Pamiers: malaise dans l�enseignement agricole
Derrière les banderoles «Notre Environnement c’est notre avenir» ou «Une classe fermée, Un pays dévasté» et dans un joyeux brouhaha, la manifestation regroupant lycéens, anciens élèves, parents, personnels de l’établissement, est partie à 14h30 du lycée agricole de Pamiers, convergeant vers le centre ville.
Les représentants des Jeunes Agriculteurs de la FNSEA sont venus se joindre au cortège avec une dizaine de tracteurs, une bétaillère… et une vache, parachevant ainsi ce sympathique cortège à la Prévert.
Des slogans de choc scandés à l’unisson, des pétards, et plus de deux cents manifestants qui, symboliquement ont emprunté la rue Frédéric Soulié, passant ainsi devant la sous-Préfecture, jusqu’à la place Milliane puis le centre ville.
Les jeunes de la FNSEA-JA, souvent d’anciens élèves du lycée de Pamiers, à la tête desquels Gilles Soucasse donnaient de la voix pour dénoncer la réduction du budget alloué à l’enseignement agricole public.
«On ne demande plus aux éleveurs ou producteurs d’être de simples agriculteurs, il faut désormais qu’ils soient aussi de bons gestionnaires, comptables, techniciens…
C’est un vrai métier qui se professionnalise avec des spécialités … On ne peut pas accepter de laisser fermer des classes, de laisser brader les diplômes…c’est pour cette raison que l’on est dans la rue aujourd’hui»
Pierre Viermont, enseignant au lycée agricole d’ajouter: «C’est la première fois depuis la création de l’établissement en 1965 qu’il y a une aussi forte mobilisation…
Si nous sommes dans la rue aujourd’hui, c’est pour nous opposer à la politique du gouvernement à court terme qui veut réduire l’enseignement agricole alors que cet établissement a fait ses preuves»
Dénonçant ainsi en particulier «la menace d’un gel de la classe de première à la prochaine rentrée scolaire, le projet de passer le bac professionnel en trois ans au lieu de quatre actuellement, la fusion de deux BTS…»
Les manifestants ont également évoqué la réduction des moyens apportés par le ministère.
«Le rapport du Sénat évoque une diminution de 3% par an pour chaque lycée pendant cinq ans, dès la rentrée scolaire»
Ils mettent également en avant selon eux «les conséquences négatives» de ces mesures en Ariège, département agricole, en terme d’aménagement du territoire, si le nombre d’agriculteurs venait à diminuer.
«90% des jeunes qui suivent une formation agricole trouvent un emploi et l’enseignement agricole offre la possibilité aux jeunes de poursuivre leurs études… voir même de raccrocher avec le système scolaire grâce à une approche concrète des savoirs et de la nature»
Marie-France Combier, sous-préfet d’arrondissement a reçu une délégation composée d’un représentant des élèves, un représentant des parents d’élèves (fédération FCPE), Gilles Soucasse, représentant la FNSEA-JA et un représentant du personnel du lycée.
«Face à l’insistance des manifestants, le DRAF (directeur régional à l’agriculture et à la forêt) M. Pélissier, n’ayant pu les recevoir, c’est le sous-préfet en tant que représentant de l’Etat qui le fait.
Leur motivation principale est de faire part aux pouvoirs publics de leur inquiétude de voir le contenu de leurs enseignements mis en péril… ils m’ont remis une pétition et M. le préfet va faire remonter leurs préoccupations auprès du ministère concerné, celui de Michel Barnier»
Celui-ci lors de son discours de vœux, il y a quelques jours avait évoqué l’enseignement agricole, comme «essentiel dans la conduite des politiques qui sont placées sous ma responsabilité.
La formation aux métiers de l’agriculture, de l’agro-alimentaire, de la forêt, de la pêche et du monde rural est une condition de leur compétitivité économique… J’ai entendu les enseignants, les élèves et leurs familles exprimer leurs inquiétudes devant les instructions données aux directeurs régionaux de l’agriculture et de la forêt pour l’organisation des prochaines rentrées scolaires.
Les indications pluriannuelles figurant dans la circulaire du mois de septembre dernier ne constituent que des tendances qui seront adaptées, région par région, en fonction des réalités et des besoins locaux et en tenant compte des missions que nous fixons à notre enseignement…
Je souhaite que l’enseignement agricole poursuive son rôle d’insertion scolaire, sociale et culturelle grâce à ses classes d’enseignement général, et en particulier aux classes de 4ème et de 3ème. Ces classes seront maintenues ou pourront dans certains cas être mutualisées avec un établissement de l’Education Nationale si cela apparaît possible et souhaitable…/…/…je souhaite que les réformes à venir soient conduites en concertation avec les équipes pédagogiques…/…/… »
A l’heure actuelle la position du ministère semble donc à la concertation.
Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |