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18/10/2007 imprimer envoyer � un ami commentaires(3)
La fin des Templiers en Ariège, ici ou ailleurs

 Le vendredi 13 octobre 1307, il y a tout juste 700 ans (quoique nous étions en calendrier julien et depuis 1582, nous sommes en calendrier grégorien soit 11 jours de plus donc temporellement parlant le 13 octobre sera le 24 octobre), le Roi Philippe IV dit le Bel, a changé le monde médiéval.

En effet, ce Roi de France qui tentait par tous les moyens d’affirmer son autorité, venant avec l’appui du comte de Foix d’éliminer Bernard Saisset, ce turbulent Evêque de Pamiers, allait s’attaquer à un Ordre monastique et militaire, ne dépendant que du Pape, l’Ordre des Templiers.

Aujourd’hui encore beaucoup d’encre coule à ce sujet, remplaçant le sang versé comme dans tout combat.
Car combat il y eut.

Le Roi est trop soumis à l’église, il veut asseoir son pouvoir royal.
Mais les Papes se mêlent trop du temporel.

«Philippe le Bel a besoin d'argent pour poursuivre la guerre contre les Flamands, ses offensives diplomatiques et pour maintenir le train de vie de l'État malgré quelques signes de dépression économique.

Il ne lui suffit pas de dévaluer la monnaie ni de dépouiller les juifs et les banquiers lombards. Il lève en 1295 un impôt occasionnel sur le clergé, la «décime».
Le clergé s'incline, bien que le roi se soit dispensé de demander l'autorisation au pape de lever cet impôt.

Mais lorsque Philippe IV revient à la charge avec une taxe supplémentaire, la «cinquantième»,  les évêques s'en plaignent au pape Boniface VIII.
Le pape publie une bulle, où il précise à l'ensemble des souverains que le clergé ne peut être soumis à aucun impôt sans l'accord du Saint-Siège.

Les évêques eux-mêmes sont tenus de suivre les recommandations du Saint-Siège sous peine d'excommunication!
Dans le même temps, Philippe Le Bel interdit toute exportation de valeurs hors du royaume de France, ce qui a pour effet de priver le pape d'une grosse partie de ses ressources.

Pressé par le clergé français qui s'inquiète pour le roi, son protecteur naturel, Boniface VIII en vient à publier une série de bulles assouplissant sa position. En 1297 il doit finalement s'incliner et le «conflit de la décime» se résout à l'avantage du roi de France.

La même année, le prestige de Philippe le Bel est encore accru par la canonisation de Louis IX (Saint Louis) qui fait du roi rien moins que le petit-fils d'un saint
» (A.LARANE)

Les croisades sont terminées, or à l’origine l’Ordre fut créé lors de la 1ère croisade, par 9 chevaliers (soit environ 30 personnes, car les chevaliers ont de un à deux écuyers plus des servants), afin de protéger les pèlerins qui viennent en pèlerinage sur les lieux saints.

C’est d’ailleurs pour cette raison que les Templiers s’implantent dès 1130 dans les Pyrénées et au-delà pour protéger le chemin de Saint-Jacques.

Par le «jeu» des donations, ils deviennent très rapidement de gros propriétaires terriens. Ils allient puissance militaire, puissance financière, puissance intellectuelle, mais n’ont plus de rôle reconnu car les croisades sont finies.

 En deux mots ils gênent.
Le Roi a placé au saint siège un Pape qui «serait  soumis», un certain Bertrand de Goth, Archevêque de Bordeaux, ancien Prieur de Saint Bertrand de Comminges.

Le vendredi 13 octobre 1307,  dans une grande opération dite «policière», les prévôts du Roi, arrêtent  pratiquement tous les templiers (15.000 personnes, affiliées à l’Ordre du Temple, chevaliers, sergents, écuyers, servants, donnas, francs- métier, paysans, etc.) du royaume de France, (qui représente environ la moitié du territoire national d’aujourd’hui).

