Réunion de la commission départementale des objets mobiliers
 C’est en présence de Jean-François Valette, préfet de l’Ariège que s’est tenue la réunion de la commission départementale des objets mobiliers au cours de laquelle Claude Aliquot, conservateur des Antiquités et Objets d’Arts a proposé, comme à son habitude, une liste très documentée d’objets à protéger.
Suite aux récentes élections municipales et cantonales, les nouveaux représentants chargés des biens culturels au niveau des mairies et du conseil général, pas encore désignés n’ont donc pu assister à cette réunion du 13 mai.
En préambule, le conservateur a indiqué sa crainte, suite à la signature d’une nouvelle convention entre l’Etat et la Région, qui financent chacun à hauteur de 30%, les travaux de restauration, à condition que celle-ci soit au moins égale à 5000 euros et au-delà. «Nous avons peur de voir les petites communes pénalisées par de telles pratiques»
Autre sujet de préoccupation, l’église de Laroque d’Olmes et plus exactement le souhait de l’abbé Savournin de déplacer l’autel néo-gothique du chœur vers une chapelle latérale.
Comme l’a rappelé le conservateur, «classée au début du XIXe siècle, cette église dédiée au Saint-Sacrement a été protégée Monument Historique par le ministre des Beaux Arts vers 1860.
Mais la suppression des créneaux, la réfection des peintures murales et de l’autel a fait déclasser le monument… La municipalité a demandé son reclassement …
Le 22 novembre 2000, l’autel néo-classique a été protégé et le curé remet en cause le classement de cet ensemble en voulant remplacer cet autel monumental par un autel plus modeste mais sans cohérence avec l’ensemble architectural.
De plus le déplacement des deux autels a été chiffré à 150.000€… que l’abbé pense trouver auprès de ses paroissiens»
Le préfet demande le rapport de l’architecte des bâtiments de France de l’époque et soumet au vote de l’assemblée cette décision: à l’unanimité tous les membres votants tranchent pour le maintien de l’autel néo-gothique à sa place.
Autre contrariété de la commission, la disparition de trois plaques en fonte dites «Plaques de chemins» (à Mazères, Rieux de Pelleport et Saint-Girons).
«Ce sont des servitudes passives, elles indiquent une direction, sont intégrées aux façades, on doit les y laisser… leur disparition est due certainement à des travaux de façade»
Parmi les bonnes nouvelles, Claude Carbonnel, ariégeois expatrié en Afrique du Sud et petit-fils du peintre Paul-Antoine Baduel, a décidé de faire un don à l’évêché de Pamiers d’une collection de toiles de son grand-père.
Des œuvres qui devraient arriver dans le département de l’Ariège d’ici quelques jours. Claude Aliquot a attiré l’attention de la commission sur l’herbier du château de Fiches, daté de 1801, que l’on doit à un élève de Lamarck, Joseph-Antoine Fauré…
Soit plus de 1000 planches apportant un témoignage unique sur la flore du piémont Pyrénéen du XIXe (voir notre article sur le château de Fiche)
La commission a proposé de faire appel à un spécialiste du Museum de Toulouse pour soumettre à son expertise l’inventaire de cet herbier.
Devront également être réalisés l’inventaire des instruments de mesure éducatif du collège Jean XXIII, celui des collections du chanoine Pouech et du musée Aristide Bergès à Lorp.
Enfin les journées du patrimoine seront l’objet d’une exposition sur les ornements liturgiques, organisée par Claude Aliquot et Florence Valentin, historienne de l’Art, spécialisée dans les textiles anciens.
Un parcours chronologique à travers 20-25 pièces sélectionnées, du Moyen-Age à l’époque Art Déco, suivi de deux conférences. «Nous souhaitons tirer parti de ce travail pour protéger les textiles liturgiques et donner quelques indications de stockage, voire de conservation… mais notre souhait le plus cher reste de trouver un lieu pour le dépôt des œuvres d’art sacré»
Bertrand Ducourau, conservateur régional des Monuments Historiques a quant à lui estimé « qu’au-delà des bonnes volontés, une telle exposition nécessite un budget… par une médiation de qualité, un budget restauration, assurance…
Quant au problème de stockage, il faut mettre à contribution les partenaires institutionnels mais également le Conseil Général car il s’agit de trouver un lieu d’accueil à 500 ornements liturgiques déposés aujourd’hui à l’évêché»
Parmi les objets présentés, des objets cultuels, des statues, du mobilier… mais également une procédure de protection pour la fresque du réfectoire du collège Jean XXIII, probablement réalisée par des prisonniers du camp du Vernet.
Des pièces méritant le classement comme le sceau hébraïque (XVIe siècle) ou encore un Anémogène, appareil producteur de courants semblables aux courants atmosphériques datant du XVIIe, ayant appartenu à Mgr de Rougerie, évêque de Pamiers.
Un ensemble d’objets, d’aquarelles, d’études et de dessins (signés Bourdelle) provenant du musée Voivenel à Capoulet-Junac; le mobilier, les objets, tableaux dont les aquarelles de Ryton Cazenave et les huiles de Gaston Lagorre, le piano Pleyel récemment restauré… provenant des salons de la préfecture de l’Ariège.
«Une manière d’inciter mes successeurs a poursuivre une politique d’achat de mobilier homogène» a conclut le Préfet.
Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |