«Théâtre en famille» une fresque colorée à l�Estive de Foix le 14 mai
Un spectacle dense et lumineux sur l’art, la séparation et l’enfance… Parce que l’île qu’ils habitent a été désertée par les animaux pour cause de pollution, Gaétan raconte à son jeune frère, Yaël, à quoi la vie pouvait bien ressembler avant.
Avant le grand exode. Mais comment imaginer ce que l’on n’a jamais vu de ses propres yeux ? Gaétan en est convaincu, il doit emmener Yaël sur la Grande Terre, découvrir toutes ces bêtes qui le font rêver…
« - Tout se peint, Yaël, absolument tout. Les taureaux, les dragons, les nuages, les pensées, les sentiments, les gens qu’on aime… - Même les gens qu’on aime et qui nous manquent ? - Surtout ceux-là»
C’est une très belle histoire que met en scène Nino d’Introna.
Une histoire sur la fratrie, l’amour et la séparation, pleine de sensibilité et d’humour. Nominé aux Molières 2007, ce spectacle imprime durablement ses émotions dans le cœur des spectateurs.
L’humour tendre de Stéphane Jaubertie, l’auteur, accompagne deux frères inséparables au cours d’un voyage, où ils devront apprendre à se séparer et à se frayer un chemin dans la vie.
Yaël apprendra à cueillir les couleurs du monde, tandis que son frère se laissera chavirer par les éclats irisés d’un amour naissant.
Le voyage, devenu initiatique, se déroule sur le fil ténu de l’émotion, entre un cortège d’éclats de rire et un bouquet de larmes contenues. Plus qu’une histoire d’amour entre deux frères, c’est l’histoire de tout homme qui se dessine.
Pour servir ce texte magnifique, où les mots jouent à saute-mouton, Nino d’Introna a imaginé un décor épuré. La mise en scène prend des allures de peinture. Sur un vaste tissu d’un blanc immaculé, les couleurs forment peu à peu des tableaux chatoyants. Un espace qui se transforme au gré de l’imagination.
Les comédiens interprètent avec vivacité et fraîcheur ce conte initiatique, qui est aussi une histoire de transmission entre les générations. En équilibre entre le monde de l’enfance et celui des adultes, cette fable nous rappelle que grandir, c’est aussi apprendre à se séparer.
«La présence du texte étant énorme, j’ai fait appel à un univers visuel plus évocateur. J’ai tout de suite eu le désir de travailler sur l’idée du blanc, et sur l’idée de deux espaces, les plus sobres possibles, pour faire ressortir le texte. Mon but étant de trouver un équilibre entre évoquer et montrer les choses.
A travers la peinture, le texte met déjà en jeu l’idée d’un acte artistique qui donne des suggestions au public, plutôt que des représentations. La mise en scène doit donc rester sur cette idée de contraste entre la représentation de l’art et son évocation.
La peinture, comme le théâtre, cherche constamment à savoir comment évoquer, suggérer, trahir les images de la réalité, comment aller plus loin, pour donner au spectateur de l’espace pour rêver» Nino D’Introna.
Mercredi 14 mai à 20h45 - à l’Estive de Foix Réservations: 05 61 05 05 55 - [email protected] |