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Site archéologique de Bénazet: fouille d�une nécropole du haut Moyen Age
Initié par la commune de Mazères en collaboration avec des archéologues (Jean-Paul Cazes et Nicolas Portet), et avec le soutien du Ministère de la Culture et des services administratifs et culturels du conseil général de l'Ariège (C.A.U.E., conservation des musées), ce projet a pour base la fouille d'une nécropole des Ve-VIIe siècles.
Le résultat des recherches sera présenté dans le cadre d'un centre d'interprétation archéologique aménagé dans l'Hôtel d'Ardouin, immeuble pastellier du XVIe siècle qui accueille déjà le musée du vieux Mazères.
La nécropole, partiellement détruite par l'exploitation d'une gravière, a fait l’objet d’une fouille ponctuelle en 1971-72.
En 2001, une évaluation a permis d'envisager une fouille extensive de la partie restante. À l'issue de quatre campagnes menées de 2003 à 2007, plus de 360 sépultures couvrant une surface d’environ 2000 m2 ont été étudiées.
L'analyse spatiale et des datations radiocarbones permettent de distinguer en fait deux nécropoles successives attribuables à des périodes distinctes des royaumes barbares.
Une première nécropole du début du Ve siècle est composée de tombes en cercueil monoxyles (tronc d’arbres évidés), à de rares exceptions près dépourvues de mobilier funéraire, et où plusieurs corps présentent un crâne artificiellement déformé.
Ces caractères identifient une culture de germains orientaux : il s’agit selon toute vraisemblance d’un établissement wisigothique consécutif à l'installation de ce peuple fédéré à l'Empire romain à partir de 418.
La deuxième nécropole, qui recouvre partiellement la précédente, correspond à un cimetière en rangées bien organisées, où une majorité de corps sont enterrés habillés dans des coffres de bois aménagés à même la fosse.
Son installation intervient dans le second quart du VIe siècle. Le mobilier funéraire est caractéristique de l'époque de la domination franque du Toulousain aux VIe et VIIe siècles, avec du mobilier d'origine septentrionale, mais aussi de Burgondie, et enfin de l'Aquitaine mérovingienne.
Les tombes les plus tardives occupent la périphérie du site et sont datables de la charnière des VIIe et VIIIe siècles. Ce gisement est vraisemblablement lié à la présence d’implantations militaires près de la Gaule narbonnaise dans un premier temps, puis de la frontière avec la Septimanie à partir du VIe s.
Cette fouille permet d’étudier pour la première fois dans le Sud-Ouest une grande nécropole barbare dans son intégralité et avec des méthodes d’investigation actuelles.
La richesse des informations livrées par ce site exceptionnel permettra d’actualiser au plan régional la connaissance des peuplements barbares et celle des mobiliers de ces périodes.
Crédit photos: Jean-Paul Cazes |
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publié le: 31/08/2007 |
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Lien permanent vers l'article: http://www.ariegenews.com/news/news-3540.html |
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