Pamiers: les grands travaux de la cathédrale
 Bâtie au XIIème siècle, au pied du château de Pamiers et non loin de l’abbaye Saint-Antonin, la cathédrale de Pamiers est agrandie au XIVème siècle.
L’édifice à une seule nef, simple et majestueux est consacré le 9 janvier 1689 puis classée Monument Historique le 9 août 1906. La cathédrale Saint-Antonin à Pamiers, est propriété de l’Etat.
Celui-ci a entamé en 2007 une importante campagne de travaux destinés à restaurer la façade nord de l’édifice, les couvertures des bas côtés et les vitraux.
En effet, les façades édifiées avec le matériau de construction local, la brique foraine, sont dans un état sanitaire relativement médiocre.
La pollution atmosphérique et les remontées des infiltrations d’eau sont la cause de salissures noires sur les pavements, de colonisations biologiques (mousses, algues, lichens) des parties saillantes et de dégradation des joints et parements.
Le montant des travaux pour la seule façade nord est évalué à 720 000€, financés en totalité par l’Etat sur une période de trois années. En raison des travaux, la cathédrale est fermée au public et au culte.
Régulièrement, Bertrand Ducoureau, conservateur des Monuments Historiques, se rend à Pamiers pour faire le point sur les restaurations et les travaux en cours.
A l’extérieur du bâtiment l’entreprise Coréa change les briques érodées, à l’intérieur les échafaudages permettent aux artisans de réparer les dégâts occasionnées par les infiltrations d’eau.
Après la restauration des vitraux réalisée par Pierre Rivière, Jérôme Ruiz (diplômé de l’Institut national du patrimoine, IFROA), restaurateur de peinture de chevalet, s’attaque depuis plusieurs jours à «l’Adoration des Mages» un grand format de frère André (1662-1753).
Quatre tableaux de cet artiste du XVIIe siècle, élève de Jean Jouvenet et de Charles de la Fosse, sont visibles à la cathédrale de Pamiers.
«La toile a été roulée et mal conservée, on distingue de nombreux soulèvements de la couche picturale et des usures prématurées, explique Jérôme Ruiz.
Il y a eu plusieurs restaurations: on a appliqué à ce tableau un verni résineux qui l’a terriblement assombri (il a eu tendance à chancir, s’opacifier).Les restaurateurs du XIXe siècle ont utilisé de la soude caustique, un solvant à fort PH pour ôter les vernis [...]
Les réactions chimiques ont abîmé la peinture […] Ils ont aussi ajouté des éléments comme ces éperons. Les lacunes antérieures, les déchirures de la toile ont été comblées avec du carbonate de calcium.
Enfin mes prédécesseurs ont complété par une couche marron afin de rééquilibrer la composition ou plutôt pour cacher les zones d’usure […] c’est un tableau complexe, il a une histoire, un vécu, on doit conserver les repentirs du peintre […] il y a plusieurs mois de travail»
La première étape consiste à nettoyer la toile (coton et white-spirit), ensuite le restaurateur traitera les déchirures. Le tableau sera déposé pour travailler sur le support.
Enfin il faudra réintégrer la couche picturale, le tout en composant avec l’histoire et le vécu du tableau: «restaurer c’est donner du sens avec une approche rationnelle de l’œuvre tant au niveau technique qu’historique»
Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |