Dans la Loire, les éleveurs s'en prennent à l'industriel du lait Savencia

© AFP/Archives - Jean-Sebastien Evrard
Il n'y a pas que pour le porc que les histoires de prix divisent: dans la Loire, des éleveurs s'en sont pris vendredi à l'industriel du lait Savencia (ex-Bongrain) car, selon eux, le groupe ne respecte pas l'augmentation des prix arrachée en juillet.
A la recherche de produits de l'entreprise, une trentaine d'agriculteurs ont investi sans incident le supermarché Casino de La Fouillouse, dans l'agglomération de Saint-Etienne, à l'appel de la FNSEA et des Jeunes agriculteurs du département.
"On est dans la continuité des actions pour la revalorisation du prix du lait. Aujourd'hui, on est venu suivre les mauvais élèves. En ciblant Bongrain qui nous a répondu ne pas être concerné par les engagements pris fin juillet", explique Jean-Luc Perrin, trésorier de la FDSEA Loire.
"Certains commencent à les appliquer, comme [la coopérative] Sodiaal, mais ils risquent de faire marche arrière si les autres, [les groupes privés] Lactalis et Bongrain, numéro un et numéro trois, ne jouent pas le jeu", relève-t-il.
Groupe traditionnellement très discret, Savencia possède un portefeuille de marques connues, comme Caprice des Dieux, Chavroux, Bresse Bleu, Coeur de Lion, Fol Epi, Saint Agur, Saint Moret ou Tartare.
Les éleveurs se sont ensuite rendus dans d'autres supermarchés du département afin de sortir les produits Savencia des rayons et les remettre en chambre froide, pour les déréférencer provisoirement.
Contacté par l'AFP, Savencia a refusé de réagir.Dans un courrier du 29 juillet aux producteurs travaillant avec le groupe, que l'AFP a pu consulter, Savencia expliquait bien qu'"aucun engagement de niveau de prix n'a été pris" lors de la table ronde du 24 juillet. Car, précisait-il, "les fromages ont été écartés des engagements de revalorisation".
Le 24 juillet, les producteurs de lait avaient obtenu une revalorisation des prix du lait de 4 centimes par litre. Mais à peine signé, l'accord était déjà décrié car il concerne uniquement le beurre, la crème, le lait, les yaourts natures et l'emmental vendus sous marques distributeurs ou premier prix en France.
Depuis juin, les éleveurs ont multiplié les actions en France pour tirer la sonnette d'alarme à propos de leur situation qu'ils ne jugent plus tenable. Après avoir érigé des barrages en juillet, ils ciblent désormais des enseignes comme Casino ou des industriels de l'agroalimentaire.
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