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Avec 400 000 euros de déficit par jour, le rail coûte cher aux contribuables en Midi-Pyrénées

© midinews (archives)

Interrogé sur les inquiétudes de la Fédération Nationale des Associations des Usagers des Transports (FNAUT) sur les lignes ferroviaires régionales, Martin Malvy, président de la Région Midi-Pyrénées, déclarait tout récemment:

«Il n’y a pas de lignes régionales qui seraient bénéficiaires et de lignes qui seraient déficitaires. C’est une immense contrevérité. Toutes les dessertes ferroviaires régionales – et partout – sont déficitaires. Ce n’est pas d’hier – c’est de toujours et de partout. Mais plus le temps passe plus hélas le déficit se creuse. Cela, c’est exact. La billetterie, ce que payent les usagers, couvre à peine 30 % des dépenses de fonctionnement. Le reste ce sont les subventions des Régions»

En charge de l’organisation des transports collectifs depuis les lois de décentralisation, la région Midi-Pyrénées a hérité en effet d’un réseau en déliquescence avec un matériel roulant souvent âgé qu’il a fallu progressivement remplacer par du matériel moderne et plus adapté aux usages comme le Régiolis.

Aujourd’hui, au fil de Plans Rail successifs, la Région Midi-Pyrénées met en avant des résultats à la hauteur des investissements puisque la rénovation et le renouvellement de l’ensemble du réseau ferroviaire régional est en phase finale. Ce sont ainsi près de 500 km de voies qui ont été remises à neuf pour un montant de 820 millions d’euros (dont la moitié à charge de la région).

Un effort significatif sur lequel le président de la région revient fataliste, dans son dernier communiqué «Les investissements eux, modernisation des réseaux ou renouvellement des autorails sont à fonds perdus et se chiffrent pour les Régions à plusieurs milliards d’euros depuis 2002. Nous ne sommes en charge que des trains régionaux»Par nature toutes les lignes sont structurellement déficitairesDe fait ce sont nombre de dessertes et arrêts nouveaux qui ont favorisé l’usage du rail avec un nombre de voyageurs TER passé de 5 à 12 millions en dix ans.

Concernant le trafic de l’axe Toulouse-Latour de Carol, il a été de 1,893 millions de voyages en 2012, soit une augmentation de 18,9% par rapport à 2011.

«Nous n’avons pas encore les données définitives pour 2013, précisent les services de la Région. Il n’existe pas d’extraction spécifique au département de l’Ariège mais par nature toutes les lignes sont structurellement déficitaires»

Des propos chiffrés plus clairement par le président Martin Malvy dans la réponse apportée à la FNAUT «En Midi-Pyrénées la Région comble un déficit qui s’élève à la somme astronomique de 400 000 euros par jour. Je suis un défenseur du rail et l’ai démontré, argumente encore le responsable de l’exécutif régional, mais nous ne pourrons pas aller plus loin»

Un président qui s’interroge par ailleurs sur «de meilleures conditions de gestion du système ferroviaire et d’une meilleure utilisation des financements considérables apportés par la Région»

Des interrogations que se posent déjà la SNCF et en tous les cas la délégation régionale qui a fait savoir qu’elle souhaitait fermer une dizaine de ses boutiques SNCF sur le territoire régional à l’image du dernier transfert vers la commune de Saint-Girons de la prise en charge du fonctionnement du service dans un nouveau local mis à disposition par la commune. Decazeville, mais également les boutiques SNCF de Riscles, Vic-en Bigorre, Argelest-Gazost, Bagnère de Bigorre et Revel sont ainsi en sursis.

Si le président se veut rassurant «cela ne signifie pas que l’on puisse envisager de renoncer à certaines dessertes» il évoque aussi «le possible transfert de certaines lignes sur la route, selon certaines conditions évoquant le cas où il y a moins d’une dizaine de voyageurs ce qui permettrait de mieux répondre à la demande sur d’autres lignes saturées»

D’autre part, Martin Malvy dit ignorer les intentions du Gouvernement et de la SNCF au sujet des trains dits Inter-cités, qui relèvent de la compétence de l’Etat et dont bon nombre arrivent en fin de vie.

Avec un œil assurément fixé sur le budget régional dans lequel le plan Rail se taille une bonne part, le président de la Région réaffirme par ailleurs «Nous devons penser à l’offre globale de transport, au meilleur service possible pour les usagers, tout en maîtrisant la dépense publique que d’ailleurs nous n’avons pas la capacité de faire progresser»

Sujet épineux s’il en est qui provoque maintes joutes verbales lors des assemblées régionales et tandis que la question de la future LGV Bordeaux-Toulouse pèsera aussi dans les discussions, le sujet n’a pas fini de faire parler de lui. Ni de se faire sentir, même indirectement au niveau du porte-monnaie de chaque contribuable.

Sylvain Sastre | 10/01/2014 - 18:19 | Lu: 21483 fois