Le réseau Clastres: le «Niaux interdit»
Galerie supérieure de la grotte de Niaux, le réseau Clastres a été découvert dans les années 70 par un groupe de spéléologues qui ont franchi en scaphandres autonomes quatre lacs pour accéder à ce «Niaux interdit».
Les magdaléniens et leurs successeurs empruntaient une entrée différente de celle que nous connaissons aujourd’hui, certainement par la «petite Caougno» et pour eux cette galerie était assimilée à une autre grotte.
Depuis sa découverte, ce réseau n’a été ouvert que deux fois aux scientifiques pour les besoins de leurs études, notamment à André Leroi-Gourhan, Jean Clottes et Robert Simmonet. Dans le cadre de la commémoration du centenaire de l’authentification des peintures de la grotte de Niaux, le grand public pourra accéder à ces galeries, à titre exceptionnel et sous certaines conditions (par petits groupes, deux fois par jour dans le plus strict respect des règles de conservation). Afin de réaliser ce voyage dans les entrailles de la terre, une importante intendance technique a été indispensable pour vider la galerie engloutie. Sur une distance de plus d’un kilomètre quelques signes et des représentations animales ont été relevés: trois bisons, un cheval et surtout une belette grandeur nature, unique représentation dans tout l’art paléolithique d’un mustélidé. Réalisés à partir de charbon de bois finement broyé et mélangé à une charge de feldspath et de biotite, ces cinq figures sont cependant moins élaborées que celles du Salon Noir. A la suite des Magdaléniens, plusieurs visiteurs ont fréquenté le réseau Clastres, laissant plus de 500 empreintes de pieds humains sur le sable glacière. Le préhistorien Jean Clottes et l’équipe de Michel Garcia du laboratoire d’anthropologie du musée de l’homme à Paris ont permis de décompter trois groupes qui ont fréquenté cette partie de la grotte à des milliers d’années d’intervalle et parmi eux des enfants. Ce «Niaux interdit» longtemps resté hors de portée des perturbations humaines, garde un fort pouvoir émotionnel et donne l’impression que les hommes de la Préhistoire viennent à peine de le quitter. Un fac-similé du réseau Clastres à été réalisé avec les mêmes soins que celui du Salon Noir au Parc de la Préhistoire : photographies réalisées sous éclairage ultraviolet permettant de distinguer les traits aujourd’hui invisibles à l’œil nu, contrôle scientifique d’éminents préhistoriens… Renseignements : 05 61 05 10 10 www.sesta.fr Parc de la Préhistoire Route de Banat 09400 Tarascon
Photo & video: ©Sesta Montage: AriegeNews Voix off: Pascal Alard |