Agriculture de conservation: les sols vivants, il faut savoir les écouter
Ce jeudi, la Chambre d’Agriculture de l’Ariège organisait une journée technique sur le thématique de l’amélioration des sols avec la présence de Frédéric Thomas, agriculteur fondateur et rédacteur en chef de la revue TCS, consultant et formateur.
Reconnu pour être un des meilleurs experts internationaux en agriculture de conservation, depuis plus de quinze ans il met au point et pratique sur sa ferme cette agriculture sur sol vivant: une technique productive, économe et réellement durable qui a réussi à convertir à cette philosophie de la terre de nombreux techniciens et agriculteurs dans toutes les régions de l’hexagone.
Près de 150 personnes* ont participé à cette journée au cours de laquelle Frédéric Thomas a évoqué l’amélioration de la vie du sol via la réduction voire la suppression du travail du sol, la mise en place de couverts intermédiaires performants et l’adaptation des rotations.
Une synthèse sur la recherche de systèmes innovants économes en intrants, l’augmentation de la matière organique.
L’après-midi c’est sur une parcelle agricole chez Jean-François Naudi, agriculteur à Arvigna et producteur de semences de maïs que le groupe a pu bénéficier des explications expertes de Frédéric Thomas notamment en matière d’observation d’un profil de sol.
Depuis plus de 20 ans les nitrates sont sujets à débat, polémiques, mises aux normes et réglementations.
Face aux problématiques environnementales, il est nécessaire de changer de braqué: «nous sommes aujourd’hui à la recherche de systèmes de culture qui restent performants où l’on fait des économies d’intrants tout en se préoccupant d’améliorer le sol» explique Jérôme Pédoussat, organisateur de cette journée technique.
Selon lui l’agriculteur doit être l’acteur de sa recherche et de son développement et les techniciens sont là pour les conseiller.
«Frédéric Thomas a ouvert la voie en la matière.
Il prêche pour le moins de travail possible du sol, l’utilisation de couverts intermédiaires qui vont eux travailler le sol par les racines pour capter l’azote atmosphérique, améliorer la fertilité, le fonctionnement des bactéries, des champignons…»
Et rien de mieux qu’une démonstration par l’exemple, c’est avec une pelle à l’intérieur d’une tranchée que l’expert commente le profil de la parcelle répondant aux questions de son auditoire.
Cette terre est en couvert intermédiaire depuis un an: phalacie, vesce, avoine d’hiver, sarrasin, fèverole, etc...
Dans quelques temps l’agriculteur passera la herse et pourra semer au mois de mai son maïs semence.
«J’ai fait des études de biochimie, explique Jean-François Naudi, quand j’ai repris l’exploitation familiale je me suis demandé comment les racines pouvaient passer cette semelle de labour et j’ai pris alors conscience qu’il fallait changer les choses, réintroduire le non-labour, les couverts végétaux pour amener l’azote dans les sols, les rotations pour éviter de les fatiguer»
Aujourd’hui le résultat est probant mais l’agriculteur avoue que les cinq premières années ont été difficiles: «il est important d’être conseillé pour éviter ces erreurs et c’est pour cette raison que je participe à cette journée technique.
C’est un changement pour le sol mais également pour l’agriculteur dans ses pratiques.
Je ne le regrette pas j’ai divisé par deux ma consommation de gas-oil et de phyto pour des résultats (productivité) identique»
*des techniciens, des conseillers de coopératives, des agriculteurs venus de tout le département de l’Ariège mais également des départements voisins et les élèves de l’Ecole d’Ingénieurs de Purpan (de futurs ingénieurs en agriculture) venus avec Lionel Aletto leur enseignant. Celui-ci travaille régulièrement en relation avec la Chambre d’Agriculture d el ‘Ariège sur les problématiques de transfert de phyto dans la nappe phréatique.
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