Afin d’obliger les autres Rois (Angleterre, Espagne, Portugal, …) Philippe le Bel, fait instruire des procès impliquant l’église, par la présence d’ecclésiastiques dont des membres de la fameuse inquisition.

Les Templiers (chevaliers et sergents) avouent tout ce que les inquisiteurs et le Roi veulent entendre.
Il est à noter que tous les templiers ne sont pas arrêtés, certains ont «pris la fuite», le groupe le plus important est d’environ 70 hommes, d’autres sont des cas plus isolés, tel cette histoire dans l’Aude à Belcastel où deux ou trois chevaliers auraient été cachés et protégés par la population locale.

Enfin une partie des chevaliers ont quitté la France pour l’Espagne ou le Portugal afin d’intégrer des ordres qui participent à la «reconquista», certains prétendant que des chevaliers ont rejoint le roi d’Ecosse.

Le procès dure 7 ans il se termine le 18 mars 1314 par la mise au bûcher du grand maître et de deux de ses compagnons, clôturant ainsi la longue liste des templiers brûlés sur ordre des  tribunaux ecclésiastiques, fortement influencés par les hommes du Roi.

L’ordre du Temple quant à lui a été aboli en 1312, le Pape voulant semble-t-il arrêter «le massacre», mais le Roi, ses conseillers, les inquisiteurs, le clergé séculier, continuent inexorablement à torturer, condamner et brûler.

La légende va naître avec les propos qu’aurait tenu le grand maître Jacques de Molay, il aurait sommé Pape et Roi devant «le tribunal de Dieu» et maudit les descendants du Roi sur 13 générations, ainsi que tous ceux qui ont participé aux condamnations.

Le «Hasard» fait que le Pape meurt un mois et demi après (maux de ventre), le Roi décède en novembre d’un accident de chasse, tous les conseillers disparaissent de façon troublante.

La France connaîtra des heures sombres, les trois fils du roi successeurs du trône mourront, ne laissant pas d’héritier direct, (est-ce qu’il resté des templiers dans les placards qui ont réglé les comptes ? Une légende peu connue parle de ce moine templier Norig, qui a rencontré tous les protagonistes ?)

Toujours est-il qu’une page se tourne, la France va vivre plus de cent ans de guerre, pour la succession du trône.
La famine, les épidémies, des étés de canicule des hivers rigoureux,vont ajouter des motifs à la légende.

 Quant à la papauté, le siège restera vacant plus de deux ans!
En 1316 Jean XXII est élu.

Les autres légendes, le ou les trésors templiers, certains n’ont vu dans l’Ordre Du Temple que des banquiers, les imaginants riches, possédant des coffres emplis d’or, il faut noter que contrairement à la pratique qui autorisait celui qui prenait une ville en Orient à la piller (pendant les premières croisades), l’Ordre du Temple n’a jamais pratiqué cela.

D’autre part leur richesse est surtout due aux exploitations agricoles, aux exploitations minières, et cela sert à l’armée d’Orient ou d’Espagne, tout comme la flotte, plus militaire que commerciale.

En fait c’est le système des lettres «de change» qui permettaient de partir d’une ville en déposant son argent dans une commanderie et de récupérer la somme dans une autre ville dans la commanderie en échange du document établit par l’Ordre.

L’ordre du Temple ne prête pas d’argent ce n’est pas sa vocation surtout avec intérêt, car c’est contre ses principes religieux. (Les chrétiens n’ont pas le droit de faire commerce d’argent.)

Alors les autres trésors, symboliques?
Spirituels?

Les légendes racontent moult et moult histoires, par exemple celle qui dit que le Pape Clément V forcé par le Roi de condamner les templiers, vénérait la licorne, il possédait une corne de licorne,(en fait de narval) et juste avant le 13 octobre il aurait rencontré trois templiers de Montsaunès, (une commanderie proche de St Bertrand de Comminges), pour leur confier une corne de licorne et un secret.

