Les mystères du Château de Queille
C’est un lieu très ancien, mentionné pour la première fois dans les documents d’archives en 943.
Le Château de Queille sur la commune de Saint Quentin-La-Tour, à mi-chemin en direction de Belloc dont il dépendait autrefois, est inscrit sur l’inventaire des Monuments Historiques depuis le 18 octobre 1944.
La seigneurie de Queille est la plus ancienne de la région. Isarn de Fanjeaux en prend possession et la rattache à Montségur. On soupçonne le château de Queille d’avoir été un grand centre hérétique à cette époque.
Après 1294, un incendie ravage les archives du château, on sait cependant qu’après la période cathare, Jeanne de Verniolle fait de cette maison forte, une terre noble.
Echue à la maison d’Armagnac par voie testamentaire au XVe, elle est ensuite démembrée par le parlement de Toulouse et revient en 1751 à la famille de Lévis.
En contre-bas du château, les visiteurs peuvent accéder à une chapelle romane à nef unique, couverte d’une simple charpente coiffée d’un clocher à arcade qui laisse apparaître deux ouvertures.
Seul le chœur est voûté, passant insensiblement du pentagone au plus parfait arrondi en cul-de-four. Sous les larges pans d’enduits et de badigeons, des décors peints, principalement des XIIe, XVIIe siècles mais également du XIXe siècle.
Parmi ces couches picturales, un paysage italianisant, dominé par un ange souriant de facture maladroite (certainement du XVIIe siècle) et dont les registres proches des décors ornant les églises de Leychert et Péreilhe.
Des travaux de restauration ont permis l’ouverture des baies, après dépose d’une chape de mortier au sol, les éléments de terre cuite ont été reposés venant compléter des dalles de marbre gris. Les cloches et le bénitier de cette chapelle sont déposés à Saint-Quentin la Tour. Une croix de mission en fer forgé est érigée non loin de cette chapelle.
Aujourd’hui propriété d’un sujet britannique qui l’a restauré et en a fait des chambres d’hôtes, ce château du XVe siècle est bâti sur une petite falaise au pied du Touyre, dans un vallon protégé des vents.
Un site magique accueillant tous les deux ans (année impaire), un festival original qui se tient le dernier week-end de mai et propose les meilleures attractions dans les répertoires artistiques les plus variés.
L’Art dans toutes ses acceptions est décliné à Queille le temps d’un week-end: Musique, du classique au jazz, poésie, danse, théâtre, art contemporain mais aussi contes lus à la belle étoile, carte au trésor, pique-nique champêtre ou banquet à thème sous chapiteau.
Compte tenu de la taille du lieu, ce festival, certes un peu élitiste, davantage connu en Angleterre qu’en Ariège, ne pourra jamais devenir une entreprise commerciale.
Ce savant dosage de culture et de vieilles pierres, orchestré avec brio par le propriétaire des lieux, est un moment rare proposé à quelques privilégiés conscients d’être de véritables nantis quand ils ont par exemple la faveur d’écouter Alexandre Markov au violoncelle dans une chapelle du XIIe siècle.
Cette année et malgré les intempéries qui ont agitées ce week-end printanier, ils étaient près de 240 invités (parmi lesquels de nombreux britanniques !) qui après s’être acquitté d’un ticket d’entrée, se sont plongés pendant trois jours dans un univers aussi fantastique que fantasque, clôturé par un bal vénitien …
Tous se sont donnés rendez-vous en 2009 afin de revivre dans ce coin d’Ariège un moment d’intense émerveillement. Bien que la propriété soit privée, on peut cependant, accéder à pieds à la chapelle du château et se promener dans cet espace arboré en bordure de ruisseau …à découvrir.
Photos: ©AriegeNews 2007
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