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1er forum sur le mécénat culturel organisé par la Compagnie Fées et Gestes

© midinews 2012

Créée en 2006 à Niaux par Esther Candaès et Jean-Louis Monceau, installée en résidence permanente depuis janvier 2011 à Tarascon/Ariège, la Compagnie Fées et Gestes est composée de dix salariés intermittents du spectacle et de 140 adhérents.

Depuis janvier 2011, ce sont 143 spectacles, lectures, évènements, installations-spectacles rassemblant plus de 12 000 spectateurs.

Une véritable entreprise culturelle attachée à son territoire, un territoire qu’elle entend aujourd’hui promouvoir en lançant en janvier 2013 «Entr’Actes» le premier club d’entreprises associé à la compagnie.

«C’est une nouvelle aventure qui s’ouvre à nous» expliquent Jean-Louis et Esther qui organisaient vendredi soir un colloque sur le mécénat culturel, une étape préfigurant la suite des évènements.

«Nous espérons fédérer autour de notre projet culturel et autour de toutes les propositions de spectacles et d’évènements le maximum d’entreprises du département, le tout dans une dynamique de financement dans le cadre du mécénat d’entreprise… notre objectif c’est d’essayer de dynamiser ensemble un territoire qui nous est cher»

Depuis octobre 2011, la Compagnie est devenue une association d’intérêt général et éligible au mécénat culturel.

Ce dispositif va lui permettre de diversifier et renforcer ses activités, en associant à sa démarche les entreprises sensibles à l’art et au spectacle vivant, désireuses de soutenir les forces vives qui participent à la qualité de vie de leur territoire et à sa vitalité.

Chacune des entreprises, membres du club Entr’Actes, bénéficiera des avantages fiscaux accordés par la loi du 1er août 2003 (dite loi Aillagon) auxquels s’ajouteront, en plus de la réduction d’impôts prévue, des contreparties offertes par la Compagnie Fées et Gestes: invitations aux avant-premières des spectacles ou évènements, soirées privées, rencontres avec les artistes, etc.

La première manifestation prévue par Fées et Gestes est pour le 16 février 2013 avec «Sans dessus dessous» une soirée cabaret dédiée aux premiers adhérents du club d’entreprises ariégeois.

Vendredi soir, le monde de l’entreprise a répondu favorablement à l’invitation de la compagnie de théâtre ariégeoise.

Paul-Louis Maurat, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Territoriale, a indiqué qu’il soutenait cette démarche originale et ambitieuse.

«L’économie souffre, il y a des priorités mais un peu de culture dans la brutalité du monde de l’entreprise ne peut pas faire de mal, et se révéler même être un mélange agréable»

Josiane Gouze-Fauré, présidente de l'UPAP, a elle aussi encouragé cette initiative et Lionel Komaroff, trésorier de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat de l’Ariège, a encouragé ce projet valorisant le territoire: «la CMA de par son poids économique (3500 entreprises et 8500 actifs) ne peut pas passer à côté d’un tel rendez-vous»

Pierre-Jean Dupuy, adjoint à Dominique Paillarse, directeur régional des affaires culturelles de Midi-Pyrénées, spécialiste du mécénat culturel est venu expliquer ce qu’était le mécénat culturel, un acte de philanthropie soutenu depuis le 1er aout 2003 par un dispositif fiscal encore trop méconnu.

«Il n’y a pas de petit mécénat. Le mécénat est avant toute chose un regard porté par l’entreprise sur l’art et la culture et la volonté de s’inscrire dans un projet en qualité de partenaire et non de simple pourvoyeur de fonds…

La culture est l’un des premiers facteurs d’attractivité d’un territoire. Il est plus que jamais nécessaire que le monde de l’entreprise et le monde de la culture tissent des liens de solidarité
»

Pour lui, c’est un partenariat donnant/donnant, l’image institutionnelle de l’entreprise se voit valorisée, son identité affirmée, c’est un vecteur de cohésion au sein même de l’entreprise et soutenir la culture c’est une manière de renforcer l’attractivité d’un territoire.

Pour reprendre les mots de Jacques Rigaud à l’initiative de cette loi: «si le parrainage est un affichage, le mécénat est une signature»

Aujourd’hui et malgré la crise que traverse le pays, le mécénat culturel en Midi-Pyrénées maintient son cap.

Pour autant si l’on voit toujours les grandes entreprises s’associer aux grandes expositions, aux créations contemporaines, il y a une catégorie d’entreprises vers lesquelles on ne va pas suffisamment selon Pierre-Jean Dupuy, ce sont les petites et moyennes entreprises qui ont une capacité à servir le mécénat de proximité en particulier.

«Mon message ce soir est un message d’information, nous fêterons en août 2013 le dixième anniversaire de la loi Aillagon dont les dispositions ne sont pas toujours connues dans le détail.

Je vais surtout insister sur le rôle que peuvent jouer les entreprises en développant le mécénat pour le développement territorial car la dynamique d’un territoire passe par la volonté de ses acteurs de vouloir y rester et de rester suffisamment attentifs pour que les populations s’y installent
»


Quels avantages fiscaux pour le mécénat culturel

Selon les dispositifs de la loi dite «Aillagon» en date du 1er août 2003, l’entreprise peut déduire 60% de son don, de l’impôt sur les sociétés et cela dans la limite de 0,50% de son chiffre d’affaires.

Pour un don se 1000 €, l’entreprise peut déduire 600 € de son imposition. Son acte de mécénat lui «coûtera» en réalité 400 €.

Au-delà de la simple déduction fiscale, il apparait normal que l’entreprise mécène attende de son action d’intérêt général, des retombées positives en terme de communication (son nom est associée aux opérations réalisées) mais aussi des «contreparties» négociées avec l’organisme bénéficiaire.

Il est généralement admis par l’administration fiscale que l’entreprise puisse bénéficier de contreparties contractuelles à hauteur de 25% du don.

Voir dans le détail le site de la mission mécénat: www.mecenat.culture.gouv.fr
Laurence Cabrol | 15/10/2012 - 18:52 | Lu: 22006 fois