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Réforme des rythmes scolaires: les communes attendent les textes
25/01/2013 | 18:53
© MidiNews 2013

Parmi une des principales mesures du projet de loi sur l'école, la réforme des rythmes scolaires.

Sur le principe la réforme fait l’unanimité. Le texte prévoit le retour à la semaine de quatre jours et demi en primaire à la rentrée 2013, pour étaler davantage les 24 heures de cours hebdomadaires et donc réduire la fatigue des élèves et favoriser les apprentissages.

Mais son application pose problème comme en témoignent le rejet du projet par le conseil supérieur de l’éducation, l’inquiétude des enseignants qui ont massivement fait grève à Paris cette semaine, l’inquiétude des parents pour la garde ou celle des communes pour leur budget.

Ce projet de décret sur les rythmes scolaires prévoit une semaine de neuf demi-journées et trois heures hebdomadaires d’activités pédagogiques complémentaires (APC), réparties entre les enseignants et la mairie.

Les communes sont appelées à se prononcer avant le 1er mars sur une application de la réforme en 2013 ou en 2014. Mais combien celle-ci va-t-elle leur coûter?

Au-delà du coût, les élus du département ont souhaité une coordination «pour avoir une cohérence sur les décisions départementales» indique Robert Zonch, vice-président du Conseil général en charge de l’éducation.

«Je suis convaincu que les intérêts des uns et des autres au final vont se retrouver autour de celui de l’enfant»

Pour lui, au-delà des contraintes financières qui trouveront à coup sûr des solutions, il faut voir le contenu de cette réforme: «nous sommes favorables au retour de l’enseignement de la morale laïque dans tous les établissements»

Au final, «nous attendons les décrets d’application et que la directrice académique prenne des initiatives pour que les maires, les représentants du personnel, les élus et toute la communauté éducative essaient de donner un signal cohérent»

A Foix comme ailleurs, on attend les textes avant de se prononcer comme l’indique Norbert Meler, adjoint en charge de l’éducation: pour se positionner avant mars, encore faut-il avoir une idée des contours du projet éducatif demandé. Quelle est la part à la charge des communes et celle qui revient aux enseignants ?

Le groupe éducation se réunira le 28 janvier et une réunion est prévue à la communauté des communes du Pays de Foix le 6 février car il s’agit dans tous les cas de figure d’avoir une logique de territoire.

«Aujourd’hui impossible de connaître la participation de la CAF ou l‘aide pérenne de l’Etat dans les 30 ans à venir, on ne peut avancer que des éléments de réflexion sur l’ensemble du dossier»

Quoi qu’il en soit, les élus semblent ici satisfaits que l’on s’attaque enfin aux rythmes scolaires des enfants: «l’association des Maires de France et son président UMP, Jacques Pélissard, a voté son accord sur le principe mais nous sommes conscients des difficultés à aplanir avant l’application de ces mesures.

C’est le travail de nos parlementaires et Frédérique Massat actuellement s’y emploie avec l’énergie qu’on lui connait: on ne peut pas appliquer cette réforme de la même manière à Paris, Castillon ou Quérigut… on avance petit à petit sur des détails mais qui ont au final leur importance.

On sait qu’on change quelque chose pour l’intérêt de l’enfant, on est là nous les élus pour régler les difficultés
»

Loin de tomber dans la sinistrose, les élus de Foix ont pris la mesure des enjeux de cette réforme. Cependant ils sont également là pour dénoncer la méthodologie et les maladresses du ministre Peillon dans la présentation de ce projet de loi sur l’école où l’on mélange un peu tout: salaires des enseignants, temps de travail, problèmes corporatifs et intérêt des enfants.

«Ces mélanges parasitent le dossier» avoue Norbert Meler. Pour autant, l’élu reconnait que la journée est trop longue en l’état actuel et que la raccourcir est une bonne chose.

Avec des journées de classe réduites à 5h30 (voire moins) les élèves ne sortiront pas plus tôt pour autant.
Afin de compenser cette partie de cours en moins, le projet de réforme prévoit que les communes proposent des activités culturelles, sportives ou encore artistiques supplémentaires.

«Assurer une sécurité, leur mettre des outils à disposition et des encadrants oui, mais il ne faut pas que ce soit une course effrénée aux activités complémentaires… et si on les laissait un peu tranquilles, respirer, rêver…»

La durée de la semaine a des incidences matérielles (transports scolaires, salaires des personnels…) mais également sur le milieu associatif très impliqué dans le temps périscolaire: «quand il n’y a pas les parents ni l’école, les enfants ont besoin de cet apport technique de la vie: apprendre à jouer au rugby, l’informatique ou l’enseignement culturel… mais également de ce contact humain avec un adulte en état de veille.

Si on enlève ces activités du mercredi je doute qu’elles se reportent sur le samedi. Il peut effectivement avoir détricotage du lien social […]

Se pose un autre problème celui de la sédentarisation des emplois. Souvent dans les centres aérés, les ALAE, les animateurs, les personnels travaillent déjà à 70%, si on leur enlève 4 heures ce sera pour eux très difficile
»

Ce dont Norbert Meler est sûr c’est que la mairie de Foix consultera, elle écoutera les parents, le monde associatif, les enseignants et les personnels territoriaux… sans perdre de vue l’intérêt des enfants.


Aide aux communes

Pour aider les communes qui appliqueront cette réforme dès 2013, Jean-Marc Ayrault a annoncé une aide financière de l’Etat de 50 euros par élève (ou 90 euros pour les zone en difficulté), puis 45 euros par élève en 2014.

Les maires qui demanderont avant mars une dérogation pour retarder la mise en œuvre du décret à 2014 ne pourront prétendre à ces aides.
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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 25/01/2013 | 18:53 | Lu: 27243 fois