Ours: les opposants montent au créneau à Saint-Girons
Une délégation de 7 personnes, composée d'éleveurs, de responsables du milieu pastoral, de l'ASPAP et d'élus, menée par le maire de Saint Lary en Ariège, a été reçue vendredi 24 août par le sous-préfet de Saint Girons.
Excédés par les exactions de l'ourse Hvala sur cette petite commune du haut Couserans (11 attaques en 2 mois tuant une trentaine de brebis), les manifestants réclament le déclenchement immédiat du protocole «Ours à problème»
Plus généralement ces opposants au «plan de restauration de l'ours brun en Pyrénées» demandent, outre l'arrêt immédiat du plan «Ours»:
– un assouplissement des règles de déclenchement de ce protocole «ours à problème», et des procédures d'effarouchement; – La mise en place d'un système de localisation plus précis et plus efficace; – Une accélération du dispositif d'indemnisation.
Mickaël Dore, sous-préfet de Saint Girons s'est engagé, au cours d'un dialogue qu'il qualifie de «ferme, mais courtois» à faire remonter ces revendications au ministère.
Pour Magali Grégoire, porte-parole de l'ASPAP ( Association pour la Sauvegarde du Patrimoine d'Ariège-Pyrénées, principale association d'Anti-Ours), «les chiffres avancés ne sauraient en aucun cas refléter la dure réalité des bergers et des éleveurs confrontés tout l'été à la peur d'une attaque, obligés de monter régulièrement aux estives pour rassurer les troupeaux, et cela au détriment du travail sur l'exploitation, contraints de regrouper les bêtes…»
«Il n'existe pas de protection absolue en montagne» contre les grands prédateurs, et de plus en plus d'éleveurs envisagent d'abandonner les estives. Mais, outre la désertification ainsi programmée de la montagne, avec toutes les conséquences désastreuses que cela pourrait entraîner, une question se pose: comment nourrir des troupeaux maintenus 12 mois sur 12 dans l'exploitation?
Certes, les dégradations attribuées aux plantigrades semblent négligeables: 400 bêtes victimes des ours, sur un total de perte de l'ordre de 10.000 sur l'ensemble de la chaîne pour environ 300.000 bêtes en estive, mais «c'est sans compter sur le préjudice moral, sur le traumatisme des bêtes apeurées, sur l'angoisse quotidienne des éleveurs, le surcroît de travail, toutes choses impossibles à chiffrer»
Les opposants à la présence de ces ours slovènes ne croient plus guère à la mission d'évaluation qui va être mise en place par Nathalie Kosclusko-Morizet, secrétaire d'Etat en charge de l'Ecologie.
Très déçus lors de sa venue à Toulouse le 26 juin dernier, ils avertissent: «Si rien n'est fait, l'exaspération prendra le dessus, et nous ne pourrons plus rien contrôler !» Le risque reste grand de voir, comme Franska il y a peu, des plantigrades effarouchés se jeter sous les roues d'un camion…
Photo: ©AriegeNews 2007 |