Natacha Amal interprète Andromaque au Casino de Lavelanet
Incontestablement, c’est l’évènement théâtral de ce début de saison.
Lors du festival d’Avignon 2006, le spectacle avait déjà marqué les esprits et les cœurs, lors de sa présentation chez Gérard Gélas, au Théâtre du Chêne Noir.
On connaît la simple et dramatique trame du chef d’œuvre de Racine. Oreste aime Hermione, qui aime Pyrrhus qui aime Andromaque – veuve d’Hector et captive de Pyrrhus – qui soit dit en passant aime (toujours) son défunt mari.
Une histoire d’amour qui finit mal en quelque sorte, mais au-delà, cette oeuvre, jouée pour la première fois le 17 novembre 1667, permit à Jean Racine de connaître la gloire…
On dit que la cour pleura, émue par le lyrisme nouveau de cette tragédie, dont le succès, contrairement à d’autres pièces de Racine, n’a jamais fléchi à aucune époque.
Cette pièce a toujours été l’une des plus jouées à la Comédie Française et les plus apprises par les lycéens (on a tous en mémoire la célèbre allitération: «Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes» Acte V, scène 5)
La très belle et très moderne mise en scène dépouillée de Thomas Le Douarec démontre la portée et l’intemporalité de cette tragique histoire d’amour.
Au cœur du drame, deux femmes s’imposent : Natacha Amal, remarquable comédienne, prête son grain de voix si singulier aux suppliques d’Andromaque. Quant à Marie Parouty, sublime Hermione, elle nous fait frissonner l’âme, au rythme de la langue de Racine.
Oreste aime Hermione qui aime Pyrrhus qui aime Andromaque qui aime Hector qui est mort… Une intrigue parfaite qui nous entraîne dans un vertige de lyrisme, de poésie et d’émotion.
Dans Andromaque, le Destin est le personnage principal, cette idée abstraite prend toute son ampleur si nous lui donnons corps et âme, les confidents sont alors tous incarnés par Ananké (le Destin) et on constate que ses conseils conduisent nos héros à leur perte.
Ananké est un Dieu «de la passion» plus que «de l’amour», un Cupidon, mi-homme, mi-femme: un ange, l’androgyne parfait, évoluant dans les airs, et descendant, de temps en temps, dans l’arène des hommes. Tel un arbre imaginaire, il fait danser nos personnages, aveuglés par le drap rouge de leur passion dévastatrice. Andromaque devient donc un huis clos à cinq personnages orchestré diaboliquement par la fatalité. Une scénographie très épurée qui n’en demeure pas moins complexe.
Après le Cid «flamenco», Le Douarec renoue enfin avec le classique et met en scène Natacha Amal, surprenante et rare dans le rôle d’Andromaque.
D’origine belge, Natacha Amal s’est fait connaître via le petit écran à travers des séries cultes et au cinéma où elle tourne avec Peter Greenaway, Ariel Zeitoun, Philippe de Broca ou Tonie Marshall …
Mais il n’en demeure pas moins que cette artiste après le conservatoire national de Bruxelles, où elle a décroché le 1er prix d’interprétation, n’a jamais vraiment quitté le théâtre.
Dirigée par Robert Hossein, Jérôme Savary, Jean-Marie Villegier… après avoir joué Sartre et Shakespeare courant 90, elle revient à l'affiche, en tournée avec Andromaque… Un moment d’exception à venir découvrir au Casino dans le cadre de la saison culturelle de Lavelanet.
Andromaque d’après Jean Racine Mise en scène: Thomas le Douarec Andromaque: Natacha Amal Hermione: Marie Parouty Pyrrhus: Jean-Charles Chagachbanian Oreste: Grégoire Bonnet Ananké: Florent Guyot
Jeudi 8 novembre – 20h45 - Le Casino - Lavelanet Renseignements, réservations: Lavelanet Culture, 1 Place Henri Dunant 09300 Lavelanet. Tel: 05.61.01.81.41 Mail: [email protected] |