Saint-Girons: la tension monte chez le personnel du FAM, le foyer d'accueil médicalisé
«Un handicap ne se choisit pas, une politique sociale: oui! »
C'est sous ce mot d'ordre, retranscrit sur une large bannière que le personnel en grève du FAM, le Foyer d'accueil médicalisé, est venu se présenter devant le maire de la ville de Saint-Girons pour exposer ses motifs de mécontentement et obtenir le soutien des élus locaux, après avoir le matin même demandé la médiation du sous-préfet de l'arrondissement de Saint-Girons, Philippe Sauvannet.
Géré par l’APAJH de l’Ariège (Association Pour Adultes et Jeunes Handicapés), le FAM situé Lieu dit Lagarde et dirigé par le Dr Jean-Michel Tarric, est une résidence ultramoderne comprenant 20 logements destinés à accueillir des locataires en situation de grave handicap d’origine neurologique.
Locked-in-syndrome, accidents vasculaires cérébraux, myopathies graves évoluées, maladies dégénératives médullaires, les résidents viennent de toute la France habiter dans un lieu capable de les accueillir. Promouvoir l’autonomie et l’intégration sociale par un accompagnement adapté, est l’objectif que se fixe l’APAJH au travers de ce foyer. Un accueil personnalisé et adapté qui repose sur un personnel compétent.
Il n'y a pas de dialogue«On est au sixième jour de grève aujourd'hui, en fait depuis le 02 juin, suite à une réorganisation du service qui induit une baisse d'effectifs en réalité», explique Jérôme Duroudier délégué syndical CGT APAJH 09.
«La revendication des salariés porte sur cette réorganisation qui implique une charge de travail supplémentaire, puisqu'au lieu de travailler à 6 en 12h, ils travaillent à 5 en 8 heures. Les salariés revendiquent des moyens supplémentaires pour rester 6 en 8 h et pour compenser les pertes d'indemnités et de déplacements. Aucune négociation n'a pu avoir lieu avec l'employeur. Il n'y a pas de dialogue. Les salariés commencent à être nerveusement excédés», indique Jérôme Duroudier.
En grève, une heure par jour pour ne pas trop perturber le bon fonctionnement du service, afin de dénoncer cette aggravation des conditions d'accueil des résidents Jérôme Duroudier se fait encore porte-parole des employés: «le FAM accueille des résidents qui ont des besoins constants et des besoins vitaux. L'urgence est là aussi! Les salariés ont envie de faire leur travail convenablement. Cette baisse d'effectifs met à mal cette prise en charge»
Un durcissement du conflit est à craindreAlors, pour les 90% d'employés en grève, soit une vingtaine de salariés en équivalent temps plein dont la totalité des soignants titulaires, le message est simple, «les salariés sont d'accord pour une réorganisation en 8h par jour mais avec 6 soignants et une infirmière pour continuer à avoir la qualité d'accompagnement qu'ils avaient avant le 2 juin»
Pour Didier Mézin, secrétaire général de l'Union Départementale CGT de l'Ariège qui intervient dans ce conflit: «Le conflit perdure depuis plusieurs semaines car on a une direction dans le déni puisqu'ils ne reconnaissent pas le principe du conflit. Or ça devient insupportable, avec des résidents en souffrance et des personnels en souffrance. Aussi l'union départementale remplit son rôle, tout simplement. Ça se fera avec l'union départementale, clame-t-il encore sur le perron de la mairie de Saint-Girons. On arrive au bout du bout, aujourd'hui il faut que ça aboutisse et qu'on sorte de cette provocation comme c'est le cas depuis huit jours»
Et de redouter déjà: «il peut y avoir des dérapages forts et un durcissement important du conflit»
Pour Jérôme Duroudier la prochaine négociation avec l'employeur doit être décisive, «on espère vraiment sortir rapidement de ce conflit, car ça peut prendre des mois»
Alors la médiation réclamée auprès du sous-préfet de l'arrondissement devra elle permettre aux négociations d'aboutir. Il en va aussi de la sécurisation des usagers du FAM.
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