ariège > jeunesse et societe > société
Conférence à Verniolle: génération «Y», ou comment résoudre cette équation à plusieurs inconnues
14/03/2013 | 18:52
© MidiNews 2013

On les dit technophiles, impatients, individualistes, rétifs à l’autorité, accros au téléphone (mobile bien sûr), aux réseaux sociaux quand ce n’est pas à leur PlayStation. «Ce sont les Peter Pan, ceux qui refusent de grandir» décrit Anne-Marie Soula.

Eux, ce sont les générations d’enfants nés grosso-modo (car les spécialistes ne sont pas tous d’accord) après 1980.

Successeurs de la génération «X», celle des baby-boomers, cette génération-là est appelée «Y», comme Why en anglais, car ils posent toujours cette question «pour quoi ?» (à distinguer de pourquoi).

L’anthropologie au secours des «RH»
Une classe d’âge que les entreprises auraient du mal à comprendre et à intégrer, «suscitant beaucoup de littératures et d’études dans les divisions de ressources humaines» poursuit la consultante en RH.

A l’initiative d’Ariège Expansion, la salle de conférence de Cap Delta à Verniolle accueillait hier au soir, responsables d’entreprises, des ressources humaines et représentants des institutionnels économiques pour appréhender ce phénomène.

Invité de marque, Serge Escots, de l’Institut d’Anthropologie Clinique, rien de moins, et consultant à ses heures dans le cadre médico-social, est venu délivrer son savoir sur cette espèce «mutante», nos enfants.

Au-delà des éternelles questions, à connotation souvent pessimiste, «où va ce monde, que vont devenir les jeunes générations ?», l’anthropologue met en avant le fossé des générations qui a toujours existé.

«Platon lui-même ne disait-il pas en substance la même chose ?» interroge-t-il, évoquant «cette jeunesse qui n’est plus ce qu’elle était»

Cette génération «Y», qu’on isole ainsi pour mieux l’étudier, existe-t-elle vraiment en fin de compte? N’est-elle pas le fruit d’une évolution, d’une mutation, naturelle, normale devrait-on dire?

L’anthropologue y voit en tous les cas une mutation beaucoup plus profonde: «une mutation sociétale qui n’est peut-être pas une si mauvaise chose finalement et à laquelle il ne faut pas résister mais évoluer avec»

Pour autant, remarque-t-il, «des bouleversements sociétaux, comportementaux, voire psychiques apparaissent. De générations en générations, ces changements anthropologiques affectent aussi l’humain et façonnent le psycho-corporel.

On transforme nos inscriptions biologiques et même génétiques (en tout cas il pose la question) en fonction de nos acquisitions culturelles. Ce façonnement nous est transparent, on ne le voit pas
»

Des changements qui induisent incidemment «une modification de nos identités propres, ainsi qu’au sein d’un groupe»

Comprendre ces changements peut aider les chefs d’entreprises à mieux communiquer et à mieux manager ces jeunes.

C’est cette articulation, en soi nouvelle, qu’Anne-Marie Soula, la consultante en RH, tente d’appliquer à travers des outils RH existants revus et corrigés, au sein de l’entreprise pour réussir l’intégration de ces nouvelles générations, les motiver durablement.

De nouveaux entrants, qui souvent en opposition aux références familiales, recherchent selon elle «une entreprise humaine, un besoin de sens, des relations d’égal à égal dans la confiance, d’être impliqués et stimulés, une meilleure communication (à tous les niveaux)»

Le changement dans la continuité en somme, tant ce «désir de devenir soi-même et être heureux» semble universel, intemporel.

Nous voilà donc préparés pour la génération «Z», celle des années 90-2000 qu’on dissèque déjà dans les états-majors et les RH.

actualites Ariege
auteur: Sylvain Sastre | publié le: 14/03/2013 | 18:52 | Lu: 29871 fois