CNRS de Moulis: quand la station d'écologie expérimentale veut faire rimer Bio-diversité et innovation avec le monde de l'entreprise
C'est au cœur d'un bassin de vie montagnard d'environ 30 000 habitants en Couserans que la Station d’Ecologie Expérimentale du CNRS a pris un essor notoire et surtout depuis 2007 avec l'arrivée de Jean Clobert qui y a progressivement constitué ces équipes de projets. Il faut dire aussi que les bonnes fées se sont penchées dès le départ sur ce laboratoire expérimental, perdu au milieu des vallées couserannaises.
Depuis 2007, 7 millions d’€ ont été investis sur le site avec l’aide de la Communauté de communes de l’agglomération de Saint-Girons (750 000 €), du département (750 000 €) de la région (1.5 millions €) et Etat, Europe (4 millions €). Aujourd'hui 50 emplois permanents sont comptabilisés sur le site (un chiffre qui double d'avril à septembre) doté d'un budget annuel d'1,5 millions €.
De nombreux projets liés à l'étude de la biodiversité à la recherche expérimentale dans les domaines de l'écologie sont portés par les ingénieurs et autres chercheurs venus du monde entier, conférant au site une attractivité internationale. Le Métatron (voir notre article du 21/12/2009) ou encore le CTMB, le Centre de Théorie et Modélisation de la Biodiversité (voir notre article du 08/06/2012), constituent deux figures de proue de la station.
Les chercheurs ne sont pas dans leur tour d'IvoireSi le simple citoyen ne perçoit pas forcément la portée ou l'impact des travaux de recherche réalisés ici, la station souhaite se poser plus ouvertement comme une passerelle vers le monde des entreprises et promouvoir des applications concrètes à ses recherches.
Aussi, la journée découverte «Eco-innovation & Biodiversité» organisée sur site et honorée de la présence de Jean Tkaczuk, Président de la commission Recherche et Enseignement Supérieur au Conseil Régional Midi-Pyrénées, s'est voulue comme une nouvelle pierre portée à cette volonté de s'ouvrir et collaborer plus avant avec le monde économique.
Une occasion pour l'organisme régional Midi-Pyrénées Innovation, en partenariat avec Ariège Expansion, de faire découvrir à la soixantaine de participants la plateforme de recherche expérimentale de Moulis. Avec un objectif présenter l’excellence scientifique régionale qu'exprime la station et créer des liens en faveur d'un développement économique innovant.
«C'est une inscription des recherches que nous faisons vers les demandes sociétales, d'essayer d'accélérer le transfert de la recherche pure vers une application et en particulier de la biodiversité dans tout ce qui est la conduite des territoires, avance Jean Clobert. C'est un soucis que partage la région mais aussi les chercheurs de pouvoir accélérer ce genre de transfert. Plus qu'une reconnaissance c'est surtout une participation beaucoup plus importante maintenant dans le transfert. Il faut que nous soyons beaucoup plus partie prenante dans les transferts de ces découvertes vers une application mais aussi pour répondre aux grandes questions que la société se pose sur le monde de demain»
Une biodiversité choisie plutôt qu'une biodiversité subiePlateforme de recherche et de formation en écologie évolutive qui étudie entre autres, les mécanismes d’évolution et d’adaptation de plusieurs espèces face aux changements climatiques, c'est bien l'objet de cette journée à Moulis que de faciliter l'émergence d'une biodiversité choisie plutôt que d'une biodiversité subie.
Avec l'espoir ici que ces liens concrets entre recherche et monde professionnel aident à faire germer la graine de l’innovation dans les entreprises et les territoires de l’Ariège (et au-delà sur toute une région) pour permettre un développement plus équilibré des territoires en particulier dans les zones fragiles et/ou en mutation économique.
A la tête de TerrOïko, l'entreprise qu'elle a créée après être passée par la station de Moulis, Catherine de Roincé, docteur en écologie, illustre ces passerelles naissantes. Née d'une collaboration de recherche avec la Station de Moulis son entreprise veut «valoriser des outils et des méthodologies qui sont développées au sein de cette station même. On travaille à transmettre ces méthodes et outils aux professionnels de la gestion de la biodiversité.
La recherche a fait de gros progrès en termes de modélisation, explique-t-elle encore, cela permet à ces professionnels (bureaux d'études, gestionnaires d'espaces naturels, ...) de traiter en prédictif les impacts que vont avoir leurs projets sur la biodiversité. La législation, comme le code de l'environnement, impose de plus en plus de traiter les processus sous-jacents au fonctionnement des populations. On répond à cette demande»
Nombre d'intervenants auront contribué à cette journée qui consacre une volonté nouvelle d'amplifier la collaboration entre chercheurs et professionnels sous le sceau de l'innovation et de la biodiversité.
«Nous avons avec Midi-Pyrénées et Ariège expansion décidé de faire le lien entre le monde de la recherche et le monde de l'entreprise, témoigne Jean Tkaczuk, nous souhaitons développer ce lien et les emplois qui peuvent être créés. Dans ce domaine de la biodiversité qui est encore en plein devenir, nous souhaitons porter notre effort dans le lien et la sensibilisation des entreprises aux opportunités de création de projets nouveaux qui pourront demain développer de nouveaux emplois. Il faut le travailler»
De là à imaginer que demain la Station de Moulis devienne l'un des carrefours du développement en matière de biodiversité et d'innovation, un pas que ne franchit pas le Président de la commission Recherche et Enseignement Supérieur, mais «c'est un objectif que l'on peut se donner, concède-t-il. Il y a un terreau qui existe. Mettre nos entreprises et nos porteurs de projets en relation avec cet écosystème de la recherche consacré à la biodiversité est forcément important»
Les paysages comme les emplois de demain en découleront.
dans la même rubrique
- La Confédération Paysanne dénonce les «coûts exorbitants» de la Chambre d'Agriculture de l'Ariège
- Castillon-en-Couserans: chouette nuit en perspective le 1er avril
- Solidarité chez les apiculteurs: deux cents essaims venus de toute la France réceptionnés samedi à Fabas dans l'Ariège
- Les apiculteurs Ariégeois attendent les essaims de la solidarité
- La Confédération Paysanne de l'Ariège dit non aux services payants de la Chambre d'Agriculture
- Fin des quotas laitiers au 1er avril 2015 mais pas fin des contraintes pour les producteurs ariégeois
- Manifestation devant la Chambre d'Agriculture: «il y a un terreau de ZAD dans le département de l'Ariège»
- Rencontres au sommet au Parc Naturel des Pyrénées Ariégeoises: premiers pas vers un Parc Pyrénéen des Trois Nations?
- Le photovoltaïque agricole en Ariège, oui, mais pas à n'importe quel prix!
- Les médailles ariégeoises du Salon international de l'Agriculture
- Salon de l'Agriculture: ces Ariégeois fidèles au rendez-vous parisien
- Réserve Naturelle Régionale de Montségur: un acte fondateur
- Salon de l'agriculture: Mérens et Castillonnais, les races ariégeoises en représentation à Paris
- Surveillance sanitaire du chevreuil en Ariège
- Salon de l'Agriculture: l'Ariège au rendez-vous de la plus grande ferme de France
- Chasse: une saison 2014/2015 historique pour le sanglier














