Une rentrée en douceur en Ariège: découragement, lassitude, ou attente d�une explosion future?
 La rentrée scolaire marque traditionnellement la rentrée dite «sociale», et donne les premiers indices de la chaleur de l'automne.
Aux premières réactions, il apparaît que, contrairement à ce que certains prédisaient, ces premiers jours de septembre ont été plutôt calmes et ce, malgré les quelques onze mille deux cents postes supprimés à l'Education Nationale.
Face à ce calme apparent, ne surnagent guère que les problèmes réels de cantine et de ramassage scolaire dus aux heures supplémentaires destinées en particulier à compenser la perte de deux heures de cours en primaire.
La perspective de la suppression prochaine de 13.500 emplois supplémentaires n'aura pas suffit non plus à mobiliser, sur le plan national, des enseignants qui préfèrent attendre le 19 octobre pour tenter de mobiliser selon eux «tous les citoyens concernés par l'école»
Dans ce contexte tristounet, l'Ariège ferait-elle figure de meneur en confirmant la journée d'action du 11 septembre, journée qui prétend unir dans une même contestation le monde de l'école et le monde paysan ?
Il faut dire que, pour ces derniers, l'exaspération est à son comble.
Déjà fragilisée depuis de nombreuses années par «une politique agricole qui n’est pas favorable à l'élevage de qualité tel qu'il est pratiqué ici», la situation des éleveurs victimes de la fièvre catarrhale est telle que certains prévoient déjà la disparition de nombre d'exploitations, tant en montagne que dans le piémont et en plaine.
Quant à l'école, il faut bien reconnaître que les difficultés évoquées plus haut, ramassage scolaire, cantine, suppressions de postes, sont exacerbés par la petite taille du département.
S'ajoutent à cela la mauvaise, quoique prévisible, surprise des feuilles d'impôts qui, à l'instar des feuilles mortes, sont tombées ces derniers jours et dont la facture accuse une hausse sensible. Ici aussi, le département de l'Ariège semble frappé de plein fouet par la baisse des aides et subventions de l’Etat.
Pour compenser ce désengagement de l'Etat, les collectivités territoriales, et plus particulièrement celles situées en secteur rural, sont mathématiquement contraintes d'augmenter leurs taux d'imposition, ponctionnant d’autant le porte-monnaie des contribuables.
Tout cela, ajouté à une baisse constante et sensible du pouvoir d'achat, sera-t-il suffisant pour mobiliser les ariègeois cette deuxième semaine de septembre, ou ceux-ci se laisseront-ils envahir par la lassitude et le découragement ?
Réponse le 11 septembre sur les Allées de Villote à Foix.
Crédit photo: Gautier Willaume |