Pamiers: restauration des vitraux de Notre Dame du Camp grâce au mécénat de Gaz de France
L’histoire de Notre Dame du Camp est intimement liée à l’histoire de la ville de Pamiers…
Construite au XIIe siècle à l’extérieur des fortifications, afin de répondre à l’accroissement de la population, l’église Notre Dame «des Champs» est fortement endommagée par la croisade contre les albigeois.
Ainsi au XIVe siècle, on élève au-dessus du portail un mur austère aux allures défensives, encadré par deux tours massives.
En 1466, Notre-Dame du Camp est érigée en collégiale sous le patronage de la Vierge et des Saints Alexandre et Caïus dont les reliques rapportées d’Orient par le Comte Roger sont déposées.
Au cœur des combats opposant les troupes réformées et les catholiques, Notre-Dame du Camp fut ruinée une première fois en 1563, puis en 1577 et en 1621.
Pour les travaux de réfection de Notre Dame, les habitants furent imposés à hauteur de 5000 livres. L’édifice se signale par l’emblématique silhouette de ses hautes «tours-clochers» qui dominent amplement le bâti environnant.
Crénelées de manière purement décorative, elles sont assouplies de pans coupés reposant en partie sommitale, sur des trompes. La tour nord est percée de trois niches ouvertes, la brique règne en maître sur l’essentiel de ses élévations, hormis les parties sculptées en grès et quelques blocages layés de gros galets de rivière.
Le grand portail reconstitué au XIXe siècle, réalisé en grès gris-vert, est composé de voussures arquées segmentaires. L’église comporte huit chapelles de dimensions inégales.
La première à gauche est dédiée à sainte-Nathalène, la sainte patronne de la ville, dont la légende rapporte le miracle suivant: Natalène, une fois la tête tranchée pour avoir avoué sa religion, l’aurait pris dans ses mains et serait rentrée à Pamiers par la Porte Saint Hélène, jusqu’à la place du Camp où elle succomba.
Lors de la construction de Notre Dame du Camp, au XIIe siècle, on consacra une chapelle à la sainte, à l’emplacement dit-on de sa sépulture.
Actuellement on peut y admirer une grande toile de 2m60 sur 1m95 représentant la légendaire Sainte du IVe siècle, richement vêtue, à la manière des héroïnes bellifontaines, enveloppée dans un large manteau drapé rouge, avec dans une main un cimeterre (sabre oriental) et dans l’autre la palme de son martyre.
Derrière elle, dans le fond, on distingue la ville de Pamiers où se détachent les clochers et les remparts. Dans le registre médian, une scène de décapitation par un bourreau assisté de deux personnages, et un autre épisode de son hagiographie la montre, sa tête tranchée dans les mains conduite par deux anges élancés vers la ville.
Ce tableau n’est pas signé, sa date d’exécution semble marquée par le retour dans la ville de l’évêque Bertrand du Parron, en 1599 et la reconstruction de l’église du Camp, en 1601, après les troubles qui agitèrent Pamiers pendant les guerres de religion.
Cette œuvre est d’une grande qualité, précieuse tant du point de vue historique pour donner une représentation de cette ville au début du XVIIe siècle, que pour les enseignements qu’elle apporte sur les influences artistiques parvenues d’Italie jusqu’à la province du Languedoc.
Le grand orgue fut établi en 1860 grâce à une souscription publique et en 1876, l’abbé Costes fit poser les vitraux des baies représentant les patrons des chapelles.
Dans le chœur, deux d’entre eux sont datés de 1845 et signés d’Ernest Lamy de Nozan, maître verrier toulousain, initiateur du renouveau du vitrail dans le sud-ouest de la France.
Dans la nef, les huit vitraux sont attribués à l’atelier toulousain de Louis Victor Gesta qui a su durant le XIXe siècle adhérer à la nouvelle conception de l’art religieux : le néogothique. Les pièces de l’église Notre Dame du Camp sont de facture traditionnelles, datables des années 1860/70.
Sur la façade nord: saint-Joseph portant l’enfant Jésus, Saint-Louis, roi de France, soutenu par la couronne d’épines, acquise en 1239, Notre-Dame des Sept Douleurs avec un cœur enflammé, une verrière à motifs géométriques.
Sur la façade sud: Sainte-Lucie portant deux yeux dans une coupelle (invoquée pour la maladie des yeux), Sacré Cœur de Jésus, Saint Roch, célèbre saint thaumaturge et enfin une verrière à motifs géométriques.
Au total on recense onze grandes baies verticales (d’une hauteur de 4,5m sur un mètre de large) datant du XIXe siècle qui ont toutes souffert du dernier orage de grêle, au printemps dernier.
C’est suite à un dépôt de candidature auprès de Gaz de France, dans le cadre du mécénat d’entreprise que la ville de Pamiers a bénéficié d’une subvention de 15.000€, totalement dédiée à la réfection des vitraux de Notre Dame du Camp.
Ainsi, le mois dernier, Etienne Bastin, Délégué Régional Gaz de France est venu apposer sa signature sur la convention de mécénat signée avec la ville de Pamiers.
«Gaz de France a été conduit à faire de la préservation de l’environnement et de la sauvegarde du patrimoine, un des éléments majeurs de sa politique de mécénat. C’est dans le domaine du vitrail que le mécénat en faveur du patrimoine culturel prend toute sa signification et son ampleur.
Ainsi Gaz de France, mécène des plus beaux vitraux, a déjà contribué à la restauration ou à la création de vitraux dans une trentaine de monuments historiques classés, répartis dans plus de vingt régions de France»
En signant cette convention, Gaz de France s’engage a apporter le soutien financier d’un montant forfaitaire et définitif de 15.000 € HT pour la restauration des vitraux de l’église Notre Dame du Camp à Pamiers. Le coût global des travaux est estimé à 48 000€.
Photos: ©AriegeNews 2007 |