Des gens dehors, dans la rue, qui dorment dans des squats ou des caravanes de fortune.
C’est le bilan très noir dressé par les associations locales qui viennent en aide aux personnes sans logement, sans ressource ou sans papiers.
Et pour la Cimade, Emmaüs, la Ligue des Droits de l’Homme et le Secours Populaire, la situation ne cesse de se dégrader.
«A Pamiers, nous avons installé cinq caravanes où sont recueillies aussi bien des familles étrangères en situation irrégulières que des personnes en grande précarité» constate Robert Mourlane du Secours Populaire.
Une situation qui ne trouve pour l’instant aucune issue.
«Nous avions prévenu qu’il y aurait des gens dehors tout l’été. A l’heure actuelle, l’urgence ne peut plus être traitée.
La conjoncture est dix fois plus grave qu’il y a cinq ans où personne ne restait dehors.
La circulaire Guéant de novembre 2011 est toujours appliquée. Ce qui signifie que si l’on n’a pas de papiers, on n’a pas de logement» déclare, résigné, Christian Morisse de la Ligue des Droits de l’Homme.
«Nous faisons face à des situations graves pour lesquelles nous n’avons pas de solution» rappelle Robert Mourlane.
L’Ariège a toujours été une terre d’accueil. «Il y a un phénomène d’attrait surtout par le bouche à oreille et par le regroupement de nationalité.
Mais il n’y a pas de filière ariégeoise comme on peut l’entendre parfois. Pas de ligne directe entre Kinshasa et Foix» dénonce Christian Morisse.
Aujourd’hui, toutes ces entités veulent mobiliser les troupes pour stopper les discriminations entre ceux qui ont des papiers et ceux qui n’en n’ont pas.
«Il y a toujours une bonne occasion pour les virer, nous souhaitons que chaque cas soit examiné sans faire l’objet de discrimination»
L’association «Hérisson Bellor» vit les mêmes problématiques avec le 115. «Faute de place, 15 à 20 refus de logement sont effectués chaque jour.
Nous n’arrivons plus à faire notre travail de suivi social. Notre assistante sociale ne peut pas effectuer ses missions» assure un membre de l’association.
Du côté des associations, on dénonce un manque de volonté politique et le frein financier qui empêche tout projet.
«On nous réplique sans arrêt que ça coûte cher» se désespère Christian Morisse.
«Nous devons faire le même travail, sinon plus, avec des moyens plus faibles» détaille Robert Mourlane.
Ils admettent tout de même que les décideurs locaux travaillent sous la pression des demandes et dans une grande incertitude par rapport à l’avenir.
«Pour l’instant, l’administration se débrouille pour que chacun ait des papiers provisoires pour avoir accès à la santé ou à l’emploi.
C’est donc un peu plus confortable pour nous mais nous faisons face à un public en souffrance» souligne Robert Mourlane.
La mobilisation s’organise. Une audience a été demandée au préfet de l’Ariège.
Enfin, vendredi soir, à 17h30 en salle Jean Jaurès à la mairie de Foix, une réunion publique est organisée à l’appel de RESF 09.
Elle a pour but de faire un point sur les familles suivies, et les moyens de mobilisation à mettre en œuvre.
Ce sera aussi l’occasion de discuter du discours à tenir aux élus et représentants de l’Etat dans l’objectif de leur faire remonter ce que les travailleurs sociaux vivent tous les jours sur le terrain.
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