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Moulis: la biodiversité à la loupe

© midinews 2012

Originaire de Belgique, Michel Loreau vient de quitter le Canada ou il occupait de hautes fonctions comme chercheur pour mettre sur pied le CTMB, site expérimental peut-être unique au monde au cœur de Moulis, où il espère entraîner avec lui d’autres chercheurs dans les mois à venir.

L’attrait d’un Couserans où il réside donc désormais mais qu’il ne connaissait pas avant de venir, n’explique pas tout.

Avec ce Centre de Théorie et Modélisation de la Biodiversité, il se voit offrir là, la possibilité de concrétiser un doux rêve qui sera demain, si tout va bien, l’instrument d’une meilleure connaissance de l’homme sur les écosystèmes qui l’entourent, diffusé, propagé au monde entier.

«Pour l’instant, c’est juste le début.

L’idée de ce centre est venue d’une convergence de facteurs
, explique t-il.

L’objectif initial est de faire l’équivalent de ce que peut-faire le GIEC (Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat) pour le climat, aujourd’hui reconnu et écouté par tous les politiques de la planète, au niveau de la biodiversité, beaucoup plus complexe encore.

Les scientifiques expriment de gros besoins en ce sens.

L’idée est de mettre en place les différentes pièces du puzzle, de la modélisation aux différents scénarios d’évolutions possibles et de peser sur les décisions
»

In fine, il s’agit de mieux «mesurer l’impact de l’homme sur les systèmes naturels et leur influence sur la biodiversité et en retour d’évaluer comment ces changements vont finir par impacter les sociétés humaines, de manière positive et négative»

Véritable pôle d’attraction, ce centre à Moulis a donc vocation à devenir un nœud d’échanges internationaux grâce aux affinités du réseau de chercheurs que Michel Loreau espère entraîner dans son sillage et bien entendu tous ceux qui voudront s’inscrire dans cette problématique.

Cet été les derniers investissements se réaliseront, les recrutements de post-doctorants sont en cours, une quinzaine de personnes supplémentaires sont attendues sur le site de Moulis, qui devrait être entièrement opérationnel à la sortie de l’été et au plus tard en septembre ou octobre de cette année.

«J’ai pas mal de collègues étrangers qui sont intéressés par venir ici»

À la question, pourquoi un tel centre ici à Moulis, Michel Loreau reconnait que l’attrait du Couserans est déjà un premier point mais aussi, que l’environnement général «y est plus favorable qu’en milieu urbain où sont traditionnellement localisés les grands centres de recherche et les sources de financement mais également toutes les sources de perturbations impropres à la recherche, surtout théoriques.

Par ailleurs, à la limite de la montagne et de zones écologiques différentes c’est une des régions les plus riches de France en matière de biodiversité
»

Alors Moulis, pour concurrencer les grands centres de recherche français situés en Guyane ou en Nouvelle-Calédonie?

Au moins le point de départ pour mieux définir l’interaction entre l’homme et son milieu qui reste un «point clé» pour retrouver le lien entre l’homme et la nature et le travailler, sur la base de modélisation, pour agir de façon consciente.

Selon le chercheur «c’est une condition pour résoudre le problème écologique qui se pose à nous»

Combattre la vision pessimiste de tous ceux, nombre de chercheurs en tête, qui prétendent que «l’homme est un parasite ou bien que nous allons tous vers une catastrophe écologique majeure», en apportant des solutions, est l’un des enjeux de ce centre qui devrait faire de Moulis l’un des principaux carrefours mondiaux sur la compréhension de la biodiversité.

Py.M | 08/06/2012 - 19:39 | Lu: 27764 fois