Renaissance de la chapelle romane de Mérens
 Lancé en 1994 par la Fondation du patrimoine en relation avec la fédération Française du Bâtiment, l’association des Maires de France et Dexia, le concours les Rubans du Patrimoine distingue et récompense, par des prix nationaux et départementaux, des communes ayant entrepris des opérations de rénovation ou de mise en valeur de leur patrimoine bâti.
Après le Carla-Bayle, primé pour la restauration de ses remparts, c’est la commune de Mérens les Vals qui s’est vue attribuer cette distinction pour la réhabilitation de la chapelle Saint Pierre.
D’après les archives, l’acte de donation de l’église de Mérens en faveur de l’abbaye de Lagrasse date de 994, ce qui tendrait à prouver que sa construction est antérieure. Historiquement c’est le village d’en haut (quartier de Vives) qui s’est développé à l’aube du millénaire autour de son église avant de glisser au XVIIIe siècle au fond de la vallée autour d’un sanctuaire plus récent.
Jusqu’au XIIIe siècle Mérens faisait partie du comté de Cerdagne, un détail à cette époque où les frontières étaient fluctuantes. Cependant c’est bien en Catalogne que l’on situe le foyer primitif de l’art roman, un art qui rayonnera par la suite dans tout l’espace catalan puis se propagera dans l’Occident entier.
Ainsi le style de la chapelle Saint-Pierre n’est pas sans nous rappeler les églises romanes de Pal, San Joan de Caselles ou de Canillo, ses voisines andorranes: une abside carrée séparée de la nef par un arc triomphal outrepassé, un appareillage irrégulier, des fenêtres archaïques à ébrasement simple, ces édifices sont réalisés avec les matériaux disponibles sur place (granit, schiste, pierre ponce, ardoise).
Le clocher à tour carré, consolidé en 2003, comprend trois étages de baies, simples au premier étage, puis géminées, il est terminé par un petit toit d'ardoises à quatre pans comme les clochers andorrans.
Cette église en pierre du pays couverte d’un toit d’ardoise gardera cet aspect jusqu’en 1811, date à laquelle les «miquelets», des pillards espagnols qui, pour se venger des exactions napoléoniennes, dévastent la région, brûlent églises et villages.
Longtemps laissée à l’abandon, presque entièrement ruinée, elle a cependant été classée monument historique en 1969. C’est aujourd’hui la remarquable restauration de son chevet en cul-de-four réalisée par l’entreprise Corréa, qui justifie l’attribution de cette récompense.
Un bijou de l’Art roman à venir découvrir à Mérens les Vals…
Photos: ©AriegeNews 2008 |