Meurtre de Julien Fernandez à la discothèque La Roue à Pamiers: premiers résultats de l�enquête
Antoine Leroy procureur de la république a apporté des précisions complémentaires au cours d’une conférence de presse sur le meurtre de Julien Fernandez, fils du gérant de la boîte de nuit «La Roue»
Ce jeune homme de 25 ans, parfaitement inconnu des services de police et de gendarmerie s’apprêtait à partir en vacances avec quelques amis et devait prendre l’avion pour l’Asie dimanche 13 janvier à 18h.
La discothèque «La Roue» dont il s’occupait a plutôt bonne réputation, il s’agit du premier établissement du département, de par sa superficie et sa fréquentation (elle reçoit 2000 personnes par week-end en moyenne).
De plus, Patrick Fernandez, le gérant de l’établissement s’est engagé depuis quelques années auprès des pouvoirs publics en matière de lutte contre l’alcoolémie, contre les pratiques additives, la prévention contre le Sida… un modèle du genre (cf: notre article du 18 juin)
Dans la prolongation de la discothèque, un bureau aménagé qui pouvait accueillir le DJ quand il restait sur place, puis le logement de Julien où il vivait seul.
L’établissement fermait à 5h45 et jusqu’à 7 heures du matin, une dizaine de personnes restaient dans l’établissement pour nettoyer et remettre de l’ordre avant de prendre un petit déjeuner en commun.
Dimanche 13 janvier c’est à 7h15 que l’on a vu pour la dernière fois la victime.
A 10h du matin, ne répondant pas à son téléphone portable, son père Patrick se déplace sur le site, la voiture de Julien est sur le parking mais il ne voit rien de suspect et rentre chez lui.
Vers 17h, après avoir assisté au match de rugby au stade Balussou, n’ayant toujours pas de nouvelles de son fils qui doit prendre son avion à Blagnac, M. Fernandez inquiet se rend au commissariat de Pamiers.
Les policiers trouvent le corps dans un champ derrière la discothèque, couché sur le flanc, il est criblé de coups de couteaux.
Après les investigations de la police scientifique, le corps a été envoyé à l’institut légal de Toulouse où il a été autopsié mardi 15 janvier avant d’être rendu à la famille.
L’examen de l’IML a permis de déceler 23 coups de coteaux dont un mortel au cœur, de nombreux hématomes et côtes cassées qui dénotent un certain acharnement sur la victime.
D’après les premiers éléments de l’enquête, la recette à été dérobée (il s’agit de 6000€ sous forme de chèques, CB et liquide, une somme correspondant à une soirée bien moyenne au cours de laquelle à peine 400 à 500 personnes auraient fréquenté l’établissement).
D’après le personnel et la famille entendus par la police, il n’y a pas eu d’incidents notoires dans cet établissement, pas de bagarres, la victime n’a pas fait l’objet de menaces…
Deux hypothèses sont à retenir selon les enquêteurs: - un vol qui tourne mal : il s’agit d’un crime crapuleux réalisé par au moins deux personnes entre 7h15 et 7h45 pour voler la recette de la soirée. - Un règlement de compte lié au milieu de la nuit avec notamment l’hypothèse d’un trafic de stupéfiants.
L’enquête est confiée au SRPJ de Toulouse car le meurtre est non-élucidé, ils ont les moyens techniques de poursuivre les investigations avec des policiers spécialisés travaillant en collaboration avec l’OPJ de Pamiers.
Dès mardi matin un hélicoptère était envoyé sur le site afin de réaliser des prises de vues aériennes.
La veille, le personnel et la famille étaient auditionnés. Antoine Leroy qui s’occupe du suivi de l’enquête pour le parquet de l’Ariège est convaincu que celle-ci risque d’être difficile. Aujourd’hui les enquêteurs privilégient la recherche de l’arme et l’enquête apportera certainement des éléments, mais comme le soulignait Antoine Leroy «cela risque d’être long»
Photo et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |