Le Patrimoine des estives de Verdun
Cette année l’association du patrimoine avait fait le choix d’abandonner la découverte des vieilles pierres pour aller à la rencontre d’un patrimoine parfois méconnue: l’activité pastorale sur les estives.
C’est dans le cadre grandiose du plateau de Beille, célèbre en hiver pour son grand espace nordique et en été par la traditionnelle arrivée d’étape du Tour de France, que l’association Verdunoise est partie sous la houlette de Philippe Lacube, l’emblématique éleveur de la ferme du Quié, en quête de savoir et de découverte.
Il semblait indispensable de proposer aux éleveurs et autres acteurs de la montagne d'expliquer et montrer leur travail, les raisons de leurs choix, leurs productions, la gestion du milieu naturel, etc. pour se faire comprendre du grand public qui, parfois, est leur voisin.
C’est donc plus d’une centaine de personnes, venant parfois de Marseille, Saint-Gaudens, Toulouse, Tarbes et de toute l’Ariège qui se sont retrouvés au cœur des estives de Verdun sur le Plateau de Beille, afin de découvrir l’activité estivale de l’agriculture de montagne.
Si au cours de la randonnée de deux heures tous ont apprécié la vie en montagne et le rôle important des estives, ils ont aussi découvert que le pastoralisme n'a pas seulement une fonction d'élevage.
Il a aussi un rôle dans le maintien des paysages, l'entretien de la montagne, le débroussaillage et la prévention contre les incendies, l'entretien des chemins, le maintien d'une structure sociale, etc.
Chaque année , les estives de Beille accueillent sous la conduite de plusieurs pâtres des troupeaux de vaches gasconnes et de brebis tarasconnaises qui sont élevées pour la qualité de leur viande. Quelques chevaux de Mérens séjournent aussi sur le plateau.
Cette ballade au cœur des estives à travers les jasses et les pistes fût également l’occasion au passage devant la cabane de Piparlan ravagée par un incendie accidentel, d’évoquer aussi le rôle important de ces lieux de vie pour le vacher.
Si les cabanes pastorales de Beille ne ressemblent pas aux orris de la vallée de Vicdessos, elles restent encore aujourd’hui un hébergement parfois spartiate et limité. Aussi la commune de Verdun envisage dans le cadre d’amélioration d’un minimum de confort de faire rénover les trois cabanes en question.
Enfin et toujours sous la conduite de Philippe lacube, et après avoir découvert un lieu et une vallée, sa vie, les hommes qui y vivent et y travaillent, les animaux, etc… il était temps en arrivant dans la jasse de la cabane d’Artaran d’apprécier les productions gastronomiques locales dans le cadre d’un copieux repas préparé par l’équipe de la ferme du Quié.
Cet autre moment convivial fût aussi une autre occasion d'échanges culturels entre le monde des bergers et des éleveurs et les autres. En simple conclusion et à l’avis de tous, l’activité agro-pastorale fait bien partie de notre patrimoine à tous.
Photos: ©AriegeNews 2007 - RF Vicente |