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Carmel de Pamiers: 360 années de prière dans le silence
 La fondation du Carmel de Pamiers est due à l’initiative de Mgr de Caulet. Il sut convaincre Mère Marie de la Sainte Trinité de venir s’établir à côté de la cathédrale avec six religieuses en provenance d’Auch et trois de Toulouse.
Elles s’installèrent le 26 juin 1648 dans une maison qu’on venait d’acheter à leur intention.
Longtemps elles vécurent dans des locaux provisoires et inadaptés. Peu à peu elles purent acquérir l’espace nécessaire à la construction de leur monastère. Mgr de Caulet leur céda la tour dite de la Mirande qui date du XIIIe siècle.
Entre 1685 et 1692, elles furent en mesure de faire construire deux des ailes du cloître (celle du sud et celle de l’est, les seules qui soient pourvues de cellules), construction en briques d’une élégance très sobre.
Le second étage de développement des bâtiments fut la construction de la chapelle. Elle ne peut commencer qu’en 1704, car il fallait au préalable acquérir à nouveau des terrains pour son implantation et réunir des fonds pour le chantier. Celui-ci pose de sérieux problèmes techniques en raison des grands travaux de soutènement qu’il fallut entreprendre pour hisser le chœur du sanctuaire au niveau des cellules du couvent.
En 1708, les travaux cessèrent, faute de ressources, alors que les murs ne s’élevaient qu’à la hauteur des fenêtres. Ils en restèrent là pendant plus d’un demi-siècle, jusqu’à ce que la commune ait trouvé des moyens suffisants pour mener à terme son projet.
Ainsi la chapelle commencée en 1704 ne fut-elle consacrée et ouverte au culte que le 19 août 1762.
Le grand retable qui orne le chœur est dû à la générosité de Louis de Fraxine, baron d’Ornolac; il est l’œuvre du sculpteur toulousain Pierre Cailhive; quant aux trois tableaux qu’il intègre, on les doit au peintre, également toulousain, Jean-Bapstiste Despax.
Les carmélites furent chassées de leur monastère par les lois révolutionnaires en octobre 1792. Leurs bâtiments furent vendus comme biens nationaux en 1796 et rachetés par les soins de Mlle Remaury, tante de l’une d’entre elles. Pendant la Terreur, ils servirent de prison pour hommes.
A partir de 1804, la communauté put se réinstaller progressivement dans les murs, Mlle Remaury n’ayant servi que d’intermédiaire à l’opération de rachat.
Au XIXe siècle la communauté se développa au point de pouvoir essaimer en fondant le carmel de Moissac (1826). Une prospérité relative lui permit d’achever enfin son cloître par la construction d’une aile nord et ouest en 1873.
Puis revint le temps des épreuves. La loi de 1901 sur les Associations entraîna en effet la dispersion de la communauté et la saisie par l’Etat de tous les bâtiments. Grâce à Mgr Rougerie, les religieuses trouvèrent refuge en Espagne, à Palencia.
Elles y restèrent jusqu’en 1918. Depuis leur lieu d’exil, elles avaient fait racheter, pour la seconde fois, leur monastère. Mais lorsqu’elles revinrent, il était occupé par le petit séminaire diocésain.
On les logea donc provisoirement dans l’ancien couvent des carmes. Eux aussi avaient été expulsés mais ils n’étaient pas revenus. Les carmélites ne purent retrouver leur monastère qu’en décembre 1933 quand fut achevé le nouveau petit séminaire diocésain (l’actuel collège Jean XXIII).
L’histoire du carmel de Pamiers n’est donc pas celle d’un long fleuve tranquille. Peut-on pourtant trouver un lieu où règne une telle qualité de paix et de paix intérieure?
Depuis 360 ans déjà les religieuses y poursuivent dans le silence et la pauvreté leur mission de prière au service de l’Eglise et du monde.
Pour mieux connaître l’histoire du carmel de Pamiers on peut se reporter à l’étude réalisée par Michel Detraz, parue dans le Bulletin de la Société Ariégeoise de Sciences, Lettres et Arts, 1991 (p. 127 à 158)
Les carmélites de Pamiers veillent donc depuis 360ans au devenir du Carmel de Pamiers.
Aujourd’hui, elles ne sont plus que cinq religieuses à mener une vie vouée à la prière et au travail (elles ne sortent de leur enceinte que pour aller voter). Le silence est la règle mais les carmélites s’accordent une récréation quotidienne…
Ces religieuses cloîtrées devront, non sans nostalgie, d’ici quelques mois quitter Pamiers pour la Vendée où elles finiront leurs jours au Carmel de Luçon…
Michel Detraz, historien Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |
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publié le: 07/07/2008 |
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