Journée de Pentecôte: le grand cafouillage
Après la canicule de 2003, le gouvernement avait institué une journée de solidarité, le lundi de Pentecôte, une journée travaillée, non rémunérée, un financement à destination des personnes âgées et des personnes en situation de handicap.
Suite à la pagaille qui a suivi l’installation du lundi de Pentecôte travaillé (problèmes de garde d’enfant, défenseurs de la féria de Nîmes et de Vic Fezensac…), le gouvernement a décidé d'assouplir les modalités de la «Journée de solidarité»
Cette journée est désormais librement fixée par accord d'entreprise ou de branche: Xavier Darcos, ministre du travail propose trois options: «une journée de RTT, deux demi-journées ou 7 heures dans l'année», chacun pourra choisir.
A la RATP, le lundi de Pentecôte n'est pas chômé, à la différence de la SNCF, qui répartit la journée de solidarité sur l'ensemble de l'année.
Après une année 2008 de transition, 2009 devrait marquer le rétablissement définitif du lundi de Pentecôte chômé, tant pour les services publics que pour les entreprises.
Pour le reste, les grandes entreprises qui sont quand même ouvertes lundi tourneront largement au ralenti, où une majorité de salariés a posé un jour de RTT. Enfin dans certains grands groupes comme TF1 la journée de solidarité est offerte.
Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs d’établissements d’hébergement pour personnes âgées (AD-PA), a jeté le trouble dans le débat en affirmant vendredi 9 mai chez nos confrères de France-Info, qu’une partie du produit de la journée de solidarité servait selon lui «à combler le déficit de l’assurance maladie» au lieu de bénéficier aux personnes âgées.
Aussitôt, démenti du gouvernement et montée au créneau de Valérie Létard, secrétaire d’Etat chargée de la Solidarité.
«L'utilisation des fonds par la caisse de solidarité autonomie a fait l'objet d'un rapport de la cour des comptes qui a bien validé le fait que la totalité des moyens était bien affectée aux personnes âgées et handicapées et à rien d'autre. Je trouve dommage que l'on mette en doute le fait que la Journée de solidarité ne soit pas utilisée exclusivement à cette dépendance»
La contribution versée par les employeurs pour cette journée (0,3% de la masse salariale) a rapporté en 2007, 2,22 milliards d'euros, selon la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) créée en même temps que la journée de solidarité.
Un milliard d'euros ont ainsi été versés en 2007 aux conseils généraux pour participer au financement de l'allocation personnalisée d'autonomie et la prestation de compensation du handicap. Par ailleurs, 14.000 places dans les maisons de retraite et 8.000 prises en charges pour les personnes handicapées ont été créées.
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