La Poste en Ariège: entretien avec Didier Gelat, responsable du réseau des bureaux de poste
«Non à la Privatisation», clament en cœur les syndicats et partis de gauche, soutenus en cela par 56% des français, qui exigent en outre un referendum sur l’avenir de ce service public.
«Simple évolution de La Poste en société anonyme en vue d’une augmentation de capital», rétorque Jean-Paul Bailly, président de La Poste.
«Je crois qu'il n'est plus question pour l'instant, dans la situation où nous nous trouvons, d'ouvrir le capital de la Poste» déclare pour sa part Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, le 2 novembre, tandis que Luc Chatel, secrétaire d’Etat à la Consommation, indique dans le même temps qu’«il n'en demeure pas moins que La Poste a besoin d'argent pour financer son développement et se préparer (...) à l'ouverture des marchés en 2011»
Difficile de s’y retrouver dans ce fatras de déclarations contradictoires. Ce qui est sûr, c’est que La Poste devra faire face à la libéralisation totale du courrier en 2011 et que pour cela, elle estime avoir besoin de 2 ,5 à 3,5 milliards d’euros.
Même si la décision d’ouvrir environ 30% du capital semble aujourd’hui gelée, il n’en est pas moins vrai que «ça bouge», et particulièrement dans les zones de montagne où la «restructuration du réseau des bureaux de poste» va bon train, avec son lot de fermetures partielles de postes, de transformations en APC, entendez Agence Postale Communale, et «tout un ensemble de mesures tendant à restreindre tant la qualité que la quantité du Service Public», comme l’affirme ce responsable syndical.
Pour essayer de dénouer cet écheveau, nous avons rencontré Didier Gelat, Directeur du réseau des bureaux de poste de l’Ariège pour qui, «non seulement la qualité du service n’est pas en baisse, mais mieux, elle s’améliore»
En deux mots, pour lui, «le réseau des bureaux de poste évolue pour être en adéquation avec la réalité des demandes des clients, tant au niveau de leur fréquentation que de leurs habitudes de vie»
En d’autres termes, «aucun point de contact ne sera fermé» mais les horaires seront adaptés à la fréquentation.
Si La Poste estime qu’un bureau, ouvert jusqu’ici à plein temps, n’est fréquenté, en temps cumulé, que l’équivalent de quinze heures, il ne sera plus ouvert qu’à mi-temps…
En revanche, Didier Gelat a affirmé qu’aucune tournée de facteur ne serait supprimée et que les boites aux lettres ariégeoises continueraient à être desservies six jours sur sept.
Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2008 |