Pascal Mailhos, préfet de Région à la rencontre des agriculteurs Ariégeois
Son influence est majeure sur les politiques du massif et en tant que préfet coordonnateur du bassin Adour-Garonne, Pascal Mailhos, le préfet de la région Midi-Pyrénées était attendu comme le loup blanc par les agriculteurs ariégeois, notamment, et on s’en doute pour évoquer l’élargissement des zones classées vulnérables et les nouvelles contraintes imposées à la profession par le programme de la directive nitrate.
C’est accompagné par Nathalie Marthien préfet de l’Ariège, François Toulis, président de la Chambre d’agriculture et Alain Fauré député de l’Ariège que le préfet de région a visité l’exploitation (essentiellement des prairies et un élevage bovin Bio) de Dominique Déom à Roquefort les Cascades située dans le périmètre de la nouvelle zone vulnérable avant de se rendre chez Jean-François Naudi, une exploitation située en zone vulnérable, fortement orientée vers des productions agroécologiques.
Chez lui les engins qui tassent le sol sont réduits au minimum ainsi que les intrants préférant les semis de couvertures hivernales, l’utilisation de l’activité microbienne, l’action des vers de terre et l’utilisation de fiente de volailles bio pour amender les sols aux cultures traditionnelles ou à l’emploi des phytosanitaires.
Des orientations vertueuses quoi font de sa ferme une référence éco-phyto même si au final les rendements sont un peu moins bons que ses confrères restés en labour traditionnel ou aux traitements classiques.
Dominique Déom et Jean-François Naudi sont impactés par la directive nitrate et les zones vulnérables. Ils ont marqué leur mécontentement lors des actions organisées par le monde agricole ces derniers temps.
Ils ont profité de cette visite préfectorale pour évoquer les difficultés d’appliquer ces nouvelles mesures «incohérentes» à leurs yeux et ce classement injustifié selon eux, fondé sur «une décision technocratique qui n’a rien à voir avec la réalité du terrain».
Une mission confiée au préfet de l’Ariège pour faire valoir les points de vue des agriculteurs
«Ce que j’ai vu m’a beaucoup intéressé» a indiqué Pascal Mailhos après sa visite «le gouvernement a demandé au préfet coordonnateur du bassin Adour-Garonne de discuter avec le monde agricole pour que des critères soient dégagés et que l’on essaie de trouver une solution sur les mesures à mettre en œuvre, y compris en dehors du monde agricole.
Une mission a été confiée au préfet de l’Ariège comme il a été demandé au préfet de l’Aveyron pour permettre à votre département de faire valoir ses points de vue et de pointer un certain nombre de difficultés dans la mise en œuvre de cette réforme».
Comment en est-on arrivé là?
«Nous sommes face un contentieux européen sur l’ensemble du programme, poursuit Pascal Mailhos.
L’Europe a pointé du doigt la France qui n’aurait pas tenu ses engagements sur le dossier nitrate. Pour éviter des condamnations financières importantes, le gouvernement a pris l’initiative de faire de nouvelles propositions (élargissement du zonage, des contraintes) pour montrer qu’en s’engageant dans des mesures plus ambitieuses, la France justifierait une levée de ces amendes par la commission européenne.
En définitive les critères avancés ne sont pas justifiables. Aujourd’hui pour éclairer le gouvernement nous essayons d’associer les agriculteurs, mais également les usagers ou collectivités afin de travailler ensemble sur la problématique des zones vulnérables».
L’objectif n’est pas de nier une réalité avérée ou de stigmatiser un secteur de la population, mais faire en sorte que les partenaires soient identifiés de la manière la plus large possible et mesurer à partir d’indicateurs simples les pratiques mises en œuvre pour lutter contre la pollution aux nitrates.
«Nous misons sur la concertation et sur la discussion pour que les mesures soient supportables au quotidien».
François Toulis ne cache pas que cette nouvelle cartographie des zones vulnérables l’a terriblement choqué: «on n’est pas en Bretagne, de plus ici en Ariège on s’emploie depuis des années à faire baisser les taux de nitrate… Vous l’avez bien vu sur les exploitations visitées (paradoxalement classées en zone vulnérable).
Cette mesure est incohérente. Le gouvernement revient en arrière et réfléchit, mais le monde agricole est remonté, surtout sur le bassin Adour-Garonne.
Des actions syndicales sont encore prévues (notamment une manifestation à Toulouse), les agriculteurs iront jusqu’au bout. Par contre nous pouvons également être force de proposition et capable d’agir pour améliorer les choses en la matière.
Cependant c’est un problème qui va au-delà de l’agriculture, il faut que tous se mettent autour de la table pour en parler» Pour François Toulis c’est le bon sens paysan qui doit s’imposer aux décisions de Bruxelles ou de Paris.
La chambre d’agriculture de l’Ariège est prête à continuer à accompagner les agriculteurs «un contrat de confiance doit s’établir» et le préfet de région s’est engagé à accompagner les dossiers ariégeois convaincu des atouts de ce département.
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