Foire de Tarascon: l�éternel succès�
La grande foire de Tarascon fête cette année son 750e anniversaire et forte de cette expérience et de la qualité de ses brebis, réussit à s’inscrire dans la durée.
La traditionnelle foire de printemps cuvée 2008 n’a donc pas failli à la règle, encore plus d’animaux et de marchands…
Des attractions qui chaque année réussissent à déplacer les foules : l’association Pastel fabrique millas et pain cuits à l’ancienne, Jean-Luc Mirouze et ses croustades du Couserans, des démonstrations de tonte de moutons, la confrérie des Pastous, les défilés de chevaux, vaches et moutons dans le joyeux tintamarre des groupes folkloriques ou de la Lyre tarasconnaise.
Parmi les invités cette année, Bernard Martin, président de la fédération nationale ovine, la fameuse FNO, qui face à la concurrence internationale a toujours conforté la filière ovine française.
«L’agneau, on y croit», tel est le grand slogan de la FNO… et comme le président Martin, ils sont encore quelques uns à y croire.
Ainsi Gérard Respaud qui depuis deux ans, en partenariat avec l´Upra Ovine des Pyrénées centrale et la chambre d'agriculture de l'Ariège, tente de réintroduire sur le piémont du département la race ovine «Montagne-Noire»
Cette race à faible effectif en bordure du Plantaurel (canton ariégeois du Mas d´Azil) et en plaine (à l´est de Pamiers) présente un phénotype original: format petit à moyen, peau fine et pigmentée, absence de cornes.
Ces produits sont prisés et vendus le plus souvent à des bouchers locaux, les meilleurs mâles sont utilisés localement en croisement terminal sur des brebis tarasconnaises…
Michel Estrémé, éleveur biroussan pure souche, membre actif des Transhumances de cette vallée, est venu à Tarascon pour prendre le pouls.
Tous en conviennent: «les éleveurs sont au rendez-vous mais les prix sont revus à la baisse… on ne sait pas trop où l’on va entre les problèmes de fièvre catarrhale et la baisse des cours, les acheteurs sont prudents !»
Jean-François Denjean, éleveur à Auzat, habitué des foires de Vicdessos et de Tarascon, n’a pas vraiment le moral: «à qualité identique, d’une année sur l’autre c’est plus de 20% de moins»
Côté bovins ce n’est guère réjouissant, Arnaud Umhauer de Miglos se demande comme beaucoup d’éleveurs, s’il pourra tenir la distance. «Chaque mois les traites tombent et avec cette menace d’épidémie nous sommes obligés de brader nos broutards… nous nous faisons du souci pour l’avenir de l’élevage de montagne»…
Quoiqu’il en soit les transhumances se préparent et d’ici la fin du mois de juin les animaux regagneront les pâturages de Haute-Ariège.
Le marché aux bestiaux se poursuivra demain, et la foire avec ses dégustations, animations, démonstrations de savoir-faire jusqu’à dimanche, avec à 11h30 un concert au kiosque de l’espace Francal réaménagé.
Photos: ©AriegeNews 2008 |