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Polémique autour de la présence des Rose Croix en Ariège
12/09/2012 | 18:53
© MidiNews 2012
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société Tarascon sur Ariège: 2500 Rose Croix pour un rassemblement international

Benoît Araud, maire d’Ussat les Bains, connaît bien les Rose Croix.

«Au village on les appelait les Hollandais, ils venaient l’été et passaient leurs vacances sous la tente et étaient considérés comme de doux originaux… aujourd’hui ils arrivent avec de grosses voitures, ils ont d’importants moyens financiers, selon moi ce ne sont pas les mêmes»

Pour la seconde fois depuis son élection, le maire d’Ussat doit gérer la grande conférence des journées mystiques de l’école internationale de la Rose Croix d’Or, également connue sous le nom de Lectorium Rosicrucianum:

«L’association prépare cette manifestation depuis fin 2011, nous avons eu le temps de cadrer le dispositif tant en matière de circulation que de stationnement, la commission de sécurité se réunit en Préfecture jeudi tout sera passé au crible»

Le terrain leur appartenant ne suffisant pas à accueillir les 2400 personnes attendues, ils ont loué pour l’occasion des parcelles attenantes où sont dressées depuis quelques jours tentes et infrastructure d’accueil sur plus d’1,5 ha.

Ce village éphémère est situé au pied du Spoulga d’Ornolac et de la grotte de l’Ort: «selon les Rose Croix c’est ici le berceau de l’humanité, un arrêté en interdit l’accès pour des raisons évidentes de sécurité mais ils ont édifié en face un monument, le monument de la triple alliance» poursuit le maire du village.

Benoît Araud se souvient dès le début de son mandat avoir reçu les responsables de l’ordre, motivés par des exigences foncières et voulaient déposer un permis de construire pour la construction d’un centre de conférence: «500 m² au sol, ils avaient déjà l’architecte! Ils voulaient acheter tout le foncier de la commune»

Cela n’a pas beaucoup plu au premier magistrat: «nous gardons le foncier pour notre développement économique… les Rose Croix ont été classés parmi les sectes dans un rapport parlementaire de 1996, même s’il a depuis été déclaré caduque, ce sont les même responsables.

Leur existence repose sur un mensonge historique, leur mode de fonctionnement et d’infiltration auprès des pouvoirs publics est le même…c’est inquiétant.

Certes ils ne troublent pas l’ordre public mais ils développent à mes yeux tous les critères de la secte
»

Mais ce qui le dérange le plus cette année c’est la programmation au centre culturel de Tarascon de conférences et d’une exposition («Sabarthès berceau de l’humanité» dont le site donne une idée du contenu: www.tradition-sabarthez.com) ouvertes au public:

«Qu’une collectivité territoriale fasse la promotion d’une organisation religieuse c’est limite car la France est une République laïque et si en plus la dite organisation a été répertoriée comme étant une secte, ce n’est pas normal. Il doit y avoir des intérêts qui nous dépassent»

La maire d’Ussat les Bains est davantage favorable à l’identité locale: «Tarascon, berceau de la race tarasconnaise» plutôt que «Sabarthès, berceau de l’humanité»

Et concernant les retombées économiques, il préfère faire la promotion de l’Ariégeoise une importante manifestation sportive qui fait venir plus de 3000 cyclistes et autant d’accompagnants sur le canton, que le grand rassemblement rosicrucien tous les cinq ans: «là on peut parler d’intérêt économique et d’image d’un territoire»

Du côté de la municipalité de Tarascon sur Ariège, on n’a pas du tout la même vision des choses.

Paul Suanez, adjoint en charge de la Démocratie et de la communication, est catégorique: «la Mairie de Tarascon ne favorise pas le Lectorium Rosicrucianum, ils sont au centre culturel comme les autres organisations qui en ont fait la demande et ils louent la salle dans les mêmes conditions que les autres»

Les relations avec la Mairie n’ont pas toujours été aussi bonnes, rappelle l’élu: «mais depuis que le rapport parlementaire de 95 a été rendu caduque, le Lectorium Rosicrucianum n’est plus considéré comme une secte et nos relations se sont normalisées»

Pour autant en début d’année, lors de la préparation de la venue de l’organisation, l’adjoint avait pris ses précautions en contactant la Miviludes* qui lui a répondu en ces termes: «en ce qui concerne votre demande, je puis vous indiquer qu’à ce jour le Lectorium Rosicrucianum ne fait pas l’objet d’un signalement de dérive sectaire auprès de la Miviludes»

Pour Paul Suanez, «ce sont des gens inoffensifs. Pour preuve le colloque est ouvert au public, les gens peuvent venir contredire leurs affirmations, il y a des échanges»

*Miviludes: Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 12/09/2012 | 18:53 | Lu: 33963 fois