Ponctuée par le poignant et accablant documentaire sur la fin de vie de la célèbre actrice Annie Girardot, suscitant échanges et débats autour du Dr Del Mazo, la 17ème journée mondiale consacrée à la maladie d’Alzheimer a mobilisé.
Surtout les professionnels, qui toutes structures confondues se sont déplacés en nombre dans l’enceinte de la mairie pour accueillir et informer le grand public.
Sur ce plan là, force est de constater que les professionnels de la santé des milieux hospitaliers au tissu associatif prennent le sujet à cœur. Pour le public il en va autrement.
Sans aller dans cette logique «ça n’arrive qu’aux autres» sous-tendant le thème principal de cette journée qui visait à faire comprendre que «nous sommes tous concernés», «c’est un sujet qui reste tabou», constate Marie-Pierre Dupont psychologue spécialisée au sein du CHAC de Saint-Lizier.
Comme d’autres maladies dégénératives ou graves, les personnes concernées ou surtout les «membres de leur entourage proche ont du mal à s’exprimer sur le sujet»
Pour autant, en compagnie de son homologue, Hélène Large géronto-psychologue de la consultation mémoire du CHAC et assistée de Sandrine Vidou infirmière coordinatrice de l’unité mobile gériatrique, toutes trois ne ménagent pas leurs efforts pour éclairer d’un jour nouveau l’appréhension de la maladie, à l’occasion de cette journée en particulier.
Il s’agit avant tout de changer les regards. 900.000 personnes en France sont concernées et le service de nos trois jeunes femmes traite 600 dossiers de consultations mémoire par an dont une bonne moitié est directement liée à la maladie d’Alzheimer. ¼ de ceux là ont plus de 85 ans. Seulement pourrait-on dire.
«Le vieillissement n’entraîne pas de troubles de la mémoire contrairement à cette fausse croyance devenue même certitude majoritairement répandue» s’insurge Marie-Pierre, «c’est faux !»
Il n’y a donc pas d’âge particulier pour être atteint de cette maladie neuro-dégénérative.
Alors quels éléments peuvent-ils nous mettre en alerte? «Il ne s’agit pas de simples oublis par inadvertance comme cela arrive à n’importe qui» résume Hélène Large.
«Globalement dès qu’on sent que ce n’est plus comme avant, que quelque chose a changé, qu’on a fréquemment du mal à se souvenir et se rappeler des choses les plus banales comme le nom du voisin, et ce, quel que soit l’âge.
Il ne faut pas hésiter à en parler à son entourage, son médecin traitant» et bien sûr venir au service de consultation mémoire où un dépistage poussé sera mis en œuvre.
Là, un gériatre et un psychologue s’entretiennent avec le patient et la famille.
Des tests psychométriques sont effectués, complétés d’un scanner, de bilans sanguins.
«Il s’agit d’écarter toutes autres causes possibles comme des risques cardio-vasculaires» précise Hèlène Large.
Il s’agit d’identifier au mieux de quels type de lésions cérébrales souffre le patient et ensuite de mettre en place les conditions d’une prise en charge la plus adaptée possible avec l’accord du médecin traitant, et ce grâce à la présence d’un large réseau médico-social intervenant en Couserans dans le domaine de la santé (les EHPAD, l’ACMAD, Ariège Assistance, le Clic, Echosanté etc… aux côtés des médecins et du service du CHAC).
Une prise en charge médicale et sociale incluant l’ensemble de l’entourage, ces aidants familiaux qui subissent et souffrent de la dégénérescence constatée de leurs proches.
«Car, si la maladie ne se soigne pas, elle s’accompagne»; à l’aide d’une batterie d’outils de stimulation et de soins à l’attention du patient et surtout par un suivi personnalisé de l’entourage proche.
Il est généralement constaté qu’une bonne prise en charge du patient mais aussi -et surtout!- de ses proches favorise l’état de santé du patient tandis que sa famille apprend à surmonter davantage et au mieux les difficultés de tous ordres.
Pour ce faire, des formations spécifiques à l’attention des aidants familiaux sont régulièrement proposées par le truchement du CHAC et financées par l’ARS.
En sept séances gratuites les participants apprennent aux côtés de professionnels à savoir faire face à la maladie, à adopter les bonnes réactions, hygiène de vie, les aménagements, etc.
Pour l’heure, devant les incertitudes qui planent face à la nouvelle mouture prochainement mise en place par les pouvoirs publics dans le cadre du très attendu 3ème plan national Alzheimer, une certitude demeure: avoir une vie sociale riche, faire régulièrement des activités physiques et intellectuelles sont autant de facteurs qui prémunissent contre la maladie…
Plus d’informations:
Services consultation mémoire (CHAC de Saint-Lizier)
Sur rendez-vous (attention il faut compter avec une liste d’attente de deux à trois mois)
05.61.96.28.23
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