D’autres légendes voient revenir les fantômes templiers les nuits de pleine lune, pour régler des comptes ou célébrer des offices car ils n’avaient pas fini leurs rituels.
Si l’on en croit de nombreuses personnes ou certains sites Internet, il n’y a jamais eu de templiers en Ariège, bien que dans des ouvrages notamment celui de G. Serbanesco, le trésor serait en Ariège, dans le Vicdessos dit-il !
 
Ci-dessous, une liste des lieux templiers d’Ariège, certains sont vrais, d’autres imaginaires, d’autres à vérifier.
Arbon, Montsaunès commanderie
Aucazein, Montsaunès commanderie
Audressein, Montsaunès, commanderie
Bonac Irazein, Montsaunès, commanderie
Boudrac, Montsaunès, Commanderie principale, avec tour fortifiée, il ne reste rien.
Cadeilhan, Montsaunès commanderie, Grange
Canens, Montsaunès commanderie, Grange
Capoulet, Commanderie principale, reste la maison Fondère.
Castillon en Couserans, Montsaunès, Commanderie principale
Chât. du Temple, Trémoulet, Nogarède (la), Chât. Reste une tour
Comegoude, Mirepoix, Ferme
Figarol, Montsaunès, Commanderie, reste la chapelle
Foix, Autre site
Gaillartville, Montsaunès commanderie
Galey, Montsaunès commanderie
Gaudiès, Chat., Prison, Reste une tour du 12e, dite «Prison des prêtres»
Guran, Montsaunès commanderie, Maison
Laffite toupière, Montsaunès commanderie
Lestelle de St Martory, «L'Etoile», Montsaunès, Commanderie
Malpas, Bompas, 1172, Capoulet, Chât. en ruines
Mazères sur Salat, Montsaunès, Commanderie
Mirepoix, 1207, Nogarède (la), Commanderie principale, avec chapelle, & un moulin.
Montréal de Sos, Commanderie, Chât. en ruines, à 1240 m. Il aurait abrité le St Graal, sous le chât. dans une grotte on découvre une peinture du 13e, sur laquelle on trouve une coupe, une épée, une lance, des séries de croix & des gouttes de sang
Montsaunès, 1156, Toulouse, Commanderie principale, reste la chapelle du 12e, riche en symboles Templiers & Francs-Maçons, fresques du 13e, avec Croix rouge du Temple & Fils à plomb, cercles, triangles, carrées, & 1618, Sirius, le Sagitaire, les 7 disciples de St Jacques. Vierge Noire dans le presbytère
Montségur, Autre site
Nogarède (la), «La Cavalerie», Commanderie principale
Orcheins, Montsaunès commanderie
Pamiers, Autre site
Planté, Montsaunès commanderie, Grange
Salies du Salart, Montsaunès  commanderie
Salles sur Garonne, Montsaunès, Commanderie principale
-Salles, Gaillac Toulza, Montsaunès commanderie, Grange
Soueich, Montsaunès, Chapelle
St Cyrac, Soula, Nogarède (la), Commanderie
St Gaudens, Montsaunès, Autre site
St Girons, Autre site
St Jean de Plante, Montsaunès, Commanderie
St Lizier, Commanderie ou maison
St Marcet, Montsaunès, Commanderie
St Martory, Montsaunès, Autre site
St Sirac, St Julien, Montsaunès, Commanderie, vestiges
Toulouse, 1134, Bordeaux, Commanderie principale, Maison du Temple, Grand prieuré, Notre Dame de la Conception, située entre l'église de la Dalbade & l'église St Rémi
Valcabrère, Commanderie, tous les 7 ans le fantôme du Commandeur appelle ses frères; «L'Ordre est détruit, les frères ont été massacrés»
Valentine, Montsaunès, Autre site
Villeneuve, Ville Dieu du Temple (la), Autre site
Montsaunès commanderie indique que la commanderie serait Monsaunés                                                                                                                          

Par email, Christian Poncini
Photos: Public domain, C. Poncini
actualites Ariege   publié le: 18/10/2007
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