Danse à l'Estive de Foix: l�esprit de Joseph Nadj
 4 danseurs, 4 musiciens. Un dialogue avec le Yi-King, livre de sagesse chinois !
La nouvelle création de Josef Nadj dialogue avec le Yi King, ou Livre des transformations, l’une des sources de la pensée chinoise depuis des siècles. Le Yi King propose une représentation du monde infini et multiple, en 64 figures mobiles, ou hexagrammes.
Un double quatuor de danseurs et de musiciens entoure la musique d’Akosh S déployant un dispositif de variations où la musique et la danse s’entremêlent à l’envie. Entracte égrène des figures et des motifs repérés chez Nadj depuis sa première pièce Canard pékinois (1987).
Le parti pris du décor éclaté, plus design que le brut de bois habituel ramasse les actions à la mesure des petites surfaces sur lesquelles les interprètes évoluent. Danser à genoux sur une palette ressemble à une épreuve qui pousse le geste dans des retranchements inhabituels.
La musique est proprement idéogrammatique avec ses résonances de bois frappé qui rappellent le maniement des jetons et baguettes dans ce qu’on nomme là-bas le Livre des divinations. Les quatre interprètes sont un temps rangés dans une structure de bois à l’intérieur de laquelle ils multiplient des figures figées.
«Depuis que j’ai découvert que l’homme qui monte sur les planches d’un théâtre crée un paradoxe, un mystère qui reste indéchiffrable, moi-même je me suis accosté à cet espace. Mais qu’est-ce qui m’intéresse dans cet espace-là ?
Le rapport subtil qui se crée entre les corps vivants... Mais de quelles profondeurs surgissent nos mouvements qui sont capables de créer un langage si familier et si étrange que l’on partage au moment du lever du rideau ?
De quoi parle ce langage? Peut-être d’une certaine vérité qui se cache derrière tous nos masques, tous nos gestes et sur lesquels l’homme plus volontiers garderait le silence» Josef Nadj
«Je ne veux pas, dit Nadj, que la musique s’aligne, mais qu’elle participe d’emblée à la matière de l’événement»
Cette pétition de principe a des incidences immédiates sur le processus même de création de la pièce : il ne s’agira plus, comme c’est habituellement le cas, de travailler séparément ou en parallèle, mais de réunir de bout en bout dans un même espace de travail et de création la musique et la danse, les musiciens et les danseurs.
A Budapest, Josef Nadj étudie l’histoire de l’art, de la musique; il pratique les arts martiaux, suit des cours d’expression corporelle et de théâtre. En 1980, il s’installe à Paris, où il prend des cours de mime et découvre la danse. Sa première création, Canard Pékinois (1987), remporte un vif succès et son langage, entre danse et théâtre, s’impose rapidement.
Son univers puise dans la culture hongroise, ses souvenirs familiaux, la littérature – à tel point que, pour bien des spectateurs, Kafka, Beckett et la culture slave sont désormais indissociablement liés à l’esthétique de Nadj. Depuis 1995, il dirige le Centre Chorégraphique National d’Orléans; en 2006, il est l’artiste associé du Festival d’Avignon.
«Entracte» - Danse Mardi 29 Avril à 20h45 - l’Estive - Foix Réservations: 05 61 05 05 55 - [email protected]
Chorégraphie et scénographie Josef Nadj Composition musicale Akosh Szelevényi |