Le Mas d�Azil capitale ariégeoise de la figue
On connait le Mas d’Azil pour sa grotte préhistorique dont les habitants, les aziliens (12000-9500 av. J-C), ont donné leur nom à ce petit village ariégeois de la vallée de l’Arize. Mais depuis six ans, c’est également la capitale ariégeoise de la figue qui attire le temps d’un week-end des milliers de visiteurs.
C’est avec un agréable soleil d’automne que s’est déroulée cette grande fête de la figue sous la houlette des Tindoulets de la Figo, la sympathique confrérie ayant remis ce fruit au goût du jour. En effet, au XIXe siècle et d’après les documents d’archives, la production de figues était si importante que plusieurs marchés se tenaient au Mas d’Azil où se vendaient les variétés locales: la Verdalle, la figue Reine ou la «Castex» du petit village de Castex non loin de là (qui vise aujourd’hui le label).
Peu à peu, l’exode rural et le vieillissement de la population précipitent ces foires dans l’oubli. Le renouveau de la figue au Mas d’Azil est récent, il s’inscrit dans la volonté des habitants de faire revire leur village, pourtant chargé d’histoire, mais qui a au terme de la période estivale, comme bien d’autre, tendance à somnoler jusqu’à la belle saison.
Aujourd’hui la confrérie des Tindolets de la Figo a pour ambition de créer «La Route de la Figue» qui passerait par Gimont dans le Gers, le Mas d’Azil dans l’Ariège et Solliès-Pont dans le Var, le berceau de la figue en Provence.
Marie-Pierre Siber, présidente de la confrérie nous avoue en aparté «qu’ici ce sont les hommes qui travaillent : ils ont cueilli au préalable 600kg de figues, réalisé 500 pots de confiture d’avance et durant le week-end, ils feront cuire 12 chaudrons de confiture sous les yeux du public» Des maîtres confituriers qui n’hésitent pas à livrer leur recette, entre deux coups de spatules, dans les vapeurs de sucre et de fruits.
Mais la fête de la figue c’est également pendant deux jours des spectacles de rue ou des danses traditionnelles avec Lèï de Biert, un groupe de danse et musique traditionnelle dans lequel se produit dans la joie et la bonne humeur la moitié de la population de ce petit village à proximité de Massat.
Le marché artisanal met en avant des savoir-faire locaux: travail du bois, de la corne, du cuir, de la céramique avec Pascale Lepage qui nous explique sa technique et nous confie qu’il faut trois semaines pour réaliser une pièce ou encore Malik Boufarit sculpteur sur talc l’hiver et saisonnier à la carrière du Trimouns pendant la belle saison.
Mais c’est incontestablement le marché gourmand qui attire le plus de curieux, ils prennent le temps de découvrir les créations réalisées à base de figue, de goûter les produits régionaux et de poser des questions aux exposants.
Parmi eux certains ont été primés au Concours Général Agricole comme Eric qui réalise des fromages issus de l’agriculture biologique au bord du lac de Mondély ou Valérie du rucher de Cadarcet.
Tous ont la passion du travail bien fait et parlent avec beaucoup de poésie des ingrédients qui rentrent dans la compositions de toutes ces bonnes choses: élixirs de fleurs, sorbets à la figue, au coing ou à la pêche de vigne de la vallée de Bethmale, hydromel cuvée celte, confitures de figue confite et noix, abricots au miel, alcool de figue, vinaigre de figue, beignets et autres croustades de figues… que du bonheur distillé avec des sourires à la pelle.
Il fait décidément bon vivre en Ariège!
Photos et vidéo: ©AriegeNews 2006 |