Jean-Pierre Bel, Sénateur sortant, en campagne dans les villages d'Ariège�
Le premier tour des élections sénatoriales a lieu dimanche prochain…
Au total 102 sièges seront soumis au renouvellement (jusqu’ici par tiers et à partir de 2011 par moitié). Les nouveaux représentants seront élus pour une législature de 6 ans (au lieu de 9) au suffrage universel indirect par les grands électeurs.
Ils sont 609 dans le département de l’Ariège à aller voter le 21 septembre (conseillers régionaux, conseillers généraux, maires, maires-adjoints, députés) mais loin de passionner les foules, cette élection au conseil des sages est pourtant disputée puisque pour le département de l’Ariège, pas moins de cinq candidats se sont lancés plus ou moins tardivement dans la course.
Alors que depuis les dernières élections municipales six habitants sur dix vivent dans une commune administrée par la gauche, qu’elle gère la majorité des départements et des régions, le sénat lui, n’a pas connu l’alternance depuis les débuts de la Ve République et revêt encore un enjeu important pour la gauche…
Un enjeu qu’a bien compris Jean-Pierre Bel, sénateur sortant et président du groupe PS. Depuis 1998, date de sa première élection, ce juriste de formation connaît bien le mode de fonctionnement de la Chambre Haute, indispensable pour «corriger la copie des députés par le système des navettes, le sénat se positionne aussi contre le pouvoir exécutif qui serait tenté de s’appuyer exclusivement sur une seule assemblée…
Le bi-camérisme évite les risques de dérive autocratique…Tous les pays qui accèdent à la démocratie comme l’Afrique du Sud ou les anciennes républiques de l’Est, élisent une deuxième chambre qui a pour vertu de réguler la démocratie»
Pour Jean-Pierre Bel le sénat est indispensable mais il doit être réformé…car actuellement le Sénat a «un grave problème de légitimité. Il est de bon ton de dire : lorsque la gauche perd les élections, elle perd tout et quand la droite perd les élections, il lui reste le sénat !
Compte tenu du mode de scrutin, pas de changement possible de majorité dans cette assemblée…Selon un récent sondage les Français estiment que le Sénat joue un rôle important (61 %) dans la vie politique mais à peine un quart des personnes interrogées le trouve moderne et se sentent concernées par les élections sénatoriales du 21 septembre.
Les résultats indiquent également que 71% des personnes interrogées décrivent le Sénat comme non représentatif de la population… Notre groupe fait des efforts, nous comptons dans nos rangs beaucoup de jeunes et de femmes, ainsi ma suppléante Myriam Llorp-Cambus qui attend en ce moment un heureux évènement est le symbole de ce renouvellement»
Rarement l’expression «un train de sénateur» aura si mal convenu à la campagne de Jean-Pierre Bel qui depuis le début de l’été a arpenté plus de 284 communes (sur les 332 que compte le département).
«Pour un élu qui veut défendre la ruralité, c’est le minimum syndical…comment peut-on être candidat à cette responsabilité sans aller sur le terrain, surtout que depuis les dernières élections il y a 114 nouveaux maires en Ariège… Désormais quand je vais travailler sur des lois concernant l’agriculture, l’aménagement du territoire, la décentralisation ou les collectivités locales, ma perception sera différente»
A chaque rencontre, Jean-Pierre Bel explique le rôle du Sénat. «Je suis favorable à sa réforme : le sénat à un droit de veto sur les lois organiques, les lois constitutionnelles qui touchent à la vie des assemblées, je ne suis pas d’accord. De plus compte tenu du mode de scrutin, il ne peut y avoir d’alternance !»
Revenant sur l’image que donne l’assemblée dans les média: «ce n’est plus un aréopage de personnes d’un âge certain qui s’invectivent à longueur de journée dans l’hémicycle …80% de notre travail est un travail de parlementaire effectué en commission, sur des textes qui concernent la vie quotidienne des gens et cela bien au-delà des clivages politiques … à croire que la ruralité nous rapproche.
Il ne faut pas perdre de vue que nous sommes élus par les représentants des 36.400 communes de France. De par l’art. 24 de la constitution nous représentons les collectivités territoriales»
Après Montels (153 habitants) Montagagne (50 habitants), Nescus (61 habitants), Jean-Pierre Bel a posé symboliquement la première pierre de la future mairie de Suzan, 17 habitants…
Comme l’indiquait André Rouch, «celui qui veut supprimer le Sénat devra supprimer les 36.500 communes … la démocratie se pratique partout y compris ici avec 17 habitants»
Photos et vidéo: ©AriegeNews 2008 |