Bélesta: vif succès pour la conférence sur «l�oppidum du Mayné»
Pas moins d'une centaine de personnes se sont rendues à Bélesta pour assister à la conférence donnée par Guy Rancoule sur le thème de l’oppidum du Mayné.
De nombreux habitants ont participé pour s’informer de l’histoire de ce site mais d’autres personnes sont aussi venues de l’autre bout de département.
Il est vrai que la thématique liée à la vie des Gaulois suscite toujours la curiosité. Il faut aussi souligner la qualité du conférencier qui a partagé son enthousiasme sur la question.
Guy Rancoule a d’abord présenté les sites de «La Lagaste», vaste site gaulois de la moyenne vallée de l’Aude et Bouriège, un établissement des pré Pyrénées audoises dans la vallée de la Corneilla, avant d’en venir plus précisément au Mayné.
Il a montré à l’aide des photographies que les «murs» que l’on peut encore distinguer aujourd’hui ont une disposition globale qui suit les courbes de niveau, délimitant ainsi des terrasses.
Celles-ci ne sont pas défensives comme on a pu le croire mais ont plutôt servi de soutènement pour des cabanes étagées sur la pente escarpée. Les parois devaient être construites en matières périssables, bois et torchis. On a retrouvé de nombreux clous et agrafes qui devaient servir à relier des planches.
Guy Rancoule a passé en revue les différents types d’éléments qui ont été retrouvés sur le site.
Certains sont en métal et on peut généralement en discerner la fonction: fragments d’armes, de couteaux, de clous, instruments agricoles ou artisanaux comme une faux, une herminette, des forces à tondre, des pinces de forgeron…
Les abondantes illustrations dont s’est servi Guy Rancoule pour agrémenter sa conférence ont montré que dans l’ensemble, ces objets fonctionnels ne diffèrent pas tellement des nôtres.
On a aussi trouvé des objets de parure, pour beaucoup en bronze, comme sur les autres oppida régionaux: bracelets, perles, anneaux, et fibules, sortes d’épingles de nourrice pour attacher les vêtements.
D’après les observations faites, il a pu y avoir sur place des ateliers métallurgiques attestant, par là, de l’origine locale de certains objets. Les amphores et céramiques importées, dont la durée de vie est plus courte que les monnaies, permettent de les dater. Il semble que l’occupation du Mayné ait été relativement courte et qu’elle corresponde aux décennies des alentours du 1ers. avant J.C.
C’est le moment de la période d’expansion maximum du commerce italique. Le Mayné a sans douté été un relais commercial où on pouvait se procurer des produits de l’artisanat local: bois, cuir, objets de métal ou poterie, mais aussi un peu de vin campanien, d’huile espagnole et quelques vases de table importés.
Guy Rancoule a ainsi démontré qu’on peut le considérer comme une étape secondaire dans la diffusion des marchandises importées d’Italie, la première étant certainement Mirepoix, desservie à partir de Bram l’antique Eburomagus, qui était à cette époque un important carrefour et site de transit.
Le succès de cette conférence montre l’intérêt suscité par le patrimoine et, à travers lui, l’identité locale que le futur Pays d’art et d’histoire va certainement s’attacher à mettre encore davantage en valeur.
Elle est le fruit d’une collaboration entre le Pays des Pyrénées Cathares et Mme Dambies, historienne locale. Un type d’animation amené à se renouveler. Le projet initié avec les universitaires Jean Cantelaube et Eric Fabre qui associe les érudits du territoire suit son cours et d’autres projets sont en préparation.
Par email, Catherine Robin, Pays des Pyrénées Cathares |