture, les visiteurs préhistoriques ont laissé traîner leurs doigts dans l’argile déposée sur une paroi.
Les chercheurs ont constaté que 18 draperies, 1 stalactite et 3 stalagmites avaient été brisées par les hommes préhistoriques qui se seraient servi de ces concrétions comme lithophones.
Pascal Alard lors de la visite a fait résonner ces draperies qui effectivement sonnent de façon remarquable à la percussion.

En empruntant le même chemin mais dans le sens du retour, les épreuves physiques pour franchir galeries et siphons (marche à pieds sur terrain glissant, montée à la corde à noeuds, à l’échelle, reptation dans la boue…) semblent moins éprouvantes après toutes les découvertes exceptionnelles que l’on peut  faire dans le réseau Clastres.

Ce Niaux dont nous avons transgressé les interdictions garde un tel pouvoir émotionnel qu’il nous permet de réaliser un véritable voyage au cœur de la préhistoire.
Un seul mot: Magique!

Dans le cadre du colloque «L’Art préhistorique, un état de la recherche au début du XXIéme siècle» qui se tient à la Mairie de Niaux jeudi 29 et vendredi 30 juin, Philippe Dagen, célèbre journaliste au Monde, romancier, historien d’art a participé mercredi soir à une rencontre dans le cadre du Café Littéraire au restaurant du Parc de la Préhistoire à Tarascon/Ariège, sur le thème «Art préhistorique et art contemporain, quels liens ?». Contact : 05 61 05 10 10

Programme du colloque à télécharger ici.

Crédit Photos: ©SESTA
Vidéo: ©AriegeNews 2006

actualites Ariege   auteur: Laurence Cabrol  |  publié le: 03/07/2006
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