Le directeur de la Poste de l�Ariège boude la réunion avec les élus locaux�
 Le 17 octobre 2008, à 15h30, le sénateur Jean-Pierre Bel avait convié le directeur de La Poste de l’Ariège à une réunion sur la problématique actuelle du devenir des bureaux de poste en Ariège.
Cette réunion, programmée avec une soixantaine de maires du département, s’est bien déroulée en salle de conférence du Conseil Général, mais sans la présence du directeur de la Poste de l’Ariège, qui avait préféré déléguer l’un de ses subordonnés.
A ce propos et à l’occasion de cette manifestation qui malgré tout a été maintenue, le sénateur Jean-Pierre Bel expliquait: «au moment où nous nous exprimons, 200 personnes manifestent à Quérigut pour le maintien de leur bureau de Poste […]
Il y a 10 jours maintenant, j’ai appelé le directeur départemental de l’enseigne de La Poste pour lui proposer une rencontre avec le collectif des élus de l’Ariège. Ce collectif des élus ariégeois est aujourd’hui composé de 150 à 200 maires de l’Ariège.
C’est quasiment tous les maires de l’Ariège qui ont décidé de se mobiliser sur ce problème.
Le directeur départemental de l’enseigne de la Poste m’avait donné son accord pour que nous organisions une réunion cet après-midi en sa présence […] Le directeur de la Poste de l’Ariège m’a envoyé un courriel: M. le sénateur, je viens de prendre connaissance de votre appel de ce matin.
Je n’ai pas pu y répondre car j’étais en réunion [...] Je vous propose la chose suivante: la réunion programmée cet après-midi est maintenue. M. Dedieu, délégué aux relations territoriales, y représentera la Poste. Il prendra note des questions posées par le collectif.
Sur cette base, nous reprendrons contact vous et moi, pour avoir une réunion de travail entre nous deux (et nous deux seulement), et pour définir ensemble la façon dont nous travaillerons avec les élus représentés par ce collectif […]
Ce matin, j’ai eu un autre fax de sa part, dans lequel il me disait notamment: je n’envisage pas en revanche de rencontrer en direct les collectifs du groupe de pressions, les élus étant les seuls partenaires avec lesquels la Poste s’est engagée, à mettre en œuvre un processus de concertation locale»
Le sénateur Jean-Pierre Bel répondait au courriel du directeur de la Poste de l’Ariège: «vous avez choisi de pratiquer la politique de l’autruche, en favorisant la polémique plutôt que le dialogue.
Depuis ce matin, j’ai essayé à 6 ou 7 reprises de vous joindre sur votre portable. Encore cet après-midi, vous refusez de répondre à mes appels […]
Vous prétextez de n’avoir pu me joindre cette semaine, alors que vous m’avez appelé pendant la session, au moment où je me trouvais dans l’hémicycle, alors même où mon directeur de l’association des maires a eu un contact hier avec l’un de vos collaborateurs.
J’ai convoqué à une réunion en commun une soixantaine de maires.
Vous m’annoncez une demi-heure avant celle-ci que vous ne pouvez y participer. Mes élus participant à cette réunion décideront des formes à trouver pour réagir à ce mépris manifeste.
Pour ce qui me concerne, je saisis immédiatement les autorités compétentes ainsi que le président de la Poste, M. Bailly»
Le cours de la réunion se poursuivant, Jean-Pierre Bel invitait les maires présents à s’exprimer.
C’est ainsi que le conseiller général Auguste Paychenq précisait que les deux agences postales de Quérigut ont été transférées à Lavelanet. Il souhaitait vivement que ces deux agences postales reviennent sur Quérigut.
Pour Montferrier, le maire expliquait que tout ce qui est financier, se traite dorénavant au bureau de Poste de Lavelanet, ou à celui de Villeneuve d’Olmes. Le maire de Rimont indiquait qu’il semblait être prévu que le bureau de Poste de sa localité devienne, à échéance proche, une agence postale.
Robert Zonch, maire de Castillon-en-Couserans, et vice président du Conseil Général, soulignait: «il y a 60 maires et conseillers généraux dans la salle […] Je demande à ce que Raymond Dedieu quitte l’assemblée car ce n’est pas l’interlocuteur demandé. Raymond Dedieu n’est pas en poste de négociateur».
A 16h25, Raymond Dedieu quitte la salle de réunion.
Bernard Piquemal, maire d’Auzat, et vice président du Conseil Général précisait, que le directeur de la Poste connaissait tous les problèmes en Ariège: «maintenant, notre opinion ne compte plus. Les opérations financières de Vicdessos vont se faire à Tarascon»
Le maire de Bélesta expliquait aussi que cela fait une semaine que le receveur de sa localité a quitté le bureau de Poste pour celui de Lavelanet. Il ne reste plus qu’une guichetière à Bélesta.
Le maire d’une autre commune indiquait également que selon ses sources, prochainement le département redescendrait à 15 bureaux de Poste, pour arriver à un terme qui n’est pas si loin à 6 bureaux de Poste.
De son côté, Raymond Coumes président départemental de la Présence Postale insistait sur le rôle essentiel qu’ont à jouer les élus municipaux.
A la suite des nombreuses interventions, dont celle du député Henri Nayrou, au cours desquelles on pouvait nettement ressentir une très forte détermination à s’opposer à certaines décisions de la Poste, Jean-Pierre Bel reprenait la parole.
«Nous demandons: 1 - A tous les maires d’Ariège, de refuser tous les rendez-vous individuels et les demandes de contact de la direction de la Poste, par rapport à des projets qu’ils peuvent avoir. 2- Puisque le président de la République a lancé une réflexion sur l’avenir de la Poste, que pendant cette période, on puisse être assuré d’un moratoire, (un arrêt clair et net de toutes ces propositions de déclassement par rapport aux différentes communes et bureaux de Poste de l’Ariège). 3- De considérer que le projet plus ou moins exprimé de privatisation de la Poste, aujourd’hui soit mis de côté»
Cette assemblée s’est achevée par le vote à l’unanimité de la démission des membres de la commission départementale de la Présence Postale. Il sera prochainement constitué un bureau pour former un collectif.
Photos: ©AriegeNews 2008 |