Patrimoine: Inventaire à l�église de «Les Cabannes»
C’est en compagnie du père Albert Augistrou, prêtre depuis 52 ans de la paroisse Saint-Martial de «Les Cabannes», que Claude Aliquot, conservateur des Antiquités et Objets d’Art de l’Ariège et Florence Valantin, spécialiste en tissu, ont réalisé il y a quelques jours l’inventaire des objets de cette petite église construite au XIXe siècle.
Face à l’accroissement des vols, les services de l’Etat en relation avec les maires et les autorités ecclésiastiques ont décidé la création d'un fichier contenant une liste exhaustive des biens religieux (description précise, dimensions et photo) permettant le cas échéant de faciliter les recherches et l’authentification d’objets volés.
La loi du 13 avril 1908, relative à la domanialité publique, a décidé que tous les objets conservés dans les édifices cultuels étaient propriété de la commune (ou de l'Etat, pour les cathédrales), au même titre que les édifices eux-mêmes.
A cet effet, un inventaire des objets a été dressé à cette époque mais il ne correspond souvent plus à la réalité des choses (les affectations ont bougées, les églises ont acquis des objets, des bienfaiteurs ont fait des dons…).
Le conservateur des Antiquités et Objets d'Art oeuvre à la sauvegarde et à la mise en valeur du patrimoine artistique mobilier conservé dans le département.
Celui-ci recouvre l'ensemble des oeuvres d'art publiques ou privées conservées dans des édifices, très divers, à l'exclusion des collections des musées régies par le statut particulier des collections publiques.
C’est à lui qu’est dévolu la mission d’inventaire, il effectue des visites régulières dans les communes et en recense les objets (il dresse une fiche descriptive et photographie chaque objet). Ceux-ci seront ensuite présentés à la Commission des Objets Mobiliers qui se réunit à la Préfecture pour les examiner et se prononcer sur leur protection.
La liste primitive pour l’église Saint-Martial de «Les Cabannes» ne faisait état que d’un tableau classé MH et d’un ciboire… on était en définitive bien loin du compte.
Certes le tableau en question, une mise au tombeau de Saint-Sébastien datée du XVIIe siècle (don inspecteur Fournié), est de belle facture mais Claude Aliquot recense également une Annonciation (don de l’Empereur, 1868), un Christ en Croix et un saint-Pierre.
Côté statuaire une Vierge à l’enfant, une Piéta en plâtre, un autel en pierre reconstituée représentant les Ames du purgatoire, provenant selon toute certitude de l’atelier toulousain Virebent.
A noter également une chaire en bois remarquable tant par son décor que par la fraîcheur de ses couleurs (fin XVIII-début XIXe). Mais c’est à la sacristie que le conservateur découvrira quelques objets cultuels du XIXe siècle dignes d’être présentés en commission.
Grâce à ce travail de bénédictin, l’inscription au répertoire départemental permet de constituer un dossier complet sur l'oeuvre en vue de sa protection et de sa conservation.
Car les objets à restaurer sont également recensés, des dossiers de demande de subventions peuvent par la suite être présentés et les travaux réalisés… c’est aussi cela préserver le patrimoine pour mieux le transmettre aux générations futures.
Photos: ©AriegeNews 2007